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Les coopératives, un «secret bien gardé»

Celles du Centre-du-Québec ont un des taux de survie les plus élevés

Hélène Ruel par Hélène Ruel
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Article mis en ligne le 30 mai 2008 à 6:55
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Les coopératives, un «secret bien gardé»
La plus récente étude publiée par le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation
Les coopératives, un «secret bien gardé»
Celles du Centre-du-Québec ont un des taux de survie les plus élevés
Des régions comme le Nord-du-Québec, la Mauricie et le Centre-du-Québec sont celles où le taux de survie des coopératives après dix ans est le plus élevé au Québec. «Vous avez la palme! Dans vos régions, les gens se prennent en main, se connaissent, font preuve de solidarité économique et le tissu social est serré», a déclaré Michel Clément, un des auteurs de cette étude sur le Taux de survie des coopératives au Québec.
L'analyste du ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation (MDEIE) a présenté les résultats tout chauds de cette étude aux participants du 9e Rendez-vous annuel du service de mentorat d'affaires tenu à Victoriaville.

De façon générale, le taux de survie des coopératives dépasse largement celui des autres entreprises du Québec, a expliqué M. Clément.

Trois coopératives dépassent le cap des trois ans, alors qu'une entreprise sur deux ne survit pas à sa troisième année. Six coopératives sur 10 dépassent les cinq ans d'existence, alors qu'un peu moins de quatre entreprises sur 10 y sont parvenues. Et ce sont deux fois plus de coopératives (quatre sur 10) qui ont réussi à souffler leurs dix chandelles d'anniversaire, comparativement à 20% seulement des autres entreprises.

Depuis 1985, a poursuivi l'analyste du MDEIE, le rythme de création des nouvelles coops a pratiquement doublé. Il en naît 160 par année, dans des secteurs très diversifiés. Entre la dernière étude menée en 1999 et celle toute récente, les taux ont légèrement baissé ou remonté selon le type de coopératives : léger fléchissement pour les coopératives de consommateurs et coopératives de travailleurs actionnaires, remontée pour les coopératives de producteurs et les coopératives de travail, par exemple.

Excluant les caisses Desjardins et les mutuelles d'assurances, le Québec abrite 2 589 coopératives générant, avec leurs 43 272 employés, un chiffre d'affaires de 9 milliards $.

La formule coopérative s'est diversifiée au fil du temps. «Dans certains milieux, c'est la coopérative qui permettra de conserver les services de proximité, comme le restaurant, la quincaillerie, le poste à essence», a observé le chargé de recherche. Il a ajouté que de plus en plus de coopératives se créaient pour offrir des services aux aînés. La nouvelle agriculture, la relève entrepreneuriale, le développement durable et les loisirs et la culture constituent également des secteurs coopératifs en émergence.

L'«ancrage» des coopératives paraît plus solide dans les régions centrales, comme ici, en Mauricie et au Centre-du-Québec où les taux de survie après dix ans sont, respectivement, de 58,3% et de 56,1%, comparativement à 40% à Laval et 33,3% à Montréal.

Contrairement aux entreprises, la taille d'une coop n'aurait pas d'incidence sur son taux de survie.

Michel Clément a identifié de grands facteurs pouvant expliquer la longévité des coopératives. Le fait qu'elles se concentrent sur les services aux membres plutôt que sur le rendement, le rôle du membre à la fois investisseur et client, l'encadrement juridique, l'ancrage dans leur milieu participeraient à assurer leur pérennité.

Il a ajouté que les coopératives évoluaient dans des secteurs économiques collés aux besoins des gens, qu'elles pouvaient miser sur des réseaux régionaux et qu'elles pouvaient compter sur le soutien d'organismes pour encadrer les projets en démarrage.

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