Décidément, le clan Bourret-Martel a le compas dans l’œil et possède dans ses gênes l’art de figer dans le temps des images remarquables. Depuis début avril, le photographe Michel Bourret, sa conjointe Louise Martel, la sœur de celle-ci, Marie-Soleil Martel ainsi que son conjoint Michel Lefebvre, ont mis quelques unes de leurs meilleures œuvres en commun afin de présenter une exposition collective au Café Farniente.
Le premier est le propriétaire du studio de photographie bien connu à Victoriaville, Bourret Photographes. Passionné d’histoire, il a le don bien contemporain d’utiliser l’infographie pour donner un aspect vieillot, mais combien original, à de faux portraits d’époque. Sur les murs du Farniente sont d’ailleurs accrochés plusieurs de ses œuvres, représentant les personnages historiques qu’on a l’habitude de croiser à l’occasion des Fêtes Victoriennes. L’encadrement et le voilage ajouté par infographie contribuent également à leur donner l’aspect d’une toile ancienne. «Au moment de réaliser la photographie, j’ai même utilisé comme toile de fond le décor qu’utilisait Annette Bédard pour ses studios, à l’époque où celle-ci était propriétaire», explique Michel Bourret, rappelant que le studio est né de la fondation en 1924, du Studio Annette Bédard, qui fut racheté en 1954 par son père Gatéan Bourret. Selon sa conjointe, Louise Martel, près de 5 000 archives seraient toujours conservées au studio.
Son talent de «photographiste» l’a d’ailleurs conduit ces dernières années à aller au-delà du cadre de simple photographe, offrant dorénavant à sa clientèle des services de conception publicitaire «clé-en-main» et d’élaboration d’image de marque.
La seconde, la photographe Marie-Soleil Martel, est née à Montréal, mais a été élevée à Saint-Valère. Cette rêveuse concrétise déjà ses plus folles ambitions dès l’âge de 15 ans, alors qu’elle se pratique à rédiger une liste claire de ses idéaux à atteindre.
Après avoir été graphiste pendant 11 ans au compte de Bombardier, elle y devient directrice artistique, remportant par la suite plusieurs prix pour la qualité graphique des publications d’affaires de son employeur. En 2001, forte d’une commandite obtenue auprès d’UPS et Kodak, elle est partie faire le tour du monde pendant 10 mois. Totalement transformée par cet énorme tour d’horizon, la photographe dit ne plus jamais porter le même regard sur les choses qui l’entourent et s’est résolue à s’évader du pays au moins deux à trois mois par année. «J’ai visité tous les continents, de l’île Maurice au Kenya, de la Tanzanie au Népal, de l’Espagne à Hawaï… J’aime beaucoup les portraits, mais je suis surtout amoureuse de la lumière, celle du matin comme celle en fin de journée», confie la photographe, qui est également conférencière et motivatrice à ses heures.
La lumière, comme la beauté, ont été saisies au vol par l’appareil de l’artiste auprès des nombreux peuples et paysages distincts que celle-ci a visité. «Et l’appareil n’a rien à voir là-dedans, contrairement à ce que certains pourraient penser! Il suffit d’être au bon endroit, au bon moment, et d’avoir le don de saisir la lumière, ou l’émotion, lorsqu’elle se présente!», insiste Marie-Soleil, dont on pourra éventuellement consulter les œuvres sur son site au
www.mariesoleil.com .
Son conjoint, Michel Lefebvre, est enseignant à la Commission scolaire Pointe-de-l’île, et se spécialise surtout en infographie, détenant une formation en conception publicitaire. Journaliste pigiste, notamment pour le magazine Plaisirs de vivre, il présente à l’occasion de cette exposition quelques illustrations, mélangeant à l’aquarelle le pastel, la gouache et le plomb, qu’il prend plaisir à réaliser dans ses temps libres.
La chef d’orchestre de cette exposition familiale est sans contredit Louise Martel qui, avec son sens inné de l’esthétisme et son amour des moulures, a mis des heures à choisir méticuleusement les cadres particuliers à chaque œuvre, qui sauraient en révéler leurs caractéristiques. «Chaque montage est différent. Certains des cadres sont faits de bois, qui a été travaillé à la main», décrit la spécialiste de l’encadrement. «Depuis qu’on peut trouver des cadres un peu partout, les gens oublient la beauté de choisir un cadre qui saura vraiment mettre en valeur son contenu», déplore Louise Martel, également infographe chez Bourret Photographes. «Mon art pourrait s’appeler le «tricot» de l’informatique, car il demande de la patience, de la minutie et de la rigueur», peut-on lire dans sa présentation.
L’exposition se poursuit jusqu’au 30 avril, au Café Farniente.