Marc Béliveau à côté d’une fontaine où l'on peut se désaltérer avant d'entrer dans un temple.
Un Victoriavillois devant des parlementaires japonais
Marc Béliveau traite de diplomatie publique
La maxime est archi connue : le journalisme mène à tout pourvu qu'on en sorte. Dans le cas du Victoriavillois Marc Béliveau, un fils du quartier de Sainte-Famille (le «Petit Canada»), le journalisme l’a mené jusqu’au Japon. Depuis 2001, il vit à Tokyo, travaillant à la Délégation générale du Québec à titre d’attaché aux affaires publiques.
Il y a quelques jours, comme président du Forum international des médias, Marc était invité à traiter de diplomatie publique devant les membres du Comité sénatorial japonais.
Ce comité de recherche sur les affaires internationales et le réchauffement de la planète de la Chambre des conseillers (qu’on appelle aussi la Chambre haute ou le Sénat du Japon) est composé de 25 parlementaires japonais, dont l’ancienne ministre des Affaires étrangères et l’ancien ministre de l’Environnement.
Ce comité, créé en novembre 2007, est entre autres investi du mandat d’examiner la perception du Japon à l’étranger.
Par sa présentation d’une vingtaine de minutes, Marc Béliveau a affirmé que le Japon aurait tout avantage à mettre de l’avant une politique de diplomatie politique pour faire valoir davantage sa culture populaire et sa créativité technologique.
«Même si la perception du Japon à l’étranger est excellente, surtout grâce à la qualité de ses produits industriels, les réalisations du Japon en matière d’aide au développement demeurent mal connues. Le Japon pourrait également contribuer davantage à la protection de la culture en ratifiant la Convention sur la protection et la promotion des expressions culturelles de l’UNESCO. Pour jouer un rôle accru sur la scène internationale, le Japon devra surmonter le handicap linguistique d’un pays monolingue en favorisant auprès des jeunes des séjours linguistiques et des programmes d’échanges à l’étranger. Le Japon pourrait également augmenter sa présence au sein des nouveaux médias et contribuer à rehausser la qualité et la diversité de l’information internationale», écrit-il, résumant sa conférence.
Tout en précisant qu’il ne s’était pas adressé aux parlementaires japonais au nom du gouvernement du Québec, Marc Béliveau mentionne que sa présentation ainsi que celles des deux autres participants à la réunion avaient suscité un échange animé.
Des soucis…
Les parlementaires sont préoccupés par la baisse du nombre de correspondants étrangers en poste à Tokyo alors qu’ils augmentent de façon importante en Chine.
«Lors de la période de questions, on se demandait quel est le type de sujets qui intéressent les journalistes étrangers, s’il était facile de trouver des intervenants japonais pour commenter l’actualité. L’existence d’un Kisha Club à Tokyo, un groupe sélect de journalistes japonais ayant aux accès aux réunions du gouvernement y est aussi pour quelque chose dans le difficile accès des journalistes étrangers à l’actualité gouvernementale japonaise», a aussi expliqué le journaliste.
… et des idées
Il faudra attendre la publication du rapport final, pour savoir si le Comité sénatorial retiendra ou non les suggestions émises lors de la rencontre, comme la formation linguistique des jeunes, un recours accru aux nouveaux médias, une promotion plus soutenue de la culture populaire du Japon, une plus grande transparence dans l’information gouvernementale. La question du monopole des médias restreignant l’expression des partis d’opposition aurait également des incidences sur la presse étrangère.
Marc Béliveau a développé, au fil du temps, une grande expérience des affaires asiatiques. Vingt-cinq des 37 documentaires de ce journaliste et réalisateur pour la télévision de Radio-Canada ont porté sur le Japon, Taiwan et Singapour. Il a aussi réalisé une vingtaine d’émissions dans une dizaine de pays asiatiques diffusées à la radio de Radio-Canada.
Consultant pour la Fondation Asie Pacifique du Canada, il a écrit et publié un rapport de recherche sur les perceptions médiatiques entre le Canada et l’Asie après avoir effectué plus de 175 entrevues dans une douzaine de pays asiatiques et une soixantaine au Canada.
À Tokyo, il a créé, en 2002, l’International Media Forum, un regroupement de journalistes japonais et étrangers (65% des 250 participants), des diplomates et des gens intéressés par les affaires internationales.
Marc Béliveau a eu la «piqûre journalistique» avec Le Défi, ce journal étudiant des écoles secondaires de Victoriaville. C’était à la fin des années 1960.
En 1975, il occupait un premier emploi de rédacteur en chef au Soleil de Colombie, le seul hebdomadaire francophone de Colombie-Britannique. Il a habité la Colombie-Britannique jusqu’en 1996, avant de prendre le large pour réaliser une série de vingt émissions radiophoniques diffusées à Radio-Canada.
Il revient occasionnellement à Victoriaville, disant ne jamais oublier d'où il vient, d'un pays qui lui tient toujours à cœur.