La Cour a refusé de libérer Robert Godbout
Le juge Grenier refuse de libérer Robert Godbout
Au terme de l’audience sur la requête de remise en liberté de Robert Godbout, accusé du meurtre prémédité de Renée Vaudreuil, le 14 janvier à Saint-Rémi-de-Tingwick, le juge Richard Grenier de la Cour supérieure a statué, vendredi après-midi, en rejetant la requête et en ordonnant que l’accusé demeure détenu.
Le magistrat a particulièrement insisté sur le crime lui-même et sur le danger potentiel pour certaines personnes de la municipalité concernée. «La nature du crime m’inquiète et m’interroge beaucoup. Il s’agit du crime le plus grave du Code criminel, commis dans des circonstances horrifiantes. Le crime demeure inexpliqué et inexplicable. Je ne suis pas capable de le remettre en liberté compte tenu de la nature et de la violence du crime. C’est le devoir de la Cour de protéger les autres personnes concernées par le drame», a souligné le juge Grenier.
Le juge a fait remarqué aussi que les antécédents judiciaires de Godbout révélait une propension à la violence. «Et je n’ai pas été impressionné par les explications de Monsieur», a-t-il dit, concernant un délit du passé.
Insistant tout de même sur le fait que la présomption d’innocence continuait à s’appliquer, le juge Grenier a qualifié la preuve de convaincante. «J’estime qu’il s’agit d’une preuve circonstancielle très forte, confirmée par différents éléments», a-t-il noté.
Satisfait de la tournure des événements, le procureur aux poursuites criminelles et pénales, Me Hugo Breton, se disait confiant, mais il reconnaît avoir eu quelques doutes. «On ne sait jamais ce qui va arriver, a-t-il commenté. Mais j’étais confiant, malgré tout, vu la preuve présentée. Une grande partie de la preuve a été divulguée, maintenant d’autres témoins pourraient toujours s’ajouter au cours des procédures.»
Interrogé à savoir ce qui a pu influencer le juge dans sa décision, Me Breton a fait valoir l’ensemble de la preuve, mais aussi un des critères prévus par la loi, celui de la protection du public.
Robert Godbout pourrait interjeter appel de cette décision du juge Grenier, mais son avocate, Me Suzanne Corriveau, a indiqué qu’il est encore trop tôt pour se prononcer à ce sujet.
Appelée à commenter le rejet de la requête, Me Corriveau a insisté notamment sur la présomption d’innocence. «Vous avez entendu le juge. La présomption d’innocence continue de s’appliquer. Ça ne veut signifie pas que mon client est coupable, on ne peut en tirer une conclusion», a-t-elle précisé, ajoutant que le juge s’était appuyé sur la protection du public et sur ce que les gens peuvent ressentir. «Parce qu’on le sait, c’est une mort tragique, une mort avec violence, ça nous le savons.»
Soulagement
La décision du juge Grenier a été bien accueillie par les proches de la victime et par plusieurs citoyens ou ex-résidants de Saint-Rémi-de-Tingwick présents à l’audience.
«C’est un vrai soulagement», a noté le maire de la municipalité, Jacques Fréchette.
Un sentiment de sécurité aussi émane de cette décision. «Ça nous rassure pour la sécurité des gens de Saint-Rémi», a indiqué l’inspecteur municipal, Pierre Blanchette, en arrêt de travail depuis le drame. «J’étais proche de Renée Vaudreuil, je ne travaille plus depuis ce temps. C’est affreux la façon dont elle est morte. Il n’y a pas de mot. Elle a dû souffrir, je n’arrive pas à imaginer», a-t-il confié, ému.
L’audience avait commencé avec un retard de 30 minutes, en raison de l’arrivée tardive de l’accusé.
À son entrée dans la boîte des accusés, Robert Godbout, sans véritable expression dans le visage, a regardé, pendant un bon moment, les gens présents dans la salle d’audience bondée.
Dès le début de l’audience, l’avocate de Godbout a demandé et obtenu une ordonnance de non-publication, de sorte que le Tribunal interdit de rendre public le contenu des témoignages.
Le représentant du ministère public, Me Hugo Breton, a fait entendre le responsable de l’enquête, le policier André Roussy. Il l’a interrogé pendant plus d’une trentaine de minutes. L’enquêteur a relaté les circonstances du drame et le déroulement de l’enquête.
L’avocate de la défense, Me Corriveau, a contre-interrogé le policier pendant une trentaine de minutes également.
Puis l’accusé, lui-même, a témoigné, se faisant entendre sur les possibles conditions et garanties pour sa remise en liberté.
La conjointe de Robert Godbout a aussi été appelée dans la boîte des témoins.
Avant la suspension du dîner, Me Suzanne Corriveau, a entrepris et terminé sa plaidoierie.
Le procureur de la poursuite, Me Breton, a fait de même à la reprise de l’audience à 14 h.
Après quoi, le juge Grenier a convenu de faire part de sa décision sur le banc.