Davz (à gauche) en compagnie de Lukas Zpiras.
Un des pères de la modification corporelle de passage à Victoriaville
Lukas Zpira, un des pères de la modification corporelle était de passage à Victoriaville la semaine dernière. C'est à l'invitation de Davz, un tatoueur désormais installé ici, qu'il est venu dans son studio et pratiqué quelques modifications corporelles sur des gens du coin.
Il s'agit d'un art très particulier que le Français d'origine a su développer au fil des ans. Ayant débuté comme perceur, il s'est ensuite tourné vers la scarification (création de cicatrices sur la peau) puis vers la pose d'implants sous-cutanés ou transdermiques.
Aujourd'hui, sa renommée dans le domaine n'est plus à faire et il parcourt le monde autant pour enseigner son art que pour le pratiquer. «Au début, en scarification, je faisais des motifs assez simples. Il s'agit, ni plus ni moins, que de travailler la peau en surface», explique-t-il.
Ainsi, selon la profondeur des entailles, la cicatrice sera plus ou moins gonflée, donc plus ou moins visible.
Pour ce qui est des implants, différentes formes et motifs peuvent être insérés sous la peau pour créer des formes particulières. Tubes, boules ou étoiles peuvent servir à modifier l'apparence.
«Les modifications permettent de créer autre chose, de sortir de la convention. Aujourd'hui, la chirurgie est super acceptée, qu'il s'agit de chirurgie plastique ou autre. Ça crée des hybridations», explique Lukas.
Les implants, comme le tatouage, permet tout simplement de modifier l'image, mais en trois dimensions.
Davz lui-même a profité de la présence de Lukas pour se faire implanter quelques billes de teflon dans l'avant-bras, avec un résultat assez impressionnant.
De ces modifications corporelles, Lukas a fait un art de vivre. Il porte lui-même de nombreux perçages de même que des implants transdermiques, sur la tête notamment.
«Je voudrais conceptualiser mon travail. L'humain va évoluer et finir par être hybridé. Ma démarche est d'annoncer les possibilités qui arriveront. Et ce qui m'embête le plus dans tout cela c'est qu'une norme va se créer, ce qui va faire en sorte qu'on n'aura pas le choix», insiste-t-il.
Lorsqu'il a débuté le perçage, cela se voulait une démarche personnelle. Mais les questions d'identité, de devenir ont rapidement pris une place importante dans son travail et aujourd'hui, il échange avec des anthropologues sur l'avenir de son travail et vers où l'humain s'en va.
«La science-fiction est sur le point de nous rattraper», annonce-t-il.