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Les interventions risquées en espace clos requièrent une bonne formation

Claude Thibodeau par Claude Thibodeau
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Article mis en ligne le 29 mai 2008 à 13:18
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Les interventions risquées en espace clos requièrent une bonne formation
La préparation finale à l’exercice
Les interventions risquées en espace clos requièrent une bonne formation
«L’ignorance et une mauvaise planification sont à l’origine des drames survenant en espace clos», souligne Stéphan Jodoin, directeur du Service de sécurité incendie de Kingsey Falls, doté dans la région de la seule équipe de sauvetage formée pour intervenir dans de telles situations.
Cinq des 17 pompiers que compte la brigade incendie de Kingsey Falls composent l’équipe de sauvetage mise en place en 2003, grâce à l’implication financière de Cascades.

Un investissement initial de 60 000 $ a contribué à la création du service. «Un budget annuel de 15 000 $ permet de l’exploiter. Ce n’est pas dispendieux pour profiter d’un tel service», a exprimé le chef Jodoin, mercredi soir, à l’occasion de l’entraînement mensuel.

Pour l’occasion, le directeur avait convié les paramédics d’Urgence Bois-Francs. «L’objectif, c’est de les sensibiliser au travail de sauvetage en espace clos et d’échanger sur les techniques de soins préhospitaliers dans ce genre de situation», a confié Stéphan Jodoin.

L’idée d’inviter les techniciens ambulanciers paramédicaux lui est venue à la suite d’une intervention survenue, cette année, à Kingsey Falls pour secourir dans un puits de traitement des eaux un employé municipal. «Les paramédics ne savaient pas trop comment intervenir face au danger potentiel. En espace clos, nous devons avoir une bonne connaissance des dangers», a insisté le directeur Jodoin.

Ce dernier avait également invité le représentant du www.lanouvelle.net pour sensibiliser et informer sa population. «Je souhaite que la population sache qu’elle peut compter sur un service actif, bien vivant, qui évolue tout en travaillant à améliorer son efficacité», a-t-il fait savoir.

Après avoir présenté le service de sauvetage et son historique, Stéphan Jodoin a informé son auditoire, formé de paramédics, mais surtout de pompiers, de la définition d’un espace clos et de ses dangers.

«Les espaces clos se font très nombreux. À Kingsey Falls seulement, on en compte pas moins de 500. Il peut s’agir de puits, de silos, de fosses, de puisards, de citernes et du réseau d’égout et d’aqueduc, entre autres», a-t-il expliqué.

Quant aux dangers de ces espaces restreints, il en existe deux principaux : le manque d’oxygène et les contaminants. «Ces deux éléments constituent les principales causes de décès», a fait remarquer Stéphan Jodoin qui rappelle, dans son exposé, les tragédies du passé survenues à Lefebvre, à Saint-Jean-Baptiste-de-Rouville et à Knowlton et qui ont fait respectivement un et trois morts.

En cas d’urgence, avant l’arrivée de l’équipe de sauvetage, le directeur Jodoin a identifié certaines actions à poser : établir un périmètre de sécurité, empêcher l’intervention de sauveteurs improvisés et amener de l’air à la victime. «La solution consiste à assurer une ventilation, à procurer de l’air le plus rapidement possible», a-t-il noté.

Si un drame survient, Stéphan Jodoin invite les témoins présents à préparer le terrain pour l’arrivée des véhicules d’urgence et à faire en sorte qu’une personne compétente puisse bien informer les secouristes de la situation.

En six ans, l’équipe de sauvetage de Kingsey Falls est intervenue à trois occasions, une intervention en 2006 et deux autres depuis le début de l’année 2008.

La formation et l’entraînement de l’équipe portent fruit. «À Chesterville, sur les lieux de l’effondrement d’une ferme, l’intervention délicate a duré neuf heures, mais nous avons réussi à sauver les 408 veaux et personne n’a été blessé», se réjouit le chef Jodoin.

Le Service de sécurité incendie de Kingsey Falls couvre aussi la municipalité de Sainte-Séraphine et dispose d’ententes pour intervenir en entraide avec Warwick, Tingwick, Saint-Félix-de-Kingsey et Danville. «Mais même si aucune entente n’existe avec d’autres municipalités, si on nous appelle, on sort. On ne peut pas laisser personne en danger. C’est notre devoir d’aider notre prochain», a souligné Stéphan Jodoin.

À la suite de ses explications théoriques, mercredi soir, une démonstration a permis aux sauveteurs de s’exécuter. Pour l’occasion, le paramédic Steve Gagné a joué à la victime, un homme subissant une perte de conscience dans un conduit sous terrain.

En plus des espaces clos, l’équipe de sauvetage peut aussi intervenir en hauteur. D’ailleurs, l’équipe de Kingsey Falls a la responsabilité d’évacuer, en cas de besoin, les personnes handicapées des télésièges de la Station du Mont-Gleason.

En septembre justement, une simulation d’évacuation est prévue avec le personnel de la station.
Premiers répondants : une révélation!
Depuis 2005, le Service de sécurité incendie de Kingsey Falls propose le service de premiers répondants. «C’est une révélation, a constaté Stéphan Jodoin. On ne pensait pas que la population apprécierait autant le service. On reçoit des lettres de remerciement. C’est motivant!»
Huits pompiers et trois conjointes ont été formés et assurent le service à tour de rôle. «En tout temps, trois personnes assument la garde. Quand un appel survient, deux personnes, avec une trousse, se rendent sur les lieux avec leur véhicule personnel tandis que la troisième s’amène avec l’Unité d’urgence. Le camion dispose de certains équipements, dont un défibrillateur», a précisé le directeur.

Une présence rapide de personnes compétentes, formées, auprès d’une victime, contribue à la rassurer, à la calmer, a-t-il ajouté.

Le service de premiers répondants correspond à la majorité des appels reçus. «Au Service de sécurité incendie, on reçoit annuellement entre 90 et 100 appels d’intervention, dont près de 70 pour les premiers répondants», a mentionné le directeur.

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