Éric Leblond
La litote
Bonjour chers ami(e)s lecteurs! Voici cette semaine une figure de style avec un nom à coucher dehors (rire), mais que tout le monde emploie dans le langage parlé. Et oui, elle est tellement simple que nous la pratiquons inconsciemment.
Il nous suffit d’exprimer une affirmation positive avec des mots d’apparence négative. Le but est que le sens demeure le même.
Regardons ensemble comment Roger Tabra et Éric Lapointe ont utilisé cette figure.
Dans la chanson «Le cuir de ma vie», on y trouve un excellent exemple.
En début de couplet, ils disent dans leurs écrits…
Toujours, toujours dit oui…
Et après le refrain ils ont écrit le même sens, mais en utilisant la litote. Voici ce qu’ils ont écrit;
Jamais, jamais dit non…
Le sens reste le même, mais écrit avec des mots qui, au premier degré, transpire la négation. C’est encore la preuve irréfutable que les figures de style démarquent l’écriture et l’auteur(e).
Au tour de Hugot Perreault de l’ex-formation Okoumé de nous montrer un autre exemple avec sa chanson «La lune pleure» au sixième vers.
5. Alors, elle dit tout va bien
6. Elle (n’a pas peur) de s’enfoncer plus loin
7. Alors, elle pleure et dans ses yeux
8. Une lueur plus brûlante que le feu
Contrairement à cette figure dans la chanson d’André Fortin de l’ancien groupe «Les colocs», nous voyons ce que je pourrais appeler une négation normale au douzième vers.
12. (J’aime pas les winners), sont plates à mourir
13. J’aime mieux les losers, au moins y m’font rire
14. J’vas aller sur une île, j’vas brûler l’bateau
15. J’vas r’commencer l’monde, j’vas faire de quoi de beau
Je vous défis d’écouter la façon dont les gens vous parle et vous constaterez à quel point nous la pratiquons tous inconsciemment. Pourquoi? Afin de réaliser que plus vous serez près du langage parlé dans vos textes, plus ils seront naturelles. Par le fait même… plus attirant et touchant.
Bonne semaine d’écriture!
Éric Leblond