Jonathan Bonneau (photo) a racheté une saison en dents de scie lors des séries, selon Jérôme Mésonéro. (photo : Ghyslain Bergeron)
Les Tigres ont affronté le pire adversaire
Le directeur général des Tigres, Jérôme Mésonéro, n’a pas caché sa déception au terme de l’élimination de son équipe. Pour la sixième saison consécutive, les Victoriavillois ont été incapables de franchir la première ronde des séries éliminatoires. Cette fois-ci, ils ont frappé un mur face aux Mooseheads d’Halifax.
Ils ont été facilement été éliminés en six rencontres. Du propre aveu du patron de l’équipe, les félins ont possiblement affronté le pire adversaire possible au premier tour. «L’objectif a toujours été le même, celui de franchir la première ronde et nous n’avons pas réussi. Nous nous sommes mis dans une position difficile en terminant au neuvième rang au classement. Les Mooseheads étaient le pire adversaire que nous pouvions affronter. Ils étaient bâtis pour remporter le championnat», a-t-il expliqué.
Sans hésiter, Jérôme Mésonéro soutient que les chances de voir sa formation franchir la première ronde auraient été meilleures si les Huskies de Rouyn-Noranda, le Drakkar de Baie-Comeau ou les Sea Dogs de Saint John – qui étaient tous trois des opposants potentiels en fin de saison – avaient été les adversaires.
La déception est d’autant plus grande dans le clan des Tigres puisque Mésonéro a effectué quelques transactions spécifiquement dans l’objectif de gagner au moins une série durant la dernière période des échanges. Il a tout d’abord acquis le défenseur Louis-Étienne Leblanc en retour de Jean-Christophe Blanchard. Puis, quelques semaines plus tard, il a obtenu les services de Steven Cacciotti des Voltigeurs de Drummondville.
Dans les deux cas, les résultats ont été mitigés. Cacciotti a raté les trois premiers duels de la série en raison d’une blessure et Leblanc, sur qui l’organisation comptait pour stabiliser la défensive, a été muté à l’avant.
«Deux éléments clés ont manqué cette année, soit la constance et le leadership. C’est pour cette deuxième raison que nous avons acquis Leblanc et Cacciotti. Comme l’an passé, ç’aurait été facile d’hypothéquer notre avenir pour tenter un coup d’éclat. Nous avons préféré la prudence», a-t-il lancé.
«Le tournant dans la série a eu lieu lors du cinquième match (Alexandre Monahan frappe le poteau alors que les Tigres menaient 2 à 1). Si nous étions retourné à Halifax en avant 3 à 2 dans la série, ç’aurait pu être différent. Le fait de devoir gagner deux matchs sur la route était une lourde commande. Je crois que les joueurs ont vu cela comme une montagne», a-t-il ajouté.
Jérôme Mésonéro s’est dit particulièrement déçu de la performance de ses protégés lors du deuxième match (défaite de 11 à 1) ainsi que du sixième et dernier duel (défaite de 7 à 0) face aux Mooseheads. «À l’image de notre saison, nous avons vu une équipe à deux visages. Je ne crois cependant pas que nous ayons manqué de caractère. Il est jeune, mais bien présent. À titre d’exemple, lors du quatrième duel (victoire de 3 à 2), les trois étoiles ont été des joueurs de 17 ans. C’est ça mes Tigres. Ce sont les Devos (Philip), Poulin (Kevin), Gravel (Maxime), Robichaud (Maxime), Chouinard (Joël) et Laperrière (Antoine), entre autres, repêchés par l’organisation. Je crois que pour bâtir une équipe solide qui aspire au championnat, il faut que ce soit des joueurs élevés dans l’organisation. Les Mooseheads, par exemple, misaient sur 17 joueurs qui ont grandi dans l’équipe. Les Huskies sont aussi un bel exemple. Notre groupe de vétérans (19 et 20 ans) était des joueurs acquis via transactions», a analysé le directeur général.
L’apport des vétérans a aussi été limité au cours de cette série, selon lui. «Si quelqu’un m’avait dit au début de la saison que Toby Lafrance n’aurait pas un seul but en séries, je ne l’aurais jamais cru. Je ne veux pas lui lancer des pierres, mais il était néanmoins notre moteur offensif. Monahan et Cacciotti ont obtenu un but et Tanguay aucun, quoi qu’il a été blessé. Offensivement, nos plus vieux auraient pu en donner un peu plus», a-t-il poursuivi.
Émergence des jeunes
Même si cette expérience en séries a été plutôt courte, Jérôme Mésonéro a été ravi du rendement de certains joueurs de 17 ans, dont Joël Gervais-Chouinard, Philip Devos et Jonathan Bonneau.
Il soutient que même si d’autres ont eu un rôle plus effacé, dont Jacques Cormier, Maxime Gravel et Travis McIsaac, cette expérience a été grandement bénéfique pour ce noyau de jeunes joueurs sur qui beaucoup d’espoir est fondé.
«Ils l’ont vécu. Ils ont vu une équipe bâtie pour le championnat et ils savent maintenant à quoi cela ressemble. Nous avons aussi vu l’émergence de Philip Devos, Joël Gervais-Chouinard, Jonathan Bonneau et Maxime Robichaud», a fait valoir le directeur général.