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Le directeur de santé publique lance un appel à la mobilisation

Article mis en ligne le 30 avril 2008 à 11:26
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Le directeur de santé publique lance un appel à la mobilisation
Convaincu que la population est coresponsable de sa propre protection, avec la municipalité et le générateur de risque, le directeur de santé publique de la Mauricie et du Centre-du-Québec, Dr André Dontigny, a lancé un appel à la mobilisation de ces trois partenaires.
Gestion participative et communication du risque, transparence et coresponsabilité sont autant de thèmes que le directeur de santé publique défend dans son rapport 2008 intitulé «Matières dangereuses : savoir quoi faire – Pour une gestion optimale des matières dangereuses à usage industriel en Mauricie et au Centre-du-Québec».
La communication du risque fait la différence
«La population ne doit pas demeurer à l’écart d’un débat qui concerne sa santé et sa sécurité», a mentionné le directeur en ajoutant qu’un citoyen bien informé est mieux en mesure de prendre les moyens appropriés pour protéger sa santé et celle de ses proches.
De plus, le Dr Dontigny estime qu’une communication transparente sur la nature des risques et sur les moyens de protection constitue un atout pour améliorer l’efficacité de la réponse en situation d’urgence.

«La communication du risque et des mesures de protection adéquates peuvent vraiment faire la différence et réduire le nombre de blessés ou de décès. Inversement, la non-information peut représenter un risque pour la santé des personnes», a déclaré le Dr Dontigny.

Pour favoriser un dialogue qu’il juge essentiel, le directeur de santé publique invite les générateurs de risque et les municipalités pour qu’ils fassent participer les citoyens à un éventuel comité de gestion des risques.

Au moins quinze municipalités au Québec travaillent actuellement à mettre en place un comité de gestion de risque avec participation citoyenne. Souvent, cette structure s’appelle Comité mixte municipal industriel (CMMI).

La Mauricie et le Centre-du-Québec comptent deux CMMI, l’un à Shawinigan, l’autre à Bécancour. Ce dernier prépare une opération de communication du risque pour 2009. Notons aussi que cette municipalité a connu des opérations du genre avec la centrale nucléaire de Gentilly en 2003 et en 2007.

Le Dr Dontigny s’est intéressé à la question des matières dangereuses à usage industriel dans son Rapport 2008 parce que les travaux réalisés à la Direction de santé publique sur la question l’ont convaincu de la présence d’un risque pour la santé relié à ces matières.

Comme dans les autres régions industrialisées du Québec, la Mauricie et le Centre-du-Québec comptent des quantités importantes de matières dangereuses entreposées sur des sites fixes, soit plus de 11 000 tonnes déclarées à Environnement Canada.

De plus, les routes, les voies ferrées et la voie fluviale assument le transport de quantités considérables de ces matières. Plus de 10 000 camions lourds par jour et plus de 438 000 wagons par an circulent dans les deux régions.
Des accidents surviennent
Le risque pour la santé de la population est bien réel parce que des accidents surviennent régulièrement, soit 3,8 par année en moyenne. Heureusement, au cours des 10 dernières années, ces accidents n’ont causé aucun décès et aucun blessé grave. Néanmoins, dans plusieurs cas, les impacts sur la santé de la population auraient pu être majeurs.
C’est la Loi sur les services de santé et les services sociaux qui confère au directeur de santé publique la responsabilité d’informer la population de sa région d’une situation qui, selon lui, constitue un risque pour la santé des citoyens. Il doit aussi voir à la mise en place des mesures nécessaires à leur protection.

Soulignant qu’un risque ne s’accroît pas du fait qu’il soit mieux connu, le Dr Dontigny souhaite que son rapport déclenche une réflexion collective et favorise un débat responsable sur la question des matières dangereuses à usage industriel.
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