Le maire Richard, à l'avant-plan. Derrière, une partie de la délégation française.
Une délégation française s’attarde dans l'«environnement» sylvifranc
Des partenariats d’affaires devraient se nouer à l’occasion du Symposium sur les créneaux d’excellence québécois et les pôles de compétitivité français qui a amené chez nous une délégation française d’une quinzaine de personnes.
Ce Symposium d’une semaine, activité économique du 400e anniversaire de Québec, a été organisé à la suite d’échanges entre le ministère québécois du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (MDEIE) et du ministère français de l’Industrie et de l’Emploi, explique Micheline Letendre, coordonnatrice régionale ACCORD pour le ministère québécois.
Elle précise que depuis décembre, des relations se sont tissées entre gens des créneaux ACCORD d’ici et ceux de ce qu’on appelle des «pôles de compétitivité» là-bas. De sorte que la visite de la délégation française au Québec, à Sorel d’abord, dans les Bois-Francs ensuite et enfin à Québec devrait se conclure par des ententes très concrètes, bénéfiques pour les entreprises d’ici, espère Mme Letendre.
Le Centre-du-Québec bénéficie d’une entente ACCORD pour son créneau d’excellence des technologies et systèmes logistiques de récupération et de valorisation de matières résiduelles que préside Johnny Izzi (Gaudreau Environnement). Le passage de la délégation française a permis d’apprendre qu’enfin, ce créneau s’était «rebaptisé» d’une nouvelle appellation abrégée, Groupe MR3. La région est également reconnue pour son créneau d’excellence en matière d’équipements de transport.
Des gens de Granutech et de MEC torréfaction de Victoriaville faisaient partie des vis-à-vis des délégués français issus de trois pôles de compétitivité : Trimatec, Association Industries Agro-ressources et Fibres Grand Est.
La délégation française s’est attardée au CFER Normand-Maurice et au Centre de formation et d’innovation technologique (CIFIT).
Victo, pas «archi spectaculaire»…
Au CIFIT, les visiteurs ont été accueillis par le maire de Victoriaville, Roger Richard, qui leur a parlé de la culture de développement durable intégrée chez nous, non pas à force de lois ou de règlements, a-t-il souligné, mais par l’éducation et la force des convictions. C’est toujours à l’œuvre du prof Normand Maurice (disparu le 31 décembre 2004), considéré comme le père de la récupération au Québec, que le maire fait référence. Aujourd’hui encore, Normand Maurice inspire le développement durable.
«Victoriaville n’est peut-être pas archi spectaculaire au plan technique», a déclaré le maire. Mais elle peut être fière d’avoir déjà atteint, même dépassé les objectifs du gouvernement en ce qui a trait à son taux de diversion des matières résiduelles. Et cela est attribuable, a-t-il dit, à la force des croyances partagées par la population.
«À Victoriaville, on ne croit pas au «quémandage» systématique pour aller de l’avant. On ne croit pas que c’est en s’en remettant aux autres – à un État sauveur, par exemple – qu’on fera du développement durable», a-t-il ajouté. L’autonomie constitue un mot clé dans le discours du maire Richard.
Le «credo» de Normand Maurice déchets = ressources a aussi pris une valeur économique, a expliqué le maire, évoquant notamment la création de la Société de développement durable d’Arthabaska et les expérimentations sur les boues de l’usine d’épuration. Dans les déchets, même les boues, se trouvent des ressources, un levier pour la création d’emplois et de richesse collective. «Bientôt, on ira jusqu’au site d’enfouissement pour ouvrir les sacs et récupérer des ressources auxquelles on donnera une deuxième, même une troisième vie!»
Il a rappelé comment Peintures récupérées, une «entreprise unique au monde» est née, dans le giron du CFER. Le maire se rappelle que des élèves «non diplômables», regroupés sur un quai de débarquement, s’acharnaient, avec leurs petits ouvre-boîtes, à vider ce qui restait du contenu de vieilles canettes de peinture.
Le modèle du CFER, lequel allie, tout à la fois, la «récupération sociale», la «protection de l’environnement» et la «justification économique», a impressionné les invités français, a commenté Christophe Luguel, responsable des relations internationales du pôle de compétitivité de l’Association Industries Agro-ressources. Rare, a-t-il dit, que de telles expériences aboutissent à des réussites économiques. «C’est concret et ça marche!», a-t-il dit, parlant de l’«original» CFER Normand-Maurice.