Éric Leblond
Jouez à la chaise musicale avec «l’inversion»
Bonjour ! Fidèles lecteurs et lectrices. Bienvenue dans le monde parolier dans lequel je vis.
Cette semaine, je vous propose une autre figure de style mais cette fois-ci pour déjouer deux difficultés que nous rencontrons en chanson de façon régulière.
Pour les paroliers, cette figure de style est agréable et déstabilisante à l’écoute et elle rend de grands services quand nous peaufinons notre texte.
Je n’apprendrai rien à personne si je vous disais que la fluidité des mots est toujours une priorité pour un chanteur ou chanteuse. Mais, l’ordre des mots dans un vers influence parfois cette prononciation fluide tant recherchée.
Quand vous retravaillez votre texte, s’il vous arrive de bloquer en raison d’une rime que vous ne pouvez pas trouver. Deux solutions s’offrent à vous; soit que vous attendez que l’inspiration arrive ou bien carrément sortir la technique et la provoquer !
L’inversion nous vient en aide aussi à cause d’un hiatus. Ces fameuses voyelles qui se suivent, créant ainsi une prononciation inadéquate pour le chanteur.
Il ne suffit pas de mettre une rime juste pour rimer parce que la poésie en soufrerait. Donc, pensez à l’inversion afin d’élargir les propositions de rimes.
Ci-dessous, j’ai écris une phrase au hasard et je la retourne dans tous les sens me donnant deux rimes supplémentaires sans en changer le sens de celle-ci.
Je regarde par la fenêtre les écureuils gr(is).
Par la fenêtre, je regarde les écureuils gris.
Par la fenêtre, les écureuils gris, je les reg(arde).
Les écureuils gris, par la fenêtre, je les regarde.
Je regarde les écureuils gris par la fenêtre.
Les écureuils gris, Je les regarde par la fen(être).
Vous voyez ! J’ai augmenté mes chances de trouver la rime qui me conviendrait avec seulement une phrase et sans changer de mots. C’est presque de la magie ou la multiplication des pains. N’est-ce pas?
Une rime en (i)
Une rime en (arde)
Une rime en (être)
Encore une fois le dosage est à proscrire. Une «overdose» de cette figure de style et votre chanson risque de devenir vite incompréhensible.
Alors, si rien ne va plus avec un texte ou une phrase, faites jouez les mots et vos hémistiches à la chaise musicale.
Si je ne vous aie pas convaincu, je vous invite à étudier les textes de nos auteurs québécois et de partout ailleurs.
Bonne semaine d’écriture!
Éric Leblond