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Tribune Libre
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Article mis en ligne le 17 mars 2008 à 10:43
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Comme beaucoup de parents de joueurs, j’attendais avec impatience ce documentaire sur la vie des joueurs de la LHJMQ. J’étais d’autant plus intéressé du fait que mon fils évolue dans l’une de ces équipes et j’avais hâte de voir le traitement que nous réservait le journaliste François Gagnon de la réalité de ces jeunes.

Sur le site Web de la station de télé Canal D, on annonçait que ce premier épisode devait dresser un portrait critique de la LHJMQ grâce aux témoignages d’acteurs clés et d’observateurs du milieu afin de pouvoir juger si la ligue réussit à satisfaire la double exigence de rentabiliser les équipes et de former des citoyens équilibrés.

Le premier épisode m’a grandement déçu. J’en ressors avec l’impression suivante : qu’a-t-on voulu servir avec ce reportage? L’intérêt du public amateur? L’intérêt des jeunes? L’intérêt des détracteurs de la ligue? Si je m’attarde aux propos des acteurs clés et des observateurs, je garde l’amère impression que c’est dans l’intérêt de ces derniers et non des joueurs eux-mêmes que la «ligne éditoriale» de ce reportage a été tracée. De la part d’observateurs comme les journalistes interrogés et le docteur Dany Bernard, je me serais attendu à plus d’objectivité : de par les fonctions qu’ils occupent, ces observateurs ont le devoir de faire un portrait critique d’une réalité, c’est-à-dire en évaluer les qualités comme les défauts. Leur position sociale les oblige, il me semble, à cette rigueur de l’esprit. Je constate ici qu’ils ont confondu les deux sens que l’on peut attribuer au mot «critique», ne retenant que sa connotation négative.

Mes deux fils évoluent dans le monde du hockey depuis plus de dix ans. C’est avec bien des réticences que j’ai accepté de les accompagner dans cet univers, sachant moi-même à peine lacer mes patins. Je les ai toujours poussés à se dépasser dans ce qu’ils aiment (et aiment moins) afin d’en faire des adultes qui ne se contenteront pas de la médiocrité qui, trop souvent, nous entoure. Le hockey devenait pour eux une école où ils pouvaient apprendre ce que je ne pouvais leur enseigner ailleurs : la compétition saine, le travail d’équipe, l’oubli de soi, la discipline, la force mentale devant l’adversité.

Tout au long de leur cheminement, j’avais différentes situations autres que celles de l’école à leur soumettre pour travailler ces aspects de leur personne. Bien sûr, ils grandissent avec les mêmes rêves que tous les jeunes de leur âge : atteindre la LNH, devenir un héros de leur sport. Qu’y a-t-il de mal à rêver? N’est-ce pas ce qui nous fait dépasser nos limites comme être humain? Sans ces hommes et ces femmes qui ont un jour rêvé d’atteindre les sommets, que serions-nous devenus comme espèce?

Je retrouve dans l’équipe junior où mon fils évolue ces valeurs que j’ai tenté de lui inculquer. Je continue à le supporter pour qu’il puisse atteindre ses objectifs. Comme la très grande majorité de ses coéquipiers, il n’est pas dupe. Il sait bien que très peu arriveront sur la plus haute marche. Il continue, même en sachant ses chances minimes, et je suis persuadé qu’il ne se sent pas bouche-trou pour autant. Il n’est pas différent de tous ces jeunes qui pratiquent d’autres sports et qui ambitionnent de monter un jour sur le podium. Est-ce que tous ceux qui n’y parviendraient pas devraient être considérés comme des faire-valoir, pour être plus poli que monsieur Juneau?

Quant à la question de rentabilité des entreprises, je crois que monsieur Gagnon aurait au moins dû mentionner que ces entreprises n’ont pas toutes un objectif de profit : certaines, comme les Tigres de Victoriaville, sont des organismes sans but lucratif.

Peut-être aurais-je dû réserver ma réaction pour l’ensemble du reportage que je n’ai pas encore vu. Mais j’avoue avoir ressenti le devoir de donner tout de suite le point de vue d’un autre observateur de la scène, soit celui d’un parent de joueur. J’attends les autres épisodes avec une petite réserve…

Jocelyn Chouinard

Fier parent de deux jeunes hockeyeurs

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