Le Quatuor Arthur-Leblanc et l’ensemble La Sinfonietta… en duo.
Les cordes font entendre le fruit de leur apprentissage
C’est avec brio et beaucoup de fébrilité que l’ensemble Les Premiers Violons et La Sinfonietta ont démontré à leurs fidèles spectateurs, samedi soir à l’église St-Christophe d’Arthabaska, tout l’apprentissage réalisé auprès des membres du Quatuor Arthur-Leblanc, au cours des deux derniers week-ends. Merveilleusement surpris de leur expérience et fiers de leurs élèves, les quatre musiciens professionnels ont décidé de les accompagner le temps d’un concert…en trois temps.
C’est à l’ensemble Les Premiers Violons qu’on a confié l’honneur d’ouvrir le bal. La vingtaine de musiciens de la relève, incluant des enfants mais aussi quelques adultes, ont interprété six pièces variant de Doodlin’ Digits du compositeur John Caponegro à un rythmé Boogie in the straw de Frank J. Halferty. L’ensemble a éveillé quelques bons souvenirs chez certains en jouant la mélodie du film (et comédie musicale) Chitty Chitty Bang Bang , selon les arrangements de Bob Cerulli.
À l’instar de l’animateur André Raymond qui voit dans le travail de ces jeunes musiciens «des promesses joyeuses et généreuses», leur directrice musicale Marie Lainesse se dit particulièrement fière du travail accompli par l’ensemble, dont le spectacle de samedi clôturait la dernière session. «Ce n’est pas évident d’apprendre ces pièces, encore moins de les jouer auprès de musiciens professionnels. Ils ont su bénéficier des conseils reçus lors des ateliers», souligne Marie Lainesse. Même si les spectateurs ont semblé impressionnés par le «jeu de pieds» des musiciens au moment d’interpréter La Symphonie du soulier, toujours de John Caponegro, la directrice musicale avoue que c’est plutôt la pièce de Mozart, Alleluia qui a donné du fil à retordre à ses élèves.
Les musiciens de La Sinfonietta ont ensuite pris place, en compagnie des quatre musiciens du Quatuor Arthur-Leblanc. Dès les premières vibrations émises par les cordes des deux ensembles, les spectateurs n’avaient d’autre choix que de se laisser emporter par la mélodieuse Prelude et fugue de Jean-Sébastien Bach. En plus de la Symphonie no 5 de Ludwig Van Beethoven, La Sinfonietta et le Quatuor ont élégamment fait «valser» leurs archets, suivant les compositions de Johann Strauss, la Valse de la chauve-souris et celle du Danube bleu.
Pour remercier ces deux ensembles de ce beau moment magique qui leur a été offert, les spectateurs leur ont rendu en retour une ovation dont ils se rappelleront.
Puis, vint enfin le tour du Quatuor Arthur-Leblanc. Le temps de cinq morceaux, Les violonistes Hibiki Kobayashi et Brett Molzan, l’altiste Jean-Luc Plourde et le violoncelliste Ryan Molzan ont fait pénétrer le public dans leur univers sonore, intense et parfois mystérieux, propre à la réputation qui précède cet ensemble de musique de chambre de Québec.
Juste avant d’entamer Allegro, de Beethoven, Ryan Molzan a confié au public que cette pièce est très révélatrice pour les musiciens. «C’est la première fois que le Quatuor prend une dimension symphonique», souligne le violoniste en attribuant à Beethoven la naissance de la musique romantique.
Avant d’interpréter l’originale pièce d’Elizabeth Raum, Les Éléments, qui révèle des sonorités bien particulières donnant presque vie à la musique, Brett Molzan a justement invité le public à laisser voguer son imagination… «Si vous vous laisser emporter, vous aurez vraiment l’impression de vivre ces éléments, le feu, la terre et l’eau.»
Cette dernière suggestion traduit bien le cachet particulier que l’on attribue à ces musiciens émotionnellement engagés dans leur musique.
Apprentissage
En plus d’occuper la fonction de professeurs invités à la Faculté de musique de l’Université Laval, le groupe occupe le rôle de quatuor en résidence à cette même université depuis 2005. Le QAL se produit en concert au moins une soixantaine de fois par année et le talent de ses musiciens a été reconnu autant sur la scène nationale qu’internationale.
Contribuant au développement de la musique de chambre en offrant régulièrement des ateliers de musique de chambre, des classes de maître et l'enseignement aux académies estivales, ils ont fait aussi profiter de leurs conseils les musiciens de Victoriaville. Ils les ont donc rencontrés les 26 avril et 3 mai à l’occasion de répétions sectorielles (regroupant les musiciens jouant d’un même instrument) et de classe de maître, qui s’apparente à l’enseignement privé, mais où tous les musiciens peuvent bénéficier des commentaires et conseils du professeur.
«Je sens que les deux groupes ont trouvé l’expérience hautement enrichissante. Les élèves ont été grandement impressionnés par la qualité du Quatuor également», mentionne la directrice musicale Marie Lainesse.
Une jeune violoniste appartenant à La Sinfonietta, Alysée Lavallée-Imhof se rappellera d’ailleurs de son expérience. «J’ai appris qu’il faut écouter les autres, afin de pouvoir conserver le rythme. Je sais aussi que la formation nous prépare à ce qu’on pourrait vivre plus tard, même si on ne comprend pas toujours sur le coup.»
Celle-ci s’est d’ailleurs montrée très impressionnée par le style musical et le son du Quatuor Arthur-Leblanc. «Ce que j’ai aimé, c’est qu’ils ont une façon particulière de jouer ensemble», a finalement confié la violoniste.