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«Trop de gens s’improvisent gentlemen farmer»

Claude Thibodeau par Claude Thibodeau
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Article mis en ligne le 11 juin 2008 à 15:48
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«Trop de gens s’improvisent gentlemen farmer»
Dominique Roux, directrice de la SPAA
«Trop de gens s’improvisent gentlemen farmer»
Le nouveau cas d’animaux maltraités, mis au jour le 7 juin dans le Rang 2 à Sainte-Anne-du-Sault, vient raffermir la conviction de la directrice de la Société protectrice des animaux d’Arthabaska (SPAA), Dominique Roux. «Trop de gens s’improvisent «gentlemen farmer» sans avoir l’expérience et le bon jugement nécessaires», a-t-elle confié, en entrevue, dans son bureau de la rue de l’Acadie à Victoriaville.
La directrice de la SPAA déplore, de nouveau, la situation qu’elle a constatée sur les lieux. «J’étais fâchée de voir des animaux dans une telle condition. C’est une bêtise humaine totale», a-t-elle commenté.

Vingt-six animaux ont été découverts sur les lieux, 15 bêtes vivantes, mais en mauvaises conditions et 11 animaux morts, dont 5 chèvres, 2 veaux et 1 poule, en plus des 3 squelettes retrouvés.

Malgré cela, selon Dominique Roux, la personne responsable semblait nier l’existence d’un problème. «On s’est même offusqué de notre présence», a-t-elle dit.

La directrice de la SPAA se réjouit de la dénonciation qui a mené à l’intervention. «Il ne faut pas hésiter à dénoncer, à porter plainte. Nous sommes là pour nous en occuper, a précisé Mme Roux. De plus en plus de gens le font, mais d’autres encore craignent les représailles et ferment les yeux, comme le font certaines municipalités.»

Depuis son implantation, il y a un an et demi, la SPAA est intervenue dans trois cas majeurs, à commencer par le «Godzoo» à Saint-Rémi-de-Tingwick et les deux cas de Sainte-Anne-du-Sault, le premier étant survenu à la mi-avril. «Il y en avait avant, mais on n’en entendait pas parler. Des citoyens pouvaient se rendre compte de quelque chose, mais se taisaient sachant qu’il n’y aurait probablement pas de suite. Maintenant la population sait que, si on nous appelle, on prend les choses en main et on intervient», a mentionné Dominique Roux.

«Des cas de mauvais traitements, il y en a plus qu’on pense. Nous enquêtons d’ailleurs sur plusieurs dossiers», a-t-elle ajouté, faisant référence à des chenils, des usines à chiots et à des animaux de laboratoire.

Lors de ses interventions, la SPAA se fait accompagner par la Sûreté du Québec. «Nous avons besoin de policiers comme témoins, mais aussi en raison des menaces parfois proférées», a expliqué la directrice.

Et puis, a-t-elle poursuivi, les endroits où on trouve des animaux maltraités cachent parfois autre chose, comme des abus envers les aînés ou les enfants, et la culture de cannabis.

L’action de la SPAA ne se limite pas aux «gros cas». L’organisme intervient régulièrement dans des dossiers où des personnes battent leur animal. «De tels cas, dénoncés par des citoyens, on en recense environ un par deux ou trois semaines», a révélé Mme Roux.

La SPAA, qui compte trois employés permanents et autant à temps partiel, a le pouvoir d’émettre des constats d’infraction, ce qu’elle a commencé à faire récemment. «Longtemps, nous avons donné des avertissements, mais depuis un mois, les récalcitrants reçoivent un constat d’infraction. Avant d’en arriver là, le fautif a fait l’objet d’avis, à quelques reprises», a signalé Dominique Roux.

L’errance, les excréments et le bruit constituent les principales infractions relevées par la SPAA.

Il reste encore un bon bout de chemin à faire en matière de sensibilisation et d’éducation. «Il faut se prendre en main, se tenir debout et dénoncer. Que les gens se réveillent s’ils observent certaines choses. Nous sommes là pour intervenir», a lancé la directrice Roux.

La SPAA souhaite aussi une étroite collaboration avec les municipalités. D’ailleurs, une rencontre, jeudi, avec certains dirigeants doit porter notamment sur un plan d’action. «Je n’ai que des éloges pour Victoriaville qui nous aide beaucoup. Ses règlements nous fournissent des outils pour agir. Les autres devraient aussi emboîter le pas», a-t-elle soutenu.

La SPAA possède également des ententes de services avec Saint-Norbert-d’Arthabaska, Norbertville, Saint-Rémi-de-Tingwick , Saint-Samuel et Sainte-Sophie-d’Halifax.

On peut joindre la SPAA durant les heures d’ouverture au 819 758-4444 ou, en dehors des heures, en composant le 819 752-5535. «En tout temps, un patrouilleur assure la garde pour intervenir en cas de besoin», a précisé Dominique Roux.

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