Caroline Martin et Yannick Michel avec leurs quatre petits «Z», Zachary, Zoé, Zavier et Zhora dans les bras de sa maman.
Le temps d’être maman
Aux yeux de la jeune Caroline Martin, 28 ans, il y a des étapes dans la vie. Actuellement, c’est le temps pour elle d’être maman. Elle s’y consacre à temps plein ces années-ci, ses quatre petits «Z», Zachary, 7 ans, Zoé, 5 ans, Zavier, 2 ans et la minuscule Zohra née il y a deux mois, accaparent de larges pans de son agenda.
«J’ai choisi de rester à la maison et j’en suis contente. C’est une belle période de ma vie et j’apprécie le moment présent, je ne me sens pas du tout inutile. Je veux vivre une étape à la fois. Je suis à la maison depuis cinq ans et j'espère bien pouvoir y rester encore», dit-elle.
«Jusqu’à ce que Zohra rentre à l’école!», ajoute, approbateur, le papa, Yannick Michel.
Ces temps-ci, il profite d’un congé parental de neuf mois de son travail de journalier chez Cercueils Vic Royal. «C’est moins stressant quand papa est à la maison!», commente Caroline, la jeune Zohra à son sein.
Caroline et Yannick s’aiment depuis qu’ils sont adolescents. «J’ai toujours voulu avoir au moins quatre enfants», souligne Caroline, une jeune femme de Victoriaville, troisième d’une famille de cinq. «Je suis encore la seule qui ait des enfants.»
Même que, lorsqu’elle porte son regard à l’horizon de sa vie, elle n’aurait pas détesté mettre un cinquième enfant au monde. Là, Yannick ne partage ni son avis ni son envie. «J’en voulais quatre, il a accepté… et finalement, ce sera bien correct de même», dit-elle.
Ce n’est pas tant la taille de sa famille qui lui donne à penser qu’elle nage un peu à contre-courant des tendances. Très engagée à Parents-ressources, où elle est à la fois administratrice, marraine d’allaitement, accompagnatrice à la naissance (mais pas disponible ces temps-ci!), il lui arrive fréquemment de côtoyer des parents ayant plus de deux enfants.
Rester à la maison lui procure toutefois ce sentiment d'appartenir à un groupe plus restreint.
Jamais, ne sort de sa bouche un mot comme «sacrifice». Avec un seul salaire pour subvenir aux besoins de toute la famille, il faut pratiquer certaines contorsions budgétaires, admet-elle. Mais les Martin-Michel ne sont pas dépensiers, précisent-ils. «On a le temps de désirer ce qu’on veut s’acheter», précise Caroline. «Et on ne veut pas s’endetter!», ajoute Yannick.
L’engagement de Caroline aux Cuisines collectives des Bois-Francs, organisme communautaire qu’elle préside d’ailleurs depuis deux ans, lui a été très utile pour maîtriser le budget alloué à l’alimentation de sa famille. «J’y suis d’abord allée pour apprendre de nouvelles recettes, pour ne pas toujours cuisiner la même chose.» Et elle s’y est fait des amies, étant membre du conseil d’administration depuis six ans.
Etre maman en 2008? «Je sais que c’est dur pour certaines femmes. Avec un travail, il leur faut trouver du temps pour elles, pour leur couple, pour leur famille. Je sais qu’il y a aussi des mères qui s’isolent, qui ne savent pas où trouver les ressources. Elles existent pourtant.»
Chez Parents-ressources notamment, Caroline a puisé abondamment pour devenir la maman qu’elle est. «Pour être maman, il faut de la patience, du temps de présence et savoir encadrer ses enfants. J’ai d’ailleurs pris des cours pour me guider là-dedans.»
Elle se considère chanceuse d’avoir un «bon chum» et le soutien des grands-parents. «Et puis, je ne sais pas pourquoi, dit-elle en souriant, mais plein de gens me donnent des vêtements pour enfants.»
Elle admet qu’elle n’a jamais vécu ailleurs qu’à Victoriaville, mais elle estime qu’il s’agit d’une «belle place» pour les familles. «Avec ses bibliothèques, sa joujouthèque, ses pistes cyclables, ses piscines municipales, ses parcs. C’est là qu’on fait notre «social» Yannick et moi!»
Parce que, dans la maison, la famille est maintenant assez grande pour que les loisirs s'organisent presque d'eux-mêmes. «À quatre, les enfants peuvent jouer ensemble, Zachary est assez grand pour veiller sur ses frère et sœurs.» Même la vive Zoé a d'impétueux élans pour sa toute nouvelle sœur, une presque poupée pour elle.
Que souhaite Caroline Martin pour la fête des Mères? «La santé pour toute la famille!», répond-elle sans un instant d’hésitation.
Un souhait qu'on peut lui formuler, à elle et à toutes les mamans.