Isabelle Voyer a développé son goût de la musique actuelle.
Isabelle Voyer : toujours fidèle au FIMAV
Ne cherchez pas Isabelle Voyer du 15 au 19 mai prochain. La présidente du conseil d'administration des Productions Plateforme sera au 25e FIMAV et se fera un devoir et un plaisir d'entendre le plus de concerts possible.
Il faut dire qu'en 25 ans, Isabelle n'a pas manqué beaucoup d'éditions. «Une année j'étais en Russie pour faire du théâtre et en 1992, j'avais une hernie discale qui a fait en sorte que je n'ai assisté qu'à un seul spectacle», explique-t-elle. Ainsi, toutes les autres années, avec différents chapeaux, qu'il s'agisse de bénévole, de contractuelle, d'employée de Plateforme ou, depuis deux ans à titre de présidente du conseil d'administration, elle a fait partie de l'événement, d'une façon ou d'une autre.
Toutefois, c'est définitivement avec son passeport, à écouter la musique avec une concentration quasi religieuse, qu'elle est la plus heureuse.
Sa passion pour la musique actuelle, elle a su la développer. En effet, elle avoue que le premier spectacle de musique actuelle, auquel elle a assisté (bien avant le premier FIMAV, mais présenté par les Productions Plateforme), l'a littéralement agressé. «Je m'en souviens il s'agissait d'un spectacle de Fred Frith et de Tom Cora, présenté au Café. C'était fort et dérangeant. Ça m'avait enragé et j'avais trouvé ça agressant», se souvient-elle.
Mais elle s'est laissé amadouer par le genre musical et apprécie aujourd'hui un large éventail de musique actuelle. «Je n'avais jamais entendu ce genre de musique qui vient déconstruire des schèmes harmonieux», explique-t-elle.
Elle est maintenant une fan de musique actuelle et a toujours bien hâte, au FIMAV, de découvrir des nouvelles sonorités, des façons de faire différentes. «Comme auditrice, ma capacité et mon désir d'accueil ont changé. Ce genre de musique vient rejoindre mon besoin d'avoir accès à la création», note-t-elle.
Malgré son ouverture d'esprit pour la musique actuelle, il n'en demeure pas moins qu'elle a encore de la difficulté avec certains genres musicaux. «Il y a certaines choses qui m'ennuient, mais d'autres que je trouve merveilleusement belles», insiste-t-elle.
Alors, armée de son passeport, Isabelle Voyer est, ou presque, de tous les spectacles, avec ses endroits préférés pour s'asseoir. Et afin de bien courir et couvrir les différents concerts, elle organise toute une logistique chez elle, allant des repas préparés à l'avance jusqu'au repassage des vêtements de la fin de semaine. «On a souvent juste une demi-heure entre les spectacles…», explique-t-elle.
La présidente de Plateforme considère que les gens de Victoriaville sont chanceux d'avoir un tel festival chez eux et qu'ils devraient en être davantage fiers. «C'est sûr que ça va plus loin que ce que l'on connaît. Mais ce sont des gens sérieux qui font cette musique, cette exploration de zones sonores», croit-elle.
Elle ajoute que le FIMAV est reconnu internationalement et qu'il donne, à une partie des citoyens du monde, une réponse à un besoin d'enrichissement. «C'est un événement d'une grande valeur, dont il faut être fier», insiste-t-elle.
Malgré cela, il faut, année après année, toujours recommencer à convaincre de l'importance de l'événement, surtout dans la région. «J'aimerais que Tourisme Centre-du-Québec s'intéresse davantage au FIMAV et défende le festival», souhaite-t-elle.
Isabelle Voyer est encore et toujours très fébrile à l'approche du FIMAV. L'esprit ouvert, prête à tout, elle se promène dans tous les spectacles et apprécie le talent des musiciens. Et parions que dès que le 25e FIMAV sera terminée, elle n'aura hâte qu'à une chose : la 26e édition…