Philippe Rancourt
Le CSSS a déjà entrepris son virage
Il négocie le lit de deux nouvelles ressources intermédiaires
Non seulement le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) d’Arthabaska-et-de-l’Érable maintient sa décision de fermer des lits d’hébergement, mais il a déjà entrepris des négociations avec les deux promoteurs qu’il a retenus. Les discussions visent la création de deux nouvelles ressources intermédiaires, l’une de 35 places à Plessisville, l’autre de 16 places à Victoriaville, celle-là spécifiquement vouée aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.
Plus encore, le CSSS a également annoncé que l’Office municipal d’habitation (OMH) de Victoriaville construirait trente nouveaux logements, dont 15 réservés aux aînés, sur un terrain cédé par la Ville de Victoriaville, rue de l’Ermitage.
Le CSSS offrira aussi à cette nouvelle clientèle des services de soutien à domicile, comme il le fait depuis quatre ans à certains des locataires âgés ou handicapés de l’OMH.
La réunion du conseil d’administration a été laborieuse pour les autorités du CSSS. Elles ont tenté, une énième fois, d’apaiser les inquiétudes de ceux et celles qui craignent les répercussions de la fermeture des lits d’hébergement.
Selon le directeur général, Claude Charland, on a tort de mettre l’accent sur la «fermeture» de lits d’hébergement, alors qu’au terme de la transformation, il y aura 25 places de plus dans le réseau pour les personnes âgées. «C’est une excellente nouvelle pour notre milieu, c’est du développement!», a-t-il déclaré.
Il a fait allusion à ces 25 places supplémentaires, au projet d’agrandissement de 3 millions $ du CHSLD-CLSC de l’Érable pour le doter de trois nouvelles ailes abritant 48 lits d’hébergement, à l’élargissement de la gamme des ressources pour les personnes âgées, au budget accru pour le soutien à domicile.
50 lits à fermer au lieu de 62
D’ailleurs, c’est aussi à l’occasion de cette rencontre que le CSSS a annoncé qu’à la suite d’une rencontre avec les gens de la Fédération de l’âge d’or du Centre-du-Québec (FADOQ), l’établissement a revu à la baisse le nombre de lits qu’il fermerait. Au lieu de 62, il en fermera 50, les 39 du Foyer des Bois-Francs – plus conforme aux normes de sécurité, a-t-on répété - et la plupart des autres à la résidence du Roseau de Victoriaville.
Au total, sur l’ensemble du territoire du CSSS, 592 places en CHSLD et en RI seront offertes aux aînés, 25 de plus que ce qui est disponible actuellement, ont fait valoir les autorités de l’établissement.
Tant M. Charland que Philippe Rancourt ont réfuté cet argument selon lequel le CSSS était en train de privatiser les services aux âgés. M. Rancourt a insisté pour distinguer les ressources intermédiaires des résidences privées. «Il ne faut pas confondre les deux!», a-t-il insisté.
Selon les autorités, entre autres par son encadrement, par la présence de son personnel professionnel dans ces nouvelles maisons, le CSSS aura une prise sur ce qui s’y passe, les propriétaires étant liés par contrat avec l’établissement de santé.
Claude Charland a déclaré que si le CSSS n’ouvrait pas maintenant de nouvelles ressources intermédiaires, y transférant des ressources, il courait le risque que des promoteurs privés en profitent pour occuper le terrain. «Il nous faut offrir une gamme de services, parce que si on reste avec le même nombre de lits d’hébergement, des propriétaires vont s’implanter ici. On veut garder le contrôle!», a-t-il déclaré.
«Pouvez-vous vous engager ce soir à ne pas fermer d’autres lits?», avait, précédemment, demandé Lise Carignan, lors de la période de questions.
Si le CSSS prévoyait fermer d’autres lits d’hébergement, il ne s’apprêterait pas à investir 10 millions $ dans ses centres, a indiqué Philippe Rancourt.
Le président du conseil d’administration, Marcel Dubois, a répété que ce virage n’entraînerait pas de pertes d’emplois pour l’établissement, des déplacements de personnel, certes. «Les gens vont changer d’endroit, mais il n’y aura pas de perte d’emploi, surtout qu’on manque de personnel!»
«Cette transition, on l’a fait avec cœur. On ne sera jamais payés assez cher pour travailler contre le bien de nos parents, de nos frères, de nos sœurs, de nos oncles», a déclaré Claude Charland espérant dissiper la méfiance à l’égard des décisions de l’établissement.
Cette transformation, a-t-il ajouté, répond à la volonté des aînés d’habiter le plus longtemps possible chez eux, d’avoir accès à une diversité de services d’hébergement.