Robert Godbout reviendra devant la justice le 2 mai.
Robert Godbout devra patienter derrière les barreaux
Au palais de justice de Victoriaville, jeudi matin, l’audience pour l’audition de la requête de remise en liberté du présumé meurtrier Robert Godbout aura été de courte durée. L’avocate de l’accusé, Me Suzanne Corriveau, a obtenu du juge Richard Grenier de la Cour supérieure un report au vendredi 2 mai.
«J’ai eu ce matin, Monsieur le juge, une divulgation supplémentaire de résultats de certaines expertises. On y retrouve des vidéos, des bandes sonores. Je n’ai donc pas eu la chance de regarder ce qu’il y a dedans. Je dois prendre connaissance de toute la preuve pour offrir la meilleure représentation possible», a-t-elle plaidé.
Le procureur de la poursuite au dossier, Me Jean-François Royer, a précisé, de son côté, qu’il s’agissait de la version finale, n’offrant pas beaucoup de différence avec la preuve déjà fournie à la défense. «Ce n’est pas un surplus. Il s’agit d’une version finale dactylographiée. Il y a certes de petits ajouts, mais il y a peu de choses nouvelles dans ce dossier», a-t-il affirmé.
Devant les journalistes, l’avocate de Godbout a rappelé que la Couronne a l’obligation de tout donner à la défense. «Elle l’a fait, mais tardivement», a-t-elle précisé.
Interrogé par un journaliste sur ses chances d’obtenir la libération conditionnelle de son client, Me Corriveau a été directe : «Je ne travaille pas comme cela, moi, monsieur».
L’avocate n’a pas, non plus, voulu dire le nombre de témoins qu’elle comptait faire entendre. «Vous viendrez voir, vendredi», a-t-elle lancé.
Quant au ministère public, Me Royer devrait s’en tenir à un seul témoin, l’enquêteur des crimes majeurs de la SQ, responsable du dossier. «Ma représentation devrait durer environ 90 minutes», a-t-il dit, lorsque rencontré à son bureau.
La durée de l’audience variera selon le nombre de témoins de la défense. «Cela peut durer d’une demi-journée jusqu’à deux ou trois jours, on ne le sait pas», a-t-il noté.
Accusé de meurtre prémédité, Robert Godbout aurait tué, le 14 janvier, la directrice générale de Saint-Rémi-de-Tingwick , Renée Vaudreuil, dans le bureau municipal pour ensuite y mettre le feu.
Le lendemain soir, la Sûreté du Québec procédait à l’arrestation de l’individu.
Godbout avait maille à partir avec la municipalité depuis quelques années en raison de son projet d’implantation du «Godzoo» dans l’ancienne école du village, un bâtiment lui appartenant.
Le matin du drame, apprenant le rejet de sa requête d’appel dans son conflit avec la municipalité, l’accusé, selon certaines informations, se serait présenté au bureau municipal.
Robert Godbout voulait en appeler du jugement de la Cour supérieure l’obligeant à retirer de l’école les quelque 800 animaux hébergés.
À la suite de son arrestation pour meurtre, tous les animaux ont été vendus.