De l’arrière à l’avant-plan, Marylène Morin de Handicap Action Autonomie des Bois-Francs, Francine Camiré et Isabelle Daigle du Centre d’aide Aqua-R-Elle
Femmes handicapées… plus souvent agressées
L’expertise du Centre d’aide l’Aqua-R-Elle reconnue… et financée
Le Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS), l’Aqua-R-Elle de Victoriaville, confirmera son expertise provinciale auprès des femmes handicapées en organisant, le 14 mai, un Séminaire sur la violence sexuelle faite aux femmes davantage discriminées.
Le Séminaire, ouvert au public, se déroulera à la Place 4213, toute la journée du mercredi 14 mai, offrant six ateliers sur la violence sexuelle, celle faite aux femmes âgées, aux lesbiennes, aux immigrantes, aux autochtones et aux femmes ayant des problèmes de santé mentale.
Cette activité du 14 mai constitue une sorte de «couronnement» de l’expérience-pilote menée depuis quatre ans par le CALACS de Victoriaville, le seul au Québec à avoir développé des services particuliers.
Il vient d’ailleurs d’obtenir un budget récurrent, de 50 000 $ annuellement, de l’Agence régionale de santé et de services sociaux pour maintenir ses services aux femmes handicapées et les développer, espère l’intervenante Isabelle Daigle.
Cette ouverture, cette «inclusion» des femmes handicapées aux services de l’organisme, s’inscrit maintenant à sa mission.
Depuis plus de quatre ans, le CALACS d’ici s’est intéressé aux femmes handicapées, parce qu’il les sait plus à risque que d’autres d’être victimes d’abus sexuels.
Selon une étude rendue publique par Stimpson et Best (1991), on estimait à 83% le pourcentage de femmes handicapées susceptibles de subir une agression sexuelle, ce qui représente 327 082 femmes au Québec selon l’Office des personnes handicapées (2007).
Isabelle Daigle estime à 25 par année, le nombre de femmes des Bois-Francs et de l’Érable ayant eu recours, depuis quatre ans, aux services du CALACS d’ici. Ces femmes ont osé briser le silence.
Pour elles, encore plus que pour d’autres, dénoncer une agression induit encore plus de conséquences. Parce qu’il arrive fréquemment que l’agresseur est une personne censée s’occuper d’elles, soit en milieu familial, soit en institution.
Afin de tisser des liens plus étroits avec les femmes handicapées, le CALACS a d’abord organisé des ateliers d’expression par l’art, animés par Francine Camiré. Il s’agissait d’un moyen de joindre ces femmes, souvent isolées, de leur procurer un loisir tout à fait adapté à leur condition, de laisser libre cours à leur créativité. C’était aussi une façon d’aborder la question de la violence sexuelle, d’en parler, de la prévenir.
L’organisme offre également des cours d’autodéfense, même accessibles aux femmes en fauteuil roulant.
Handicap Action Autonomie des Bois-Francs apporte sa collaboration au CALACS pour informer les femmes handicapées, une centaine des 300 membres que compte l’organisme, précise la directrice générale Marylène Morin.
Le Séminaire du 14 mai accueillera des intervenantes de la vingtaine d’autres CALACS du Regroupement provincial, des professionnels et intervenants auprès des femmes davantage discriminées et le grand public.
La violence sexuelle constitue le fil conducteur de cette rencontre. Des conférencières de tous les coins du Québec lanceront les discussions en ateliers. Isabelle Daigle animera les échanges du grand groupe sur les femmes handicapées immédiatement après le dîner.
Et pour finir, France Geoffroy, directrice artistique de Corpuscule Danse, prononcera une conférence sur la danse et la résilience, elle qui, clouée à un fauteuil roulant, a récupéré son rêve de devenir danseuse.
Pour des informations, des inscriptions ou de l’aide, on appelle au CALACS, au 819 751-0755.