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De grands projets pour la Fonderie d’art d’Inverness

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Article mis en ligne le 19 avril 2008 à 14:02
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De grands projets pour la Fonderie d’art d’Inverness
Les nouveaux propriétaires de la Fonderie d’art d’Inverness, Emmanuel Descoutieras et Mélanie Arcand, devant leur réplique du «Mineur» de Paul Salois, qui viendra remplacer son original en béton au centre-ville de Val-d’Or.
De grands projets pour la Fonderie d’art d’Inverness
Depuis le 16 novembre dernier où ils en ont officiellement fait l’acquisition, Emmanuel Descoutieras et Mélanie Arcand assurent dorénavant la relève de Serge Gérard et d’Anne Renard dans cette belle aventure du bronze qui a débuté 20 ans plus tôt, à Inverness. Si le couple apprécie l’atmosphère familiale de leur petite équipe de travail, qu’ils souhaitent d’ailleurs conserver dans ces proportions, cela n’empêche pas la Fonderie d’art de voir affluer sous son toit de gigantesques projets ou des défis de taille!
À l’instar du finlandais Arttu Pihlainen qui l’a mérité, les nouveaux propriétaires ont dû concevoir et réaliser dans un temps record la coupe pour le fameux Red Bull Crashed Ice de Québec, qui s’est déroulée en janvier dernier.

«C’était tout un défi!», se rappelle Mélanie Arcand, qui a dessiné la coupe arborant le logo de l’événement et trois lames de patin en guise de support. «Peu de temps après les fêtes, nous avons reçu un appel des organisateurs pour nous passer une commande qui devait être prête…trois semaines plus tard !», s’étonne encore mme Arcand, en précisant qu’il faut habituellement un minimum de six semaines à partir de la conception du modèle, cette fois en unique exemplaire, jusqu’à la livraison de la pièce. «La Coupe Red Bull Crashed Ice sera comme la Coupe Stanley», explique sa conceptrice. Le nom du vainqueur s’y ajoutera à chaque nouvelle course et la coupe sera transmise de champion à champion.

Suite à la réalisation de ce défi, un projet de taille leur est «tombé du ciel». Afin de souligner le 350e anniversaire de la Basilique Ste-Anne-de-Beaupré, les artisans de la Fonderie d’art d’Inverness ont obtenu le contrat de réaliser une imposante fontaine, dont le bassin de bronze, qui sera supporté par des pieds de granit, possède un diamètre de 12,4 pieds. En raison de sa taille et de son poids, 5 500 lbs, la vasque a dû être coulée au sable à la Fonderie Marcoux de Laurierville, en quatre morceaux de six «pétales». «Les quatre morceaux ont ensuite été assemblés et soudés sur place. Ce fut encore tout un défi pour le déplacer à l’intérieur», ajoute celle qui aura bientôt la tâche d’en effectuer sa finition et d’en concevoir les patines, une des forces reconnues de la fonderie artisanale.

«Notre travail a été aussi de fabriquer 24 becs verseurs, qui seront ensuite soudés entre chacune des pétales de la vasque, pour laisser s’échapper l’eau de la fontaine», précise Mélanie Arcand. Au moment de notre passage, ces becs en étaient à l’étape des cires. Celles-ci se faisaient d’ailleurs corriger par un stagiaire, Bertrand Kohli, venu du Nord de Lyon en France par l’entremise de l’Office franco-québécoise pour la jeunesse afin d’étudier l’art du bronze à Inverness. «Nous recevons régulièrement des stagiaires, pour une période de quelques semaines, et aussi des groupes d’étudiants en arts, venus visiter l’atelier, sur rendez-vous», ajoute Mme Arcand. Bertrand Kohli est cependant une exception. Étudiant en sculpture de l’École supérieure des métiers d’arts d’Arras, dans le nord Pas-de-Calais, celui-ci est venu pour une période de six mois afin de s’initier à des techniques de moulage qui lui étaient étrangères, comme le moulage à l’élastomère et celui à la cire.

En plus de cette pièce monumentale sur laquelle ils s’affairent depuis près d’un an, afin de la livrer pour son inauguration officielle en juin, les employés de la Fonderie d’art travaillent également à terminer une réplique en bronze du «Mineur», une œuvre de Paul Salois d’une hauteur de plus de dix pieds, qui viendra remplacer son original de béton au centre-ville de Val-d’Or. «Il était temps que le beau temps arrive!", se réjouit l’artiste, qui devra évidemment sortir le colosse à l’extérieur pour en effectuer sa finition.

Dans un autre coin de l’atelier, une réplique grandeur nature d’un pêcheur attend sagement sur un établi qu’on assemble ses pièces détachées, afin d’être livrée près d’un moulin récemment restauré, à Lac-Etchemin.

Bref, l’entreprise familiale se porte toujours à merveille, même après trois générations de propriétaires. On se rappelle que la fonderie a été fondée par Gérard Bélanger il y a 20 ans, alors que celui-ci avait été chercher Serge Gérard à Avignon, lui-même propriétaire de fonderie, afin de la démarrer. C’est M. Gérard lui-même qui, accompagné de son épouse et artiste Anne Renard, a racheté la fonderie deux ans plus tard, avant de passer le flambeau à son beau-fils Emmanuel et à sa femme Mélanie, 18 ans après.

Plusieurs autres projets sont dans l’air pour le jeune couple qui œuvre depuis plusieurs années tout de même au sein de l’entreprise, et dont les compétences de chacun se complètent. «Je m’occupe principalement des moules, des cires, de la correction et des patines, en plus de la gestion administrative. Emmanuel fait tout le reste !», explique en riant la nouvelle propriétaire, en faisant référence aux étapes plus «techniques» de la réalisation d’un bronze, comme sa coulée, par exemple. Si la technique est la même depuis l’âge du bronze, comme le mentionne Emmanuel Descoutieras, l’expertise développée par la Fonderie d’art et l’évolution des matériaux leur permettent aujourd’hui de livrer un produit plus rapidement, et de plus en plus près de la perfection. «Nous utilisons, par exemple, un nouveau type de céramique pour nos moules, qui est plus solide et qui prend une meilleure empreinte. Cela nous permet de sauver du temps en diminuant le nombre de couches requises. Le résultat final requiert aussi beaucoup moins de correction, car la céramique travaillera moins à la chaleur», souligne Mme Arcand.

Les propriétaires rappellent également que la galerie d’art est toujours ouverte en semaine, en plus de s’ouvrir aux touristes les week-ends, de juin à octobre. «En plus des œuvres d’Anne Renard, les visiteurs y retrouveront les miennes, celles de Céline White, mais aussi celles de Léwis Pagé, décédé l’an dernier. Nous comptons y ajouter dans l’avenir les œuvres de plusieurs clients», annonce Mélanie Arcand.

Les amateurs d’art qui sillonneront les rues du Vieux-Québec cet été auront eux aussi l’occasion de constater le talent des artistes d’Inverness, dont celui de Mélanie Arcand, dans ce domaine. Initiée par Mimi Verreault, une exposition collective d’œuvres en bronze intitulée «Les bronzés d’Inverness arrivent en ville!» se tiendra du 2 au 8 juin prochain, à la galerie L’Espace contemporain, sur la rue Saint-Jean.
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