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La Nouvelle / L'Union
Violence à l’école
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Les enfants imaginent leurs propres solutions

Article mis en ligne le 13 janvier 2008 à 15:28
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Les enfants imaginent leurs propres solutions
Jacques Brodeur
Les enfants imaginent leurs propres solutions
Dans le cadre de leur préparation au DÉFI de la Dizaine sans télé ni jeux vidéo, les enfants de l’école Sacré-Cœur, à Princeville, se sont vus présenter des situations problématiques auxquelles ils ont tenté de trouver des solutions.
Les problèmes avaient trait à des pratiques courantes en milieu scolaire : le cybercommérage, les cauchemars, la compétition sportive, les jeux vidéo de meurtre, l’amour paternel de type Homer Simpson et l’humiliation verbale.
Cybercommérage
Chaque fin d'après-midi, sitôt arrivée chez elle, Laurence saute sur son ordinateur. Elle passe le plus clair de son temps à clavarder avec des amies.
Les échanges portent sur toutes sortes de sujets : les vêtements portés par une telle, la coiffure de telle autre, la mauvaise haleine de celui-ci, les broches et les lunettes de celui-là. Elle trouve cela amusant et ne s’inquiète pas des conséquences.

Un beau jour, Laurence se rend compte qu’elle passe beaucoup de temps à dénigrer et déblatérer. Elle et ses copines s’amusent à détruire des réputations. C’est devenu un sport. Si ta meilleure amie se met à imiter Laurence, que lui dirais-tu? Comment pourrais-tu lui expliquer la gravité de cette habitude?
Cauchemars persistants
L’autre jour, Jérôme racontait qu’il fait des cauchemars horribles après avoir vu certains films. Sophie avoua que la même chose lui était arrivée après avoir vu une émission de télé.
Parfois, durant notre sommeil, on revoit des images vues dans un film d’horreur. Certains élèves s’imaginent qu’ils deviendront braves à force de regarder des films violents.

En fait, c’est tout le contraire, plus on en regarde, plus on devient peureux. C’est en racontant nos peurs qu’on se libère. Raconte la peur que t’a inspirée un film ou une émission.
Esprit sportif
Chaque fois que ton ami Émile pratique un sport, il veut toujours gagner à tout prix. Il est particulièrement intolérant avec ses coéquipiers lorsqu’ils font une erreur.
Il utilise régulièrement des mots humiliants pour leur faire des reproches : «poche, nouille, pourri et nul». Il croit que ses coéquipiers s’amélioreront à force de les insulter.

Avec les adversaires, il ne peut jamais s’empêcher de les provoquer. «On va vous torcher», déclare-t-il avant de commencer un match. Tu te rends compte que son langage enlève le plaisir de jouer aux personnes qui en ont besoin d’encouragement. En fait, les coéquipiers qui se font humilier jouent encore plus mal et commettent encore plus d’erreurs. Son entraîneur ne sait plus quoi faire. Tu décides de donner des conseils à ton ami Émile. Que lui dis-tu?
Jouer à tuer
Des élèves de ton école ont reçu des jeux vidéo en cadeau. Depuis qu’elle en a reçus, Julie passe des heures à tuer des monstres, des méchants ou des policiers.
Ces jeux servent à gagner des points en tuant. Ils rendent la violence facile, amusante, banale. On t’invite à la radio pour donner des conseils aux parents sur les cadeaux donnés aux enfants. Quels conseils donnes-tu concernant les jeux vidéo violents?
Amour paternel
Des élèves de ta classe regardent l’émission de télé «Les Simpson». Le lendemain, ils rigolent en se racontant les mauvais coups de Bart et la réaction de son père qui tente de l’étrangler.
Récemment, tu apprends que l’homme qui réalise l’émission interdisait à son fils de 12 ans de la regarder. Pourquoi cet homme refuse-t-il à son fils de regarder cette émission? Peux-tu deviner trois bonnes raisons pour que ce papa agisse ainsi? Quels conseils donnes-tu aux parents concernant cette émission qui présente le langage grossier comme un acte drôle?
Humilier ou consoler
Jérémie se pense bon lorsqu’il dit des paroles méchantes à des élèves de sa classe ou quand il se moque d’eux. L’endroit qu’il préfère est l’autobus scolaire, là où il terrorise tout le monde pendant que le chauffeur se concentre sur la conduite sécuritaire du véhicule.
Sébastien, lui, excelle à consoler ceux qui ont de la peine. Dès qu’il voit quelqu’un se faire rejeter, il trouve une façon originale et discrète pour réconforter la victime. Lequel des deux va devenir brave en devenant ado et adulte? Explique pourquoi.

Les élèves de 4e, 5e et 6e année ont pris connaissance de ces situations problématiques et chacun a pu exercer son imagination sur la situation de son choix. Dans une prochaine chronique, nous présenterons les solutions audacieuses proposées par quelques élèves.

On comprend donc que la préparation des élèves au DÉFI de la Dizaine implique une prise de conscience, par les enfants, des conséquences de leurs actes, condition préalable au développement de la responsabilité citoyenne.

Pourquoi un enfant modifierait-il son comportement s’il ne se sent pas responsable des conséquences de ses paroles et de ses actes? En cachant aux enfants les conséquences de la violence physique et verbale, en masquant la frontière entre fiction et réalité, la télévision (les films et les jeux vidéo) abuse de leur inexpérience et facilite le passage à l’acte. Accuser les parents de ne pas protéger leurs enfants contre les abus du petit écran est un argument éthiquement inacceptable.

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