René Thivierge
La catastrophe appréhendée n’a pas eu lieu
Au net, l’économie sylvifranche a réalisé des surplus
Avec la forte appréciation du dollar canadien, l’explosion du prix du baril de pétrole et des minéraux, la compétition accrue en provenance des pays asiatiques, l’économie des Bois-Francs aurait pu accuser un déficit.
Mais non, la catastrophe appréhendée n’a pas eu lieu, s’est réjoui le commissaire industriel René Thivierge, directeur général de la Corporation de développement économique des Bois-Francs.
Accompagné de Robert Béliveau, amorçant une quatrième année à la présidence de l’organisme, M. Thivierge a livré son annuel portrait économique.
Au net, 191 nouveaux emplois
Malgré le fait que les entreprises d’ici aient créé moins d’emplois que l’an dernier, 1 112 au lieu de 1 204, au net, le nombre de nouveaux emplois s’établit à 191, la meilleure performance des sept dernières années.
Ce sont les entreprises existantes qui parviennent à créer les nouveaux emplois. Car la seule émergence de nouvelles entreprises – 12 au total, dont 9 à Victoriaville – avec la création de 48 emplois n’aurait pu compenser la fermeture de 25 autres, entraînant la disparition de 278 emplois.
René Thivierge a noté qu’à elle seule, la cessation des activités de Placages St-Raymond, de Doucet Victo, de Toitures Kingsey, de Transport Dragon et de la Fromagerie Tournevent avait fait perdre 193 emplois à la MRC d’Arthabaska.
Dans la ville-centre, Victoriaville, se créent et se perdent tout à la fois le plus grand nombre d’emplois : 729 gains, 189 pertes.
Des comparaisons difficiles
La revue annuelle supporte mal les comparaisons avec les années précédentes, a expliqué le commissaire, parce que la Corpo a choisi une nouvelle codification industrielle pour compiler les statistiques des 463 entreprises de son territoire.
La Corpo classe maintenant les entreprises selon qu’elles oeuvrent dans les secteurs primaire, secondaire ou tertiaire. Ces catégories remplacent les secteurs manufacturier, distribution et services (excluant les commerces) des dernières années.
René Thivierge a noté que le secteur tertiaire (activités commerciales, administratives, services publics, construction, distribution, commerce de gros, transport, etc.) prenait du poids, au fil des ans, dans l’économie sylvifranche. Ce secteur faisait travailler 3 544 personnes dans 186 entreprises différentes en 2007.
C’est lui qui a d’ailleurs généré 66% des nouveaux emplois, alors que le secteur secondaire (transformation des matières) a généré 41 % des nouveaux emplois. Le territoire abrite 262 entreprises qui procuraient du travail à 9 120 personnes. On peut apparenter ce secteur à la rubrique des entreprises manufacturières des anciens relevés de la Corpo économique.
Quant au secteur primaire, avec ses 298 travailleurs de 15 entreprises, on ne pourrait dire qu’il soit vraiment représentatif de la réalité des Bois-Francs, puisqu’il exclut la plupart des entreprises agricoles. La Corpo n’a retenu, dans ses données, que ses entreprises clientes.
Léger fléchissement des investissements
La taille des investissements des entreprises constitue toujours un baromètre aux yeux du commissaire industriel. Ils ont cependant un peu fléchi par rapport à 2006. Au total, les entrepreneurs ont investi 71,1 millions $ - 78, 4 M $ l’an dernier – le gros des dépenses ayant servi à l’achat d’équipements et de machineries (50 M $). Ces dépenses permettent la croissance et les gains de productivité des entreprises, a-t-il ajouté.
Certes, en termes monétaires, les investissements sont globalement plus importants à Victoriaville (31,9 M $), mais Daveluyville et surtout Sainte-Anne-du-Sault se sont démarquées en 2007. La première accroissait ses investissements de 44 % tandis qu’à Sainte-Anne-du-Sault les Robo et Canlak ayant contribué à faire bondir de 204 % les investissements dans cette municipalité.
Plus nombreux à la porte de la Corpo
Que les entrepreneurs, travailleurs autonomes aient été plus nombreux à frapper à la porte de la Corpo économique en quête de fonds, de mesures de soutien caractérise aussi la revue de l’année 2007, selon M. Thivierge.
La Corpo gère le Fonds local d’investissement, le Fonds Jeunes promoteurs, la mesure de Soutien au travail autonome. Cette mesure, par exemple, a servi à accompagner 42 clients, créant ou consolidant 58 emplois avec des fonds de 1,7 M $.
Au total, par ses différents programmes, la Corpo a soutenu 75 projets pour créer ou consolider 227 emplois. Elle a décaissé un montant de près de 600 000 $, lesquels généraient des investissements totalisant 7,9 millions $.
Et pour 2008
La Corpo a remis dans sa mire, pour 2008, l’implantation d’un service de transbordement ferroviaire, le train redevenant non seulement un moyen de transport, mais aussi un outil de travail pour les entreprises d’ici, a souligné M. Thivierge.
Le virage «affaires» qu’est en train de prendre le réseau international Sésame dont Victoriaville fait partie, des missions économiques en Alberta et en Chine pourraient paver de nouvelles voies aux entreprises d’ici. René Thivierge a aussi évoqué cette récente mission en Pologne qu’a effectuée le commissaire industriel à l’exportation, Mark Patrick Tame, en compagnie d’entrepreneurs d’ici. La Pologne dispose d’un budget de 68 milliards d’euros pour reconstruire ses infrastructures, dénicher de nouvelles énergies, moderniser son agriculture… de quoi occuper des Polonais, mais peut-être aussi des sylvifrancs, croit le commissaire industriel.
Il a également annoncé qu’un deuxième groupe d’entreprises souhaitait entreprendre la démarche visant à obtenir l’accréditation Ici, on recycle.
On devrait, bientôt entendre parler de l’entente «Accord sur les technologies et systèmes logistiques de récupération et de mise en valeur des matières résiduelles industrielles et municipales au Centre-du-Québec», signée par le ministre Raymond Bachand l’été dernier. Le siège social s’installera au CFER Normand-Maurice. On devrait, entre autres, dévoiler le nouveau nom de ce créneau. On l’attend tout aussi vert, mais plus économe en mots.