Michel Savard (premier à gauche), Claude Savoie (troisième) et Marc Hamel (sixième) en compagnie de leurs partenaires tunisiens du Centre sectoriel de formation en mécatronique de Borj-Cédria, dont son directeur Ali Thabet (au centre).
Le «monde» s'ouvre aux élèves en formation professionnelle
D'abord des stages de travail en Tunisie
Dès l'an prochain, des élèves en électromécanique de systèmes automatisés et en mécanique industrielle étudiant au CIFIT pourraient effectuer leur stage de travail à l'étranger. En Tunisie, plus exactement.
«On rêve depuis longtemps d'inclure cette possibilité à notre offre de services», indique Claude Savoie, directrice adjointe des services éducatifs de la formation professionnelle et de la formation générale des adultes de la Commission scolaire des Bois-Francs (CSBF).
Mme Savoie revient tout juste d'un séjour en Tunisie où elle était accompagnée de Michel Savard, directeur des centres de formation professionnelle de la CSBF, et de Marc Hamel, prof d'électromécanique.
Tous trois avaient un objectif, celui de tisser des liens de collaboration avec l'Agence tunisienne de formation professionnelle.
Ils ont visité le Centre sectoriel de formation en mécatronique de Borj- Cédria en Tunisie, une institution s'apparentant au Centre de formation et d'innovation technologique (CIFIT) d'ici.
C'est par le centre tunisien de formation en mécatronique et grâce à ses ententes avec des entreprises que les élèves d'ici pourraient faire d'une pierre deux coups, réaliser une première expérience de travail et baigner dans une autre culture, arabe, dans le cas de la Tunisie.
«On veut permettre à nos élèves d'avoir accès au monde!», s'exclame Mme Savoie.
Les finissants d'ici pourraient être admis à travailler dans cette grande entreprise d'État qu'est la Siphat (Société des industries pharmaceutiques) de Tunisie. «Ils devraient travailler selon l'horaire tunisien, de 7 à 14 heures, développer les comportements requis pour le travail en entreprise. La langue ne serait pas un obstacle puisque le français est la deuxième langue officielle.»
Rares sont encore pour les étudiants en formation professionnelle les occasions de réaliser des stages de travail à l'étranger. «C'est plus courant pour les étudiants du collégial. La plupart des voyages offerts aux élèves du secondaire relèvent plutôt de l'échange culturel», note Mme Savoie.
Elle ajoute qu'aujourd'hui, tant les jeunes que les entreprises s'ouvrent au monde. Elle ne craint pas que ces stages deviennent, pour les jeunes, une incitation à quitter définitivement le Québec. «Même les entreprises d'ici font des affaires ailleurs. Et peut-être que nos jeunes élèves auront, un jour, à travailler à l'étranger… pour des entreprises d'ici», dit Mme Savoie, également directrice de Cible formation-conseil.
D'ailleurs, tous les élèves du CIFIT n'auront pas nécessairement la possibilité de réaliser ce stage crédité. Il faudra fignoler les modalités du choix des «lauréats», qui auront à organiser des activités pour financer une partie de leurs dépenses.
D'autres programmes pourraient s'élancer
Au cours de leur séjour tunisien, Mme Savoie, MM. Savard et Hamel ont également visité le Centre sectoriel de formation en énergétique de Kairouan, dans l'espoir de développer, là aussi, des projets pour les élèves en plomberie, chauffage et réfrigération de Vision 20 20.
Mme Savoie ajoute que les élèves en mécanique auto ne seront pas en reste, eux pour qui on a commencé à établir des contacts avec la France. Une délégation de Rhône-Alpes s'annonce pour cet automne. «Ils sont intéressés par nos élèves et par ce qui s'enseigne chez nous», dit encore Mme Savoie.
En Tunisie, les représentants des Bois-Francs faisaient partie d'un groupe de gens en provenance d'autres commissions scolaires qui, eux aussi, cherchent à favoriser la «mobilité éducative en formation professionnelle».
Leur séjour était organisé par la coopérative Éducation internationale qu'ont créée les commissions scolaires et était financé par des fonds du Programme pour l'internationalisation de l'école québécoise du ministère de l'Éducation.