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Le taux de survie des nouvelles entreprises s’est détérioré

Du boulot, entre autres, pour le réseau des mentors

Hélène Ruel par Hélène Ruel
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Article mis en ligne le 29 mai 2008 à 14:44
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Le taux de survie des nouvelles entreprises s’est détérioré
Le chef mentor Raymond Nappert, la coordonnatrice de la cellule de la MRC d'Arthabaska, Sandrine Leclerc, la directrice générale du service de mentorat d'affaires, Nicole Laverrière et Mario Girard, pdg de la Fondation de l'entrepreneurship.
Le taux de survie des nouvelles entreprises s’est détérioré
Du boulot, entre autres, pour le réseau des mentors
Si le taux de survie des nouvelles micro-entreprises est resté à peu près le même qu’en 2001, celui des nouvelles entreprises de cinq employés s’est détérioré au Québec, beaucoup plus que dans l’ensemble du Canada. Des entreprises de cinq employés et plus créées entre 1992 et 2000 au Québec, 40% d’entre elles n’ont pas survécu à leur troisième année d’activités, comparativement à 30% au Canada.
Ces données émanent des plus récentes recherches menées au ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (MDEIE), les analystes Sylvain Mélançon et Michel Clément (lequel signe une autre étude sur le taux de survie des coopératives).

Sylvain Mélançon a suivi la piste des 287 032 entreprises (92% sont des micro-entreprises) nées entre 1992 et 2000 pour comparer leur taux de survie à celui observé lors de la dernière recherche sur le sujet, publiée en 2001.

Du côté des micro-entreprises, les taux n’ont pas vraiment changé entre 2001 et aujourd’hui, mais leur survie est, en général, toujours plus fragile que celle des entreprises de 5 employés et plus ; après trois ans d’existence, seules 47,1% survivent, comparativement à 60,2% pour les autres entreprises.

C’est bien davantage l’abandon volontaire plutôt que la faillite, qui entraîne la disparition des jeunes compagnies, a souligné M. Mélançon. Des quelque 30 000 entreprises créées annuellement au Québec, 10% ferment leurs portes à la suite d’une faillite.

L’analyste a ajouté que selon certains économistes, les jeunes entreprises prennent plus de temps qu’auparavant à atteindre leur seuil de rentabilité, C’était entre 3 et 6 mois avant, aujourd’hui il leur faut tenir jusqu’à 13 mois. «Peut-être que les jeunes entrepreneurs se découragent trop vite», a ajouté M. Mélançon.

Les résultats de l’étude menée par le MDEIE ont été livrés – presque en primeur - aux quelque 220 participants du 9e Rendez-vous annuel du Service de mentorat d’affaires de la Fondation de l’entrepreneurship tenu, pour la première fois, au Centre des congrès de Victoriaville au cours des derniers jours.
Doubler le nombre de mentors
Les données alarmantes sur les taux de passage et de survie des nouvelles entreprises devraient toutefois fouetter l’ardeur des mentors et fournir de l’eau au moulin des ambitions du président-directeur général de la Fondation de l’entrepreneurship, Mario Girard.
Ce dernier a en effet profité de la réunion annuelle pour espérer que d’ici deux ans, le nombre de mentors passe des 1 200 actuels à plus de 2 000 au Québec.

M. Girard a mentionné que des 3 000 entreprises québécoises soutenues par le mentorat, le taux de survie après cinq ans était passé à 73%. Si le réseau prenait l’expansion souhaitée, «on pourrait sauver entre 50 et 75 000 emplois d’ici cinq ans!», a déclaré Mario Girard.

Le mentorat constituerait une de ces solutions pour «soutenir davantage les entreprises de cinq employés et plus», comme le recommande l’équipe de fonctionnaires ayant réalisé l’étude sur le Taux de survie des nouvelles entreprises au Québec.

Ce soutien accru devrait viser particulièrement les entreprises de cinq employés et plus pour les aider à passer le cap de leur première année, une phase critique.

Les analystes du ministère estiment que si les entreprises québécoises de cinq employés et plus affichaient le même taux de passage que leurs homologues canadiennes, le Québec compterait 2 500 entreprises (dont 1 000 de 20 employés et plus) supplémentaires après 10 ans

L’aide accrue devrait provenir du ministère lui-même, des Centres locaux de développement et de la Fondation de l’entrepreneurship.
De la promotion à faire
Cette dernière devra faire du «lobbying», comme dit la directrice générale du service de mentorat d’affaires, Nicole Laverrière.
En entrevue avec La Nouvelle Union, Mme Laverrière a indiqué que le «mentorat» était encore mal connu. «Même que dans certaines régions, il est mal vu. Les gens pensent que si un entrepreneur fait appel à un mentor, c’est que son entreprise est forcément dans le trouble. Bien des entrepreneurs croient aussi qu’ils sont «capables tout seuls» de s’en sortir.»

Or, le mentor est le «miroir» de l’entrepreneur, a dit la directrice générale. «Les entrepreneurs qui font appel à un mentor veulent apprendre à réfléchir, à avoir un plan B.»

Mme Laverrière a ajouté que la Fondation de l’entrepreneurship aura à faire plus de promotion pour développer ses services de mentorat.

Le Service de mentorat d’affaires existe depuis neuf ans au Québec. Il a démarré avec 20 personnes d’affaires d’expérience désireuses d’accompagner les pas de jeunes entrepreneurs. Dans les Bois-Francs, la cellule de mentorat se compose de huit hommes et femmes. «Idéalement, il nous faudrait atteindre 12 mentors», a précisé la coordonnatrice Sandrine Leclerc.

Le thème de la rencontre annuelle Recycler l’expérience au mentorat d’affaires faisait écho à la réputation de Victoriaville en matière de développement durable. Les participants ont d’ailleurs été invités à visiter le CFER Normand-Maurice et le Centre de tri.

Ils ont également pu s’entretenir avec les gens d’entreprises ayant profité de l’expérience des mentors d’ici, la Jambonnière de Saint-Rémi de Tingwick, Paval de Victoriaville, Jardin de Provence de Kingsey Falls et l’entreprise d’insertion sociale PRISE.

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