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La Nouvelle / L'Union
Prévention à l’école
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«Écrans éteints, ça fait du bien!»

Article mis en ligne le 25 mai 2008 à 16:45
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«Écrans éteints, ça fait du bien!»
Jacques Brodeur (photo : www.radio-canada.ca)
«Écrans éteints, ça fait du bien!»
C'est l'un des deux slogans conçus par des enfants de Strasbourg qui relèvent le Défi de passer 10 jours sans écrans, une première européenne!
Du 20 au 29 mai, les 259 élèves de l’école du Ziegelwasser, dans le quartier du Neuhof à Strasbourg, tentent de ne plus regarder la télévision, de ne pas utiliser l’ordinateur et de ne pas jouer sur leur console de jeux pendant 10 jours.

Les enfants se préparent, depuis plus d’un mois, avec le soutien de leurs enseignants et de leurs parents, à gagner ce véritable «match» contre ces trois appareils qui envahissent leur vie - et nos vies - et qui représentent un pouvoir d’attraction et de séduction énorme au détriment d’autres activités.

Dès le mois d’avril, les enfants ont commencé à imaginer ce qu’ils pourraient faire, en dehors du temps scolaire, pendant ces 10 jours. Ces «plannings personnels» constitueront une véritable feuille de route pour les enfants et parfois même pour toute la famille.

En effet, les enfants ne seront pas seuls pour relever ce Défi. Les parents, consultés avant le lancement de ce projet, se sont montrés «emballés» par l’initiative dès la première réunion d’information à l’école et seront mobilisés durant toute la période du Défi.

Les principaux acteurs du quartier - associations, centres socio-culturels, BMS... - ont également adhéré au projet. Ils apporteront leur appui en animant des activités, souvent avec l’aide des parents : tournois sportifs, ballades à vélo, concours de pétanque, mini-marché aux puces, lectures collectives seront, entre autres, proposés aux enfants pendant ces 10 jours.

Pour encourager les enfants et faire connaître leur initiative, des affiches sillonneront la ville, dans les autobus de la CTS, pendant toute la durée du Défi.

Faites à partir des dessins des enfants, ces affiches donneront le ton en arborant les slogans trouvés collectivement pour l’occasion : «écrans éteints, ça fait du bien!» et «pas d’écran, un jeu d’enfants!».

Le Défi que vont relever les enfants est une première en Europe! Il est le fruit de près d’un an de travail mené par deux associations strasbourgeoises, ECO-Conseil et la Chambre de Consommation d’Alsace. Proposé à l’école du Ziegelwasser en juillet 2007, le Défi a débuté par un travail de réflexion avec les enseignants, puis une mobilisation des acteurs du quartier.

L’accord de plus de 60% des familles a permis de démarrer les préparatifs avec les enfants, réalisés à la fois par les enseignants et des animateurs externes. Le Défi a été dévoilé et proposé aux enfants le 3 avril et ces derniers ont collectivement accepté de le relever.

Cette action s’inscrit dans un projet plus vaste intitulé «Défi, 10 jours pour voir autrement». Ce projet, soutenu par l’Inspection Académique, edt financé par la Préfecture de région, la Direction régionale de l’environnement, le Conseil général du Bas-Rhin et la Communauté Urbaine de Strasbourg.

Source: www.club-presse-strasbourg.com

Le lundi 19 mai, L'Express titrait : Écrans noirs pour 250 élèves pendant 10 jours.



Depuis lundi matin dans la banlieue de Strasbourg, 250 écoliers vont passer 10 jours sans écran, pour apprendre à apprivoiser télévision, ordinateur et console de jeu. L'objectif : les rendre moins passifs et inciter leurs parents à les accompagner dans leurs loisirs. Les élèves de l'École du Ziegelwasser se priveront volontairement de tout écran, qu'il soit de télévision, d'ordinateur ou de console de jeu.

Cette opération s'intitule «Défi, 10 jours pour voir autrement», mais n'est pas seulement un arrêt des écrans. La finalité est aussi d'apprendre aux enfants à apprivoiser les écrans et à maîtriser leur comportement face à eux, afin qu'ils ne soient plus «passifs» et «fascinés» par ces boîtes à images. Durant une phase préparatoire de plusieurs mois, ils ont donc été initiés au décryptage d'images, à l'analyse de publicités et à la création de vidéos.

Mais pour se familiariser avec les codes de l’image, les enfants doivent être accompagnés, pour qu'ils puissent s’exprimer, poser des questions sur ce qu'ils visionnent. Parents et associations de quartiers sont donc eux aussi mobilisés durant l'opération.

Ils proposeront des occupations alternatives aux enfants. Sachant que les enfants passent en moyenne 1 200 heures par an devant leurs écrans, et qu'un enfant de 11 ans a vu quelque 8000 meurtres à la télévision, cet arrêt des images pourrait réduire l'influence des images sur les plus jeunes. Au Québec et aux États-Unis, de telles actions ont eu pour effet de réduire sensiblement les violences verbales et physiques.

Cette opération peut aussi aider à repérer les enfants victimes de télédépendance ou de cyberdépendance. Car le fait de se trouver dans l'impossibilité de résister à allumer la télévision, une console de jeu ou Internet, est significatif d'une réelle addiction. Les enfants «sevrés» pendant 10 jours pourront consigner dans leur carnet de bord leurs activités après l'école, ainsi que leurs difficultés face aux écrans noirs. Cette opération sans écrans est une première en Europe, selon les concepteurs du projet. En novembre dernier, l'association Le CAP avait organisé une action du même genre. Mais il s'agissait alors d'une opération de prévention centrée uniquement sur la cyberdépendance. Quatre lycées du Haut-Rhin avaient participé à ces «deux jours sans écran».

Et pour que ce défi soit ludique jusqu'au bout, chaque jour «d'abstinence» rapportera des points (cinq au maximum les jours d'école, sept les jours sans), qui seront comptabilisés au niveau de chaque classe, puis au niveau de l'école.

Xavier Rémy, le directeur de l'école, estimera avoir «remporté le match contre cet ennemi qui a de gros moyens de séduction» si l'école obtient environ «70%» des 14 732 points qu'il est possible de marquer au total.

À la fin de l'opération, un bilan sera tiré avec la participation de psychologues et de sociologues en vue d'en tirer des leçons pour poursuivre l'expérience l'année prochaine dans deux autres écoles de la ville. Source: www.lexpress.fr Jacques Brodeur, EDUPAX, organisme à but non lucratif

Prévention de la violence, Éducation à la Paix, Éducation aux médias

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