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Le Cirque du monde de Victoriaville reçoit deux invités spéciaux

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Article mis en ligne le 17 mai 2008 à 16:51
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Le Cirque du monde de Victoriaville reçoit deux invités spéciaux
Bamogo Yabyiri Drissa, coordonnateur du programme depuis 2001 au Burkina Faso, a improvisé rapidement une figure en grimpant sur les épaules de Nathanaël Baptiste (alias David), participant au programme en Haïti.
Le Cirque du monde de Victoriaville reçoit deux invités spéciaux
Dans le cadre du rassemblement annuel au Québec des différentes cellules de «Cirque du monde», l’entité victoriavilloise, chapeautée par Répit Jeunesse, accueille depuis mercredi et jusqu’au 22 mai deux invités spéciaux en provenance du Burkina Faso et d’Haïti.
Sur les 56 projets de «Cirque du monde» dispersés un peu partout dans le monde, sept de ces projets ont pignon sur rue au Québec, soit à Victoriaville, Québec, Montréal, Drummondville, Sherbrooke, Manawan et Wemontaci. L’objectif du cirque social, dont le projet a d’abord été initié au Brésil par le Cirque du soleil en 1995, est de devenir un catalyseur pour la confiance en soi et le développement du plein potentiel de jeunes issus de différents milieux. L'approche pédagogique de Cirque du Monde est en fait fondée sur la rencontre entre les arts du cirque et l'intervention sociale.

À Victoriaville, Répit Jeunesse a instauré le projet depuis 2001. L’activité permet à des jeunes d’ici, vivant différentes difficultés, de se rencontrer deux fois par semaine pour vivre une expérience positive basée sur le travail d’équipe, la confiance et le respect. Le tout orchestré par un instructeur formé et mandaté par le Cirque du Soleil.

«À chaque année, un grand rassemblement de Cirque du monde est organisé. Ce qui est spécial cette année, c’est que nous prendrons part à un grand souper-spectacle à Québec, qui est offert dans le cadre du 400e», explique l’une des travailleuses de rue responsable de l’encadrement du projet à Victoriaville, Rachelle Bissonnette.

Des représentants de tous les pays hôtes du projet sont donc arrivés au Québec mercredi et sont hébergés par des familles d’accueil dans les sept régions offrant le projet de cirque social. Ceux-ci y vivront différentes activités d’échange pour se familiariser avec la culture et les réalités d’ici, avant de quitter pour un premier rassemblement le 22 mai, au siège social du Cirque du Soleil à Montréal où ils visiteront les installations. Suivra ensuite un séjour de quatre jours à Québec, du 28 mai au 1er juin, au cours duquel ils présenteront un spectacle collectif le 31 mai prochain, dans le cadre des festivités du 400e.

Les responsables du Cirque du monde à Victoriaville accueillent donc présentement le coordonnateur du programme au Burkina Faso, Bamogo Yabyiri Drissa, et un jeune artiste participant au projet en Haïti, David (lequel a fait savoir que son vrai nom est en fait Nathanaël Baptiste…).

«Nos invités et les participants au projet ici prendront part à différentes activités pour mieux se connaître, mentionne l’intervenante. Par exemple, lundi, nous irons nous balader à vélo sur la piste cyclable longeant le lac Bulstrode, avant d’aller visiter la Fromagerie Victoria. Mardi, nous visiteront les différents organismes communautaires à la Place Rita St-Pierre et le soir venu, il y aura bien sûr un atelier de cirque dans nos locaux. Nous devrons aussi visiter la maison écologique sur le Mont Arthabaska et souper en compagnie, mercredi, des jeunes de la Maison Raymond-Roy.»
Un cirque qui donne des résultats positifs
Bamogo Yabyiri, qui est éducateur spécialisé de formation et qui a déjà été directeur général pour un centre spécialisé dans la réinsertion des jeunes en difficultés au Burkina Faso, est bien placé pour témoigner des bienfaits de cette pédagogie artistique. Avant d’être coordonnateur pour le programme, celui-ci a d’abord instauré, en collaboration avec Jeunesse du monde, un atelier de théâtre auprès des jeunes en difficulté de sa région.
«Nous voulions voir les résultats si on utilisait le théâtre comme outil pédagogique dans le contexte de la petite enfance. Nous avons tout de suite observé des résultats dans le comportement des jeunes. Tout à coup, ils s’ouvraient et racontaient leur histoire!», raconte le coordonnateur.

Comme l’expérience a fait ses preuves, l’organisme Jeunesse du monde a permis d’accueillir au Burkina Faso des stagiaires de Québec Sans Frontières, au cours duquel M. Yabyiri a eu l’occasion de rencontrer Jean-François Bourdon, instructeur de cirque.

«En seulement deux mois, les jeunes ont monté un spectacle extraordinaire!» se rappelle M. Yabyiri. Aujourd’hui, sept sites de Cirque du monde sont installés à travers son pays. «Nous avons même organisé un atelier expérimental dans un centre pénitencier de réinsertion, en 2005. Plusieurs jeunes ont été sauvés de cette manière, même qu’un d’entre eux est devenu assistant-instructeur. Ce qui est important, c’est que le projet permet la concertation entre les parents, qui nous font confiance, et les différentes instances politiques qui accordent énormément de crédit à ces ateliers. 500 jeunes par année participent au programme», précise le coordonnateur en annonçant qu’ils en sont maintenant rendus à construire une école nationale de cirque, à Ouagadougou, toujours en collaboration avec le Cirque du Soleil, OXFAM Québec et Jeunesse du monde.

De son côté, Nathanaël Baptiste rêve de pouvoir contribuer à stabiliser son pays, Haïti, en aidant lui aussi les jeunes en difficulté. «Je participe depuis huit mois à Cirque du monde. Quand j’étais petit, je regardais la télévision et je rêvais de faire ça. J’ai d’abord appris en compagnie de Clown Sans Frontières, puis un ami m’a invité à participer au cirque. Récemment, j’ai suivi une formation de deux mois pour être professionnel du monocycle. Je veux pouvoir travailler au cirque et aider les jeunes!», confie le jeune artiste.

Plus près de nous, Sébastien Bureau participe aux ateliers de Cirque du monde offerts par Répit Jeunesse depuis au moins quatre ans.

«Je voyais mon frère y faire un tour et quand il revenait, il me semblait en paix avec lui-même. J’ai donc décidé d’essayer. Je me suis découvert de nouveaux talents et surtout, j’ai vaincu ma gêne en rencontrant de nouveaux amis. Présentement, je suis aussi en train de vaincre une de mes plus grandes peurs, le vertige.»

Sébastien a développé pour sa part une expertise pour le «rola-bola», une planche que l’on doit maintenir en équilibre sur un tuyau.
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