Daniel Ringuet (photo : Ghyslain Bergeron)
«Ça m’attriste de voir où le hockey s’en va»
Daniel Ringuet dirige des formations de hockey depuis une vingtaine d’années. Il a lui-même été joueur. Il a évolué au hockey mineur à Drummondville, d’où il est originaire. «J’ai connu le bon hockey des années 70, époque des grandes rivalités. Aujourd’hui, ça m’attriste de voir où le hockey s’en va», a-t-il lancé.
L’entraîneur-chef du V. Boutin de Plessisville a fait cette déclaration à la suite des incidents qui ont marqué la série finale entre sa formation et les Frontaliers de Coaticook.
Après la deuxième rencontre entre les deux équipes, où le gardien de but Pier-Antoine Guillemette a été bousculé à quelques reprises par les joueurs adverses, Ringuet s’en est pris verbalement à son vis-à-vis, Pierre Cliche.
«Tu veux la guerre, tu vas l’avoir», lui a-t-il dit. Il a ajouté que son homologue était une cruche derrière le banc. Cliche n’a évidemment pas apprécié ces propos.
Ce qui a cependant renversé Ringuet, c’est que la direction des Frontaliers a contacté des policiers afin d’examiner la possibilité d’intenter des poursuites à son endroit. Faute de preuves, le dossier a été fermé.
«En une vingtaine d’années comme entraîneur, ça ne m’a jamais effleuré l’esprit de poursuivre quelqu’un. Pourtant, j’en ai reçu des injures. Si j’avais impliqué la justice à chaque altercation verbale, je n’aurais même pas eu le temps de travailler. Je suis contre la violence au hockey, mais je trouve que ça a pris une proportion démesurée au cours des dernières semaines, particulièrement depuis l’incident de la famille Roy contre les Saguenéens de Chicoutimi. Personnellement, je crois que ce sont les dirigeants des différents circuits qui doivent imposer le respect. Le gouvernement et la justice n’ont pas à se mêler du hockey», a souligné Ringuet.
Ce dernier et Pierre Cliche ont été convoqués par les dirigeants de la Ligue de hockey junior AA de l’Estrie avant la présentation du troisième match de la série, à Coaticook.
Les entraîneurs devront désormais éviter d’émettre des commentaires déplacés aux médias, sans quoi ils seront sévèrement punis. Ils doivent se limiter à discuter de ce qui se produit sur la patinoire.
«Je suis un entraîneur émotif et personne ne pourra véritablement changer ma façon de travailler. Les joueurs apprécient mon intensité. C’est ce qui fait, ni plus ni moins, ma marque de commerce», a conclu le pilote du V. Boutin.