Le lieutenant Michel Fournier et l’agent Pierre Vachon de la SQ de la MRC d’Arthabaska
Lutte à la marijuana : un contrat longue durée proposé aux agriculteurs
À sa troisième année d’existence dans la MRC d’Arthabaska, le contrat social, proposé aux agriculteurs pour faciliter le travail de la Sûreté du Québec dans l’éradication de la marijuana, a ceci de nouveau : une durée de cinq ans.
«C’est le résultat de discussions avec les producteurs qui trouvaient lourde la procédure annuelle. Au début, la Sûreté du Québec était davantage réticente, mais vu la bonne collaboration avec les agriculteurs, nous avons convenu de prolonger le contrat», a expliqué le lieutenant Michel Fournier, responsable du programme Cisaille.
Les syndicats, représentant les producteurs, applaudissent à cette initiative. «On vient alléger le fardeau des producteurs qui n’en finissent plus avec la paperasse année après année. La durée de cinq ans nous permettra aussi de nous rasseoir au terme du contrat pour faire le point et apporter des améliorations s’il y a lieu», a indiqué Yves Côté, président de l’UPA Centre-Bois-Francs.
Le contrat social constitue, à ses yeux, un outil fort important. «C’est une belle solution pour aider le travail des policiers et pour rassurer les producteurs dans leurs champs. Parce que ce n’est pas drôle d’être terrorisé à l’idée d’aller sur ses terres, d’avoir la crainte de représailles dans le cas d’une dénonciation», a souligné Yves Côté.
«Le contrat social facilite aussi la planification des policiers qui n’ont pas à s’assurer de la présence du propriétaire pour intervenir», a ajouté Yves Fortier, président de l’UPA Bois-Francs.
Les deux syndicats, membres de la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec, couvrent l’ensemble du territoire de la MRC d’Arthabaska.
La mobilisation d’un grand nombre d’agriculteurs autour d’un contrat social a pour effet, croit le lieutenant Fournier, d’éloigner les criminels des terres. «C’est peut-être la raison pour laquelle, dans la MRC de l’Érable, les plantations se retrouvent davantage dans les secteurs boisés que dans les champs de maïs», a-t-il noté.
Reste que dans la MRC d’Arthabaska, les plantations de cannabis se font encore très nombreuses dans les champs de maïs.
Malgré la durée de cinq ans, un signataire du contrat social avec la SQ pourra en tout temps, s’il le désire, y mettre un terme en avisant les autorités policières verbalement ou par écrit.
«On demande aussi aux producteurs de nous aviser de tous changements, vente ou autre, survenant sur leurs propriétés», a signalé le lieutenant Fournier, insistant sur le fait que le contrat social ne vise que la culture de marijuana.
Et le contrat couvre la période du 1er mai au 15 novembre.
Pour toute information au sujet du contrat social ou pour fournir des informations confidentielles sur des plantations illicites, les citoyens peuvent contacter l’agent Pierre Vachon ou le sergent Marquis Tourigny au numéro 819 752-4545.
En 2007, plus de 600 consentements ont été reçus à la SQ. Cette année, les 1000 envois de contrats sociaux se feront sous peu, de sorte que les producteurs les recevront dans les prochains jours.
L’an dernier, l’opération Cisaille dans Arthabaska a permis l’éradication de 27 400 plants de marijuana et la saisie de 152 kg de cannabis en vrac.
Pour 2008, le lieutenant Michel Fournier ne se fixe pas d’objectifs en terme de nombre de plants. «Mais je souhaite effectuer davantage d’arrestations, a-t-il confié. On travaillera davantage ce volet et nous comptons aviser tous les producteurs, une fois les opérations complétées sur leurs propriétés.»
La période de plantation des plants de marijuana approche pour les criminels. Cela se fait à partir de la mi-juin. «Ils attendent que les plants de maïs lèvent un peu pour ensuite les arracher et y planter la marijuana», a expliqué Yves Fortier.