Karkwa : le volume du vent
Deux ans et demi après «Les tremblements s'immobilisent», la formation Karkwa lance «Le volume du vent», qui s'inscrit dans la lignée du disque précédent tout en soufflant sur des terres nouvelles. En contrôle comme jamais de leur signature sonore, les cinq musiciens de Karkwa proposent un voyage marquant, dans le relief toujours changeant du monde actuel.
Paru il y a peu, «Échapper au sort», un premier extrait coup-de-poing, annonçait déjà une mouture dense et planante, où le propos lucide de Karkwa – portant dans ce cas sur la descente aux enfers d'un jeune de la rue – se conjuguait avec des arrangements emportés, puissants. De fait, «Le volume du vent» combine une certaine gravité à de longues envolées, sorte d'ivresses sonores.
Karkwa émerge d'une période d'activité intense, faite de tournées, de spectacles aux côtés de créateurs d'envergure.
«Le volume du vent» se révèle d'ailleurs à la fois très construit, nourri et mille influences, et indéniablement pop, dans ce que l'appellation a de plus pertinent. Il faut ajouter que plusieurs artistes de haut vol sont passés par le studio du quintette, dont Élizabeth Powell de Land of tald, Patrick Watson, Olivier Langevin, Marie-Pierre Fournier, de même que le quatuor Cartier.
En criant la nécessité de bouger pour échapper au vide, ou de respirer même au cœur du bruit des machines; en nous parlant aussi de l'amour à nourrir ou à redire, les textes de Louis-Jean Cormier parlent droit au cœur. Ce dernier les signe tous, mis à part celui de la pièce «Le solstice», fruit de la rencontre, dans le cadre du projet «1000 jours de bonheur», entre Karkwa et le poète Pierre Nepveu – texte don test tiré le titre de l'album.