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«Personne ne sait si Dieu est une femme ou un homme»

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Article mis en ligne le 21 mars 2008 à 20:56
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«Personne ne sait si Dieu est une femme ou un homme»
Un peu plus d’une trentaine de croyants ont bravé les bourrasques de vendredi soir pour suivre Johanne Hamel, lors du 16e chemin de croix du Vendredi Saint.
«Personne ne sait si Dieu est une femme ou un homme»
Parce que personne ne peut prétendre savoir si Dieu a l’image d’une femme ou d’un homme, et qu’il est temps, selon les organisateurs du 16e chemin de croix pour le Vendredi Saint, de «briser cette identification» masculine, le rôle principal de la marche a été confié à Johanne Hamel, de Victoriaville. Une trentaine de croyants ont bravé les bourrasques de vendredi soir pour suivre l’ancienne résidante de la Communauté du désert, qui a porté sa croix sur deux kilomètres, jusqu’à l’église Notre-Dame-de-l’Assomption.
«Il est temps que la femme prenne toute sa place», commente l’abbé Gérard Marier, pour expliquer le choix de Mme Hamel dans le rôle de Jésus, en ce Vendredi Saint. «Habituellement, on s’objecte à ce que la femme devienne prêtre, avec comme argument que Jésus était un homme. Mon intention est de briser cette identification», a poursuivi l’abbé Marier en ajoutant que Dieu s’incarne et se vit tout autant chez l’homme, que la femme.

Johanne Hamel est une ancienne résidante de la Communauté du désert, qui a d'ailleurs passé un an au Pérou et une autre en Équateur. Elle est restée depuis membre externe de la communauté. Celle-ci n’a pas du tout été surprise de la proposition de l’abbé Marier. «Quand Gérard décide qu’il se met d’accord avec le Saint-Esprit, je sais qu’il n’y a rien d’impossible! D’autant plus que personne ne sait si Dieu est une femme ou un homme, ça permet de créer une réflexion», mentionne-t-elle.

Pour Johanne, incarner Jésus dans son chemin de croix est comme une pièce de théâtre, dans laquelle est prend plaisir à jouer, alors qu’habituellement, celle qui enseigne également en maternelle, vit plutôt sa foi de façon personnelle, mais au quotidien. Bien qu’elle considère toujours que la question de la foi est personnelle et que les parents ont un rôle à jouer dans l’enseignement de celle-ci à leurs enfants, celle-ci déplore cependant l’éclatement des valeurs de base chez les élèves, qui étaient autrefois enseignées par le biais de la religion dans les écoles, ou même par l’enseignement moral.
Chacun porte sa croix
Que ce soit par tradition, pour «l’offrir à ceux qui ne peuvent plus le faire», ou pour afficher publiquement sa foi en Dieu, chacun emboîte le pas au cortège du Vendredi Saint avec une intention bien personnelle.
«Pour moi, c’est une démonstration de foi», explique Hélène Lépine. Un autre participant tout près confie pour sa part marcher pour ses propres péchés.

De leur côté, Cécile Leblanc et sa sœur Jeanne-D’Arc souhaitent vivre un important moment de foi. «C’est la continuation de l’office que nous venons de vivre. Je veux aussi marcher pour les prêtres, pour qu’ils conservent toujours la ferveur des premiers temps, souhaite Cécile. La foi ne se vit pas seule, elle fait grandir les autres autour de nous», continue-t-elle. «Et qui sait à quel point cette marche peut en interpeller d’autres?», a finalement questionné une autre participante, Suzanne, avant d’amorcer les deux kilomètres durant lesquels les prières et les chants des organisateurs ont encouragé les marcheurs.

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