Patrick Sénécal accompagné des deux gagnantes du combat des livres : Charmilie Nault et Audrée Provencher-Vaudreuil.
Patrick Sénécal contamine les jeunes… aux livres
Il est entré dans la salle, a commencé à parler aux jeunes et ceux-ci se sont tout de suite sentis envoûtés. Probablement que l'auteur de romans noirs, Patrick Sénécal les a contaminés avec sa passion pour l'écriture et les livres.
L'écrivain était présent à l'école secondaire Monique-Proulx de Warwick cette semaine dans le cadre du combat des livres, organisé par l'enseignante Marie Houle, pour les élèves du secondaire V. Ce combat des livres a été remporté, cette année, par l'équipe formée de Charmilie Nault et Audrée Provencher-Vaudreuil et le livre de Roxanne Bouchard intitulé : Whisky et paraboles.
Pour terminer en beauté ce combat des livres, Patrick Sénécal, un Drummondvillois d'origine, a su intéresser les jeunes en leur parlant des scénarios de films qui se préparaient (fait à partir de ses livres). «Pour les sept jours du talion, ce sera un film qui suscitera la discussion», a-t-il averti. Les subventions sont difficiles à obtenir pour un film du genre, mais Sénécal a tout de même trouvé une maison de production qui a accepté de le produire.
«Avec ce film, je veux montrer que la vengeance, à long terme, ne donne rien», ajoute-t-il.
Il faut dire que l'écrivain ne fait pas dans la dentelle et ses livres sont des thrillers psychologiques qui racontent des histoires horribles. «L'écrivain n'a pas le contrôle de ses idées. Et j'ai l'impression que la noirceur de mes romans me permet de créer un équilibre dans ma vie», a-t-il expliqué aux jeunes.
Patrick Sénécal a même avoué que dans la plupart des situations, il lui venait souvent des idées noires, se disant : mettons que… «Mes idées de romans c'est des flashs que j'ai. Je ne me sens pas obligé d'écrire des histoires sombres, si j'avais des idées de romans d'amour, j'en écrirais, mais je ne peux expliquer la couleur de mon imaginaire».
Il a de plus expliqué aux ados que sa passion pour l'écriture un peu tordue, ne lui venait pas du fait qu'il avait eu une enfance malheureuse. Au contraire. Il indique qu'il a eu une enfance très heureuse et qu'il a trouvé son créneau d'écriture en lisant «Les 25 meilleures histoires noires et fantastiques». «C'est avec ce livre que j'ai découvert la peur par la lecture».
L'écrivain a également avoué aux jeunes qu'il aimait bien que ses romans se passent à l'extérieur de Montréal. «J'aime bien montrer qu'il y a des «fuckés» dans les villages en dehors de Montréal», insiste-t-il.
La violence injustifiée déplaît souverainement à l'auteur qui prend comme exemple des films de soi-disant horreur comme «Décadence», qu'il n'hésite pas à démystifier aux jeunes.
«Il faut que la violence soit déstabilisante, dérangeante. L'histoire doit être vraisemblable pour qu'on y croie. C'est alors qu'on a peur», note-t-il.
Et en difficulté supplémentaire pour l'écrivain, a-t-il mentionné, c'est en créant des situations stressantes, avec des mots seulement, qu'il doit parvenir à faire peur aux lecteurs. «Ça devient plus intéressant psychologiquement», croit-il.
Patrick Sénécal a de plus profité de sa visite pour en apprendre un peu plus aux jeunes sur le métier d'écrivain et les conditions de travail. «Si vous voulez l'argent et la gloire…, ne devenez pas écrivain. Allez plutôt à Loft Story».
S'il parvient à vivre de son écriture, il est un des rares à pouvoir le faire au Québec. Et pour terminer, il n'a pas hésité à indiquer aux élèves le truc pour écrire un livre : «Je sais que vous n'aimerez pas ça, mais pour écrire un thriller, il faut faire un plan précis pour savoir comment ça finit », a-t-il conclu.
Charles Avoine
Commentaire mis en ligne le 24 mai 2008Comment un journal de qualité tel que l'union, peut omettre de faire une faute flagrante en nommant le nom du livre gagnant au combats des livres. Whisky Et Parabolles, serait plus approprié. Relisez-vous!