Karyne Fournier en compagnie de son éditrice Ghislaine Boissonneault, des Carnets de Dame Plume.
Et patati et patata…
Non, ce n’est pas le titre d’un nouvel édito, mais plutôt celui du premier livre de Karyne Fournier, une jeune enseignante vivant à Victoriaville, qui a lancé son livre dimanche, à la bibliothèque Charles-Édouard-Mailhot.
«Et patati et patata», publié par le biais de la maison d’édition de Norbertville Les Carnets de Dame Plume, se feuillette comme un recueil de savoureuses «tranches de vie», celles de Karyne Fournier l’enseignante, mais aussi Karyne la mère, l’amie et l’étudiante. C’est ainsi qu’en découvrant des épisodes parfois doux-amers de la vie de Karyne, enveloppés par le voile de l’émotion du moment, les lecteurs découvrent à quel point les malheurs des autres (comme les siens)… deviennent délirants quand on prend le temps de les coucher sur papier!
Avec son humour authentique teinté d’une pointe de sarcasme, Karyne Fournier fait part de ses états d’âmes et de ses convictions, avertissant bien sûr au préalable ses lecteurs que ses écrits font état de ses propres opinions et que celles-ci, si elles sont pris trop au sérieux, peuvent en chatouiller plus d’un…
C’est qu’en se plongeant dans «Et patati et patata», les lecteurs plongent également dans la vie réelle et personnelle, les joies, les malheurs, les profondes déceptions, les opinions tranchées sur divers sujets et les aventures rocambolesques de l’auteure, tirés en grande partie de l’époque où celle-ci se débattait entre son retour aux études et son emploi de serveuse dans une pizzéria. Au fil de ses histoires, celle qui se désigne comme une «observatrice bavardeuse» qui a une opinion sur presque tout ne se lasse pas d’égratigner au passage plusieurs groupes de personnes, dont les propriétaires de Hyundai, de chats (qu’elle considère, avec la guerre, comme l’un des deux fléaux les plus importants au pays!) et la bureaucratie scolaire. «J’ai quelques appréhensions, mais j’assume pleinement ce que je pense dans mes écrits», a confié l’auteure.
Elle y relate également quelques histoires vraies tirées de son vécu maternel, et de future maman, alors que les poussées d’hormones la «poussaient» à écrire.
«L’aventure a commencé alors que j’étais étudiante en enseignement préscolaire et primaire en 1999. Toujours très tard le soir, à mon retour de travail comme serveuse de pizzas, je me défoulais sur les pitons de mon clavier. Tranquillement, c’est devenu une habitude d’envoyer une fois par mois de mes nouvelles à mes proches, en exagérant les situations, question d’en rire un bon coup. Mes courriels, intitulés «mon éditorial du mois», firent beaucoup plus de chemin que je ne l’aurais pensé, puisque mes contacts l’envoyaient eux-mêmes à d’autres contacts», a raconté l’auteure au moment du lancement.
Dans la préface, son amie Vicky Bédard raconte à ce sujet : «Nous lecteurs, on se bidonnait, bien confortablement dans notre petite vie rangée en l’observant se débattre avec (…) sa vie de jeune femme pleine d’ambition et de rêves… qui tournèrent parfois en désillusion».
Si Karyne Fournier a utilisé à cette époque l’écriture comme thérapie personnelle pour «exorciser ses démons», il ne faut pas croire que ses écrits sont remplis de tristesse. Au contraire, la spontanéité et l’humour noir, très imagé, dont fait preuve l’auteur rend ce recueil d’aventures personnelles des plus rafraîchissants. On peut saisir au vol n’importe laquelle de ces anecdotes et la «visionner» intérieurement, comme on le ferait d’un vidéoclip humoristique.
L’auteure habite à Victoriaville, mais celle-ci est née à Québec, a fait son secondaire à Princeville et enseigne maintenant à Villeroy. «Et j’ai connu beaucoup de déménagements entre temps!», souligne Mme Fournier, qui a révélé au moment du lancement, avec son humour habituel, qu’elle préférait de loin déménager plutôt que de devoir s’adonner au grand ménage du printemps.. «Sinon, voulez-vous bien me dire pourquoi j’époussetterais l’arrière de ma laveuse?»
À l’image de cette énergique enseignante au préscolaire, et improvisatrice de la LIVE dans ses temps libres, le livre «Et Patati et patata…», de Karyne Fournier, se savoure à petites bouchées, pour chasser la grisaille, ou d’un seul trait, pour en rire un bon coup!