Gaspard Vigneault et son collègue André Brassard, devant l’exposition de sirop.
50 ans à se sucrer le bec à Plessisville
À l’occasion de la 50e édition du Festival de l’Érable, plusieurs animations ont été mises sur pieds pour rappeler aux festivaliers que ce n’est pas d’hier que les produits de l’érable sont au cœur des activités de la région. Pour certains, la dernière édition aura rappelé quelques bons souvenirs et pour d’autre… elle aura été l’occasion d’établir un record.
L’acériculteur Gaspard Vigneault a participé, de près ou de loin, à au moins 40 des dernières éditions du Festival. Le 50e anniversaire lui a donné l’idée, avec son collègue André Brassard, de ressusciter l’exposition des produits de l’érable.
«Cela faisait dix ans qu’il n’y avait pas eu d’exposition. Auparavant, on jugeait six produits : le sirop, la tire, le sucre dur, le sucre mou (en pain, pas en pot), le sucre granulé et le bonbon à l’érable, en plus d’un emballage cadeau contenant chacun des six produits. Cette année, nous avons renouvelé la formule, mais seulement avec le sirop», explique M. Vigneault en ajoutant qu’auparavant, il n’existait qu’une catégorie de sirop. «Maintenant, il y a trois qualités de sirop, soit l’extra-clair, le clair et le ambré.»
En plus du jugement du sirop, le comité a également ajouté un concours de tarte au sirop d’érable. Malheureusement, seulement trois tartes ont été proposées et sept acériculteurs ont proposé leur sirop pour l’exposition.
«Le printemps a été difficile pour plusieurs. Ça ne gelait pas assez et les érables ne coulaient pas beaucoup. On ne pouvait pas faire bouillir très longtemps. Donc, les producteurs ne se sont pas gardé de sirop en réserve pour le concours», explique Gaspard Vigneault, qui ajoute également que la publicité pour le concours a connu quelques problèmes.
L’érablière appartenant à Antonio et Danielle Vigneault est toutefois sortie grande gagnante de cette exposition et les propriétaires se sont mérités un panier d’articles et d’outils servant la production du sirop.
Quand il repense à ses différentes participations au concours, Gaspard Vigneault se rappelle l’année 1977, durant laquelle il avait été déclaré «Roi de l’érable», justement dans le cadre d’une de ces expositions où l’on jugeait les produits des acériculteurs de la région. «La coupe avait été volée et je crois qu’on l’a retrouvée enterrée, pas très loin de la statue de Jean Rivard, en plein mois de juillet. Moi et ma femme avions l’air un peu ridicules, sans coupe et sans gerbes de fleurs, en serrant la main du maire de l’époque!», se rappelle l’acériculteur, qui s’est occupé avec plusieurs autres producteurs des démonstrations de produits de l’érable, durant tout le week-end. «En une fin de semaine, on peut passer 50 gallons du sirop fourni par Citadelle. On le transforme ensuite en beurre, en tire, en pain, en cornets et en sucre granulé.»
Tous les produits qui n’ont pas trouvé preneurs ont d’ailleurs été vendus à l’encan clôturant l’événement.
Gaspard Vigneault se souvient également d’avoir vendu, en 1974, plus de 100 000 palettes de tire d’érable, au moment de faire la promotion du Festival durant le Carnaval de Québec. «On y restait pendant presque deux semaines. La première année que j’y suis allé, en 1969, on avait vendu pour 4 000 $ en produits de l’érable!»
Nouveauté cette année, le Musée de l’érable a aussi connu un bel achalandage durant l’événement, alors qu’on l’avait installé dans un coin stratégique de l’aréna. Grâce à la participation de la Ville de Plessisville, les organisateurs ont su rapatrier des photos d’archives pour en faire un intéressant montage vidéo qui roulait en continu sur un écran géant. Les connaisseurs comme les néophytes ont pu en apprendre un peu plus sur l’histoire et l’évolution de cette tradition en entrant dans la «petite cabane» qui en exposait ses outils, mais aussi sur l’évolution du festival, puisque l’on avait pensé à exposer les photos des duchesses, des rois, des présidents et des maîtres sucriers de l’époque. Même les têtes des anciennes mascottes ont eu droit à une place d’honneur, au cœur du Musée.
Avec une mascotte rafraîchie et une chanson thème rééditée, la parade également s’est refait une beauté. Une bénévole participant à l’événement, Diane C. Turcotte, se rappelle, à ce sujet : «Quand j’étais petite, ma mère devait nous confectionner des robes de feutrine vertes avec une feuille d’érable. À cette époque, chaque rang et chaque quartier se préparait un char allégorique.»
Peu de violoneux pour «la Bastringue»…
Peu de participants ont finalement répondu à l’invitation de Gaith Boucher pour tenter d’établir un record Guiness du plus grand nombre de «violoneux» à jouer un reel, celui de la Bastringue.
En plus, sur les 20 inscriptions du départ, seulement 14 ont décidé d’attendre l’entracte pour pouvoir participer à ce moment historique. Peu importe, car l’initiateur du projet a pour avantage que ce record n’existait pas, libre à lui de pouvoir battre son propre record l’an prochain!
«On se reprendra l’an prochain, mais d’une manière différente!» a lancé le chanteur aux spectateurs présents sous le chapiteau, avant d’entamer les premières notes.