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Un prof d’une école privée est arrêté…

Article mis en ligne le 20 mai 2008 à 15:05
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Un prof d’une école privée est arrêté…
Un professeur d’une école primaire privée de Westmount a récemment été arrêté dans une chambre d’hôtel en Virginie. Cet homme, au-dessus de tout soupçon, attendait un jeune garçon de 13 ans rencontré sur Internet.

Il s’est plutôt retrouvé face au policier qui l’avait repéré et piégé. On a aussi saisi du matériel incriminant chez lui. Ce professeur est décrit comme charismatique et respecté, on le voyait à l’église, la surprise est générale.

Comme souvent dans ces situations, on a fait appel aux psychologues, ce qui aidera sans doute les enfants et les parents. Mais pourquoi toujours attendre «après», pourquoi ne pas agir «avant»? Manque de ressources? Manque d’expertise?

Pourtant, au Québec, les organismes Espace ont développé une expertise unique en prévention de toutes les formes de violence faite aux enfants. Leurs ateliers de prévention ont été évalués et les résultats de ces recherches ont été publiés dans des revues scientifiques et ont fait l’objet de présentations lors de congrès ici et ailleurs dans le monde.

Les organismes Espace ont remporté de nombreux prix reconnaissant la qualité de leurs interventions et, depuis 1985, ils ont outillé plus de 300 000 enfants et 86 570 adultes.

Alors, comment expliquer que, malgré le fait qu’ils répondent à un besoin criant, comme en témoignent les 7 915 signatures de la pétition déposée à l’Assemblée nationale en mars dernier, le ministre de la Santé et des Services sociaux hésite toujours à financer le plan de consolidation et de développement qui, enfin, rendrait la prévention de la violence accessible à tous les enfants et à tous les adultes du Québec?

En attendant, des organismes Espace se retrouvent avec des listes d’attente ou pire, doivent annuler des ateliers de prévention, faute de moyens. Quelle perte pour les enfants!

Parmi ces groupes reportés ou annulés, combien d’enfants se retrouveront seuls avec leur secret, incapables de comprendre ce qui leur arrive, prisonniers d’un adulte sans scrupule ou d’un autre enfant qui lui fait vivre de l’intimidation?

Combien de temps leur faudra-t-il attendre avant qu’un adulte leur porte attention et leur vienne en aide? Certains attendront jusqu’à l’âge adulte. D’autres, plus chanceux, verront un agresseur être démasqué dans leur entourage et des psychologues appelés à la rescousse pour les aider à faire face à la situation et à vivre avec les conséquences.

Pourquoi attendre «après» quand on pourrait agir «avant» et aborder la question avec les enfants, non pas dans un climat de drame et d’urgence, mais d’une façon détendue, propice aux apprentissages et même agréable?

Certaines personnes doutent encore de l’efficacité de la prévention ou craignent de faire peur aux enfants. Pas les organismes Espace. Après plus de 20 ans de prévention, ils reçoivent maintenant les témoignages de jeunes adultes qu’ils ont aidés alors qu’ils étaient enfants ou, tout simplement, qui se rappellent de leur passage dans leur classe au primaire et des droits des enfants à la sécurité, à la force et à la liberté.

Les organismes Espace ne règleront pas le problème de la violence faite aux enfants à eux seuls, mais ils font certes partie de la solution. Ces jeunes adultes le savent. Dommage qu’ils ne soient pas au pouvoir!

Francine Gagnon et Odette Théberge

Regroupement des organismes Espace du Québec

Josée M. Gosselin

Coordonnatrice Espace Bois-Francs

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