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La pauvreté au Centre-du-Québec : par quel angle la contrer?

Hélène Ruel par Hélène Ruel
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Article mis en ligne le 22 mai 2008 à 15:28
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La pauvreté au Centre-du-Québec : par quel angle la contrer?
Carl Lacharité et Jean Carpentier, du comité de mobilisation encadrent l'agente de recherche Monica Jekovska et la coordonnatrice France Fradette.
La pauvreté au Centre-du-Québec : par quel angle la contrer?
Démoralisant le portrait de l’étendue de la pauvreté et de ses effets incidents dans la région 17? Pas pour le Comité régional en développement social (CRDS) qui vient de lancer une nouvelle opération visant à améliorer la condition des familles les plus démunies.
D’ici la fin de septembre, chacune des cinq MRC de la région devra désigner des «acteurs-clés» qui, avec le comité de mobilisation du CRDS entreprendront une tournée des territoires, explique la coordonnatrice, France Fradette.

En bref, le CRDS cherche à tirer un fil de trame régional à cette couverture bigarrée que représente la pauvreté au Centre-du-Québec. «La pauvreté, c’est gros, c’est vaste et c’est complexe. On voudrait identifier une ou des préoccupations communes à l’ensemble de la région auxquelles on pourrait travailler en concertation», explique la coordonnatrice.

Devant l’assemblée d’une soixantaine de personnes représentant institutions et organismes de la région, Mme Fradette a parlé de sujets comme le logement, la conciliation travail-famille, comme des solutions pour lesquelles l’ensemble des intervenants s’engagerait à travailler.

La pauvreté se trouve quotidiennement dans la mire des intervenants de la région, souvent en amont de problèmes de santé mentale et de détresse psychologique.

Par sa revue de littérature, l’agente de recherche du CRDS, Monica Jekovska, a démontré qu’il y avait des liens entre la pauvreté et la détresse. L’une n’entraîne pas nécessairement l’autre. Mais l’incertitude des revenus, l’instabilité du statut professionnel, l’isolement, même la pauvreté culturelle risquent d’induire des problèmes de santé mentale, comme de la dépression, de l’anxiété, des symptômes d’agressivité ou d’irritabilité, des troubles cognitifs.
La pauvreté gagne du terrain
Les statistiques n’ont rien de reluisant pour le Centre-du-Québec, la pauvreté ayant gagné du terrain entre 2000 et 2004 dans toutes les MRC sauf Bécancour. Et encore, la réduction n’y est que de 0,4%. En 2004, c’est dans Nicolet-Yamaska qu’on rencontre la plus forte proportion de personnes à faibles revenus au Centre-du-Québec, 10,6%, par rapport à 8,6% dans Drummond et Bécancour, 7,6% dans Arthabaska et 6,8% dans l’Érable.
Ce sont toujours les personnes seules et les familles monoparentales qui composent le gros des familles à faibles revenus. Quant aux adultes prestataires d’assistance-emploi (aide sociale), leur nombre aurait crû dans Drummond et Arthabaska.

Les statistiques révèlent un niveau plus élevé de détresse psychologique, 28,5% en Mauricie et au Centre-du-Québec, comparativement à 25,3% pour l’ensemble du Québec.

Malgré une diminution du taux de suicide pour tous les groupes d’âge sauf pour les 40 à 64 ans, la région Mauricie-Centre-du-Québec se situe malheureusement toujours au premier rang des régions québécoises, à l’exception du Nunavik, où les taux sont «démesurés» a mentionné l’agente de recherche. Même sortie de l’ensemble sociosanitaire qui comprend aussi la Mauricie, la région du Centre-du-Québec présente un sombre tableau.

L’agente de recherche s’est également attardée à la santé mentale des jeunes de la Mauricie et du Centre-du-Québec pour dire que, comparativement à l’ensemble de la province, deux fois plus de jeunes avaient eu des pensées suicidaires et que leur indice de détresse psychologique était une fois et demi plus élevé en moyenne qu'ailleurs.

Les participants à la rencontre ont été particulièrement troublés par ce tableau statistique québécois sur les répercussions de la pauvreté chez les enfants et chez les adolescents.

On peut consulter le rapport de recherche de Mme Jekovska au www.crds.centre-du-quebec.qc.ca le site Internet du Comité.

Pour deux années encore, le CRDS profitera des services de l’agente de recherche, ayant obtenu le financement du programme de soutien à l’innovation sociale du ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation.

Le CRDS a déjà une autre tâche à confier à son agente en lui demandant d’aller vérifier sur le terrain, l’efficacité des pratiques innovatrices qu’a soutenues le Fonds régional en développement social. «Les projets financés devaient être réalisés avec l’ensemble des secteurs, étant entendu que le développement social, c’est l’affaire de tous. On veut vérifier si l’intersectorialité constitue vraiment une clé de développement», a résumé France Fradette.
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