Les représentants de 65 pays se prononcent pour une redistribution équitable des terres.
Une simulation des Nations Unies souvent à l’inverse de la réalité
Une expérience intéressante et fort stimulante qu’ont vécue 65 étudiants du Centre-du-Québec, samedi, alors qu’ils se sont réunis au cégep de Victoriaville pour simuler une assemblée des Nations Unies. Les propos qui s’y sont tenus, comme les résolutions qui y ont été adoptées, auraient de quoi faire réfléchir les représentants impliqués dans les rouages de cette machine internationale.
«L’exercice est intéressant, surtout du point de vue de la solidarité internationale. Les jeunes commencent à s’y éveiller», constate celle à qui on a confié la présidence de l’assemblée, la députée bloquiste de Papineau, Vivian Barbot.
«Les jeunes ont un fort parti pris pour l’aide aux pays sous-développés et cela s’est reflété à l’intérieur des travaux des commissions. Ils veulent qu’on leur fournisse de l’aide, mais aussi qu’ils participent au processus décisionnel des Nations Unies», relate Mme Barbot, qui avoue que même si cette attitude est naïve, c’est parfois de cette manière que l’on arrive à changer les choses. «Certaines propositions ne sont pas réalistes, mais les discussions se poursuivront en classe», précise la présidente de l’assemblée.
«Si on regarde tout l’apprentissage réalisé sur l’aspect gouvernemental, l’exercice est en tout cas très formateur pour ces élèves!» tient finalement à souligner Mme Barbot, en confirmant qu’elle se prêterait volontiers au jeu une seconde fois, si on en lui faisait la demande.
Les étudiants présents ont eu l’occasion de se prononcer à l’intérieur de cinq commissions, soit les préoccupations environnementales, la militarisation et la guerre, la réforme de l’ONU et l’annulation de la dette. Pour ne nommer que quelques exemples des résolutions adoptées, soulignons l’abolition des paradis fiscaux sous peine d’une amende équivalant à dix fois la valeur totale des investissements dans le pays visé, la redistribution en parts égales des terres de tous les continents pour accommoder la population entière et l’envoi d’agents qui veilleront au maintien de la paix au Tibet. Seule proposition refusée : l’envoi de contingents supplémentaires en Irak, une proposition en provenance, évidemment, du délégué des États-Unis.
Un exercice qui se poursuit… et se répétera
Initiée par l’organisme Solidarité Nord-Sud des Bois-Francs, l’activité a été réalisée en collaboration avec l’enseignant Jean-François Léonard, qui a décidé d’inscrire celle-ci au programme de son cours «Régime et vie politique». «La condition pour obtenir la note de 20/30 pour ce travail était de se présenter à la rencontre», a expliqué le professeur.
À la suite de cet exercice, chaque délégué aura un rapport long à produire sur les décisions de son pays et les raisons qui les ont poussés à se prononcer pour ou contre les propositions. «Au cours de l’exercice, des alliances se sont formées. Par exemple, en caucus, certains pays se sont promis des annulations de dettes pour obtenir ce qu’ils veulent… les étudiants devront donc répondre de leurs actes!», annonce en rigolant l’enseignant qui les évaluera sur leur façon de voter, leur façon de s’exprimer, sur le texte qu’ils remettront et sur les recherches qu’ils ont préalablement faites pour «s’approprier» le rôle qu’on leur avait assigné.
Selon M. Léonard, l’expérience se répétera l’an prochain. «À ce moment nous distribuerons des pays stratégiques à ceux qui ont déjà vécu l’expérience cette année. Les nouveaux délégués apprendront de l’expérience des autres», précise l’enseignant.
L’étudiant qui représentait la Russie, Vincent Gagné-Giasson, est d’ailleurs de cet avis. «L’activité est bon pour la forme, mais le contenu est à revoir. Le fait de donner des pays qui sont plus forts politiquement à des étudiants de deuxième année permettra de donner un axe aux discussions», commente l’étudiant qui s’en ira en droit, à Sherbrooke, l’an prochain.
Reprenant les propos de Mme Barbot, l’étudiant a trouvé son expérience vraiment enrichissante du point de vue éducatif. «Pour moi, cette activité cadre directement avec mes objectifs, car je souhaite pouvoir travailler un jour à l’international, dans une des instances gouvernementales», a finalement confié Vincent Gagné-Giasson.