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Les télévisions communautaires répondent à un besoin d’information locale

Article mis en ligne le 13 mai 2008 à 14:00
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Les télévisions communautaires répondent à un besoin d’information locale
L’annonce de la fermeture éventuelle des salles de nouvelles de TQS a fait déplacer nos élus et fait couler beaucoup d’encre. C’est tout à fait souhaitable qu’il en soit ainsi! Mettre la hache dans le service de l’information d’une entreprise de télévision généraliste va à l’encontre d’un encouragement à la diversité des voix en information.

Or, est-ce que tous les élus et tous les communicateurs de nos médias québécois sont au fait qu’il existe un autre joueur médiatique qui offre, à sa façon et à la mesure de ses moyens, de l’information locale et régionale? Il s’agit des télévisions communautaires autonomes du Québec.

Il en existe une cinquantaine qui sont implantées un peu partout au Québec. Quarante-quatre d’entre elles sont membres de la Fédération des télévisions communautaires autonomes du Québec.

Les TVC autonomes ont été mises en place par les gens de leur communauté respective et leurs programmations sont diffusées sur les canaux communautaires des câblodistributeurs. Il s’agit d’un modèle sans but lucratif où les citoyens prennent en main les destinées du média.

Une TVC a donc pour but de servir sa communauté. Les informations traitées et transmises par cette dernière cimentent la communauté, créent une plus grande cohésion sociale et renforcent le sentiment d’appartenance des citoyens à sa région. Une TVC est un outil d’information et de communication qui favorise la vie démocratique.

Une étude intitulée «Mesure d’impact social et profil d’auditoire des télévisions communautaires autonomes du Québec», réalisée en 2007 par le Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’économie sociale et de l’action communautaire (CSMO-ÉSAC) conjointement avec la Fédération, est venue confirmer la pertinence des TVC autonomes en tant que médias d’information de proximité : 69% des téléspectateurs affirment que leur télévision communautaire répond à un véritable besoin.

Dans une même proportion (67%), les téléspectateurs éprouvent un sentiment de fierté à l’écoute des émissions diffusées par leur TVC. La télévision communautaire contribue à l’augmentation du sentiment d’appartenance à la localité ou à la région pour 56% des téléspectateurs. Il n’est donc pas étonnant de constater que 69% de ceux-ci affirment que leur TVC fait partie de leur patrimoine culturel local ou régional.

La télévision communautaire autonome demeure une alternative de choix à la diminution du temps alloué à l’information locale et régionale par les grands réseaux. Ce sont les gens eux-mêmes qui s’organisent autour d’un média communautaire plutôt que de se faire organiser par des intérêts d’affaires. Bien sûr, il faut de l’argent pour maintenir un média quel qu’il soit! Les TVC autonomes dont la TVCBF ne font hélas pas exception à cette prémisse. Cependant, puisque l’objectif n’est pas le profit, les artisans des TVC autonomes, souvent bénévoles, ont réussi à faire des miracles jusqu’ici, mais pour combien de temps encore!...

La production même des émissions, particulièrement celles informatives et d’affaires publiques, nécessite de plus en plus le recours à des ressources humaines qualifiées et rémunérées. La TVCBF n’échappe pas à ces contraintes. Elle tente malgré tout de pallier à la lacune par un magasine d’informations locales qui, soyons honnête, monopolise beaucoup de ressources pour une soixantaine de minutes en onde par semaine.

Le TVC autonome est une véritable solution complémentaire aux médias qui diminuent leur offre d’information locale ou régionale, ou qui, à l’exemple de TQS, souhaite ne plus en offrir du tout. Nos élus et nos communicateurs doivent l’affirmer. Ils doivent aussi se porter à sa défense parce qu’elle ajoute une voix de plus dans notre paysage télévisuel : la voix de la Télévision aux Valeurs Citoyennes!

Anick-Marie Boivin

Directrice générale de la TVCBF

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