Prévention des infections : les bonnes pratiques sont mal connues
En ce qui concerne la prévention des infections, la Direction de santé publique de la Mauricie et du Centre du Québec, estime que les pratiques sont mal connues et banalisées chez la population.
«Certaines pratiques ont changé. Par exemple, nos parents nous enseignaient de mettre notre main devant la bouche quand on éternuait ou on toussait. Les mains étant le plus grand vecteur dans le transport des microbes, nous recommandons aujourd’hui une nouvelle façon de faire : tousser ou éternuer dans le pli du coude ou le creux de l’épaule», souligne Dr Milette.
Les mains propagent 80% des maladies infectieuses courantes comme le rhume, la grippe et la gastro-entérite. Nous touchons tous les jours des centaines d’objets : poignée de porte, bouton d’ascenseur, téléphone, rampe d’escalier, etc., en plus de serrer les mains des personnes que nous côtoyons.
Un virus comme celui de l’influenza (la grippe) peut rester jusqu’à deux jours sur ces surfaces, ce qui signifie que plusieurs personnes peuvent être infectées. En toussant ou éternuant dans le pli du coude ou le creux de l’épaule, nous protégeons les autres en évitant d’infecter nos mains.
Le lavage des mains est le moyen le plus simple et le plus efficace pour prévenir les infections. Pourtant, une étude réalisée en 2007 par l’Association américaine de microbiologie révèle que 92% des gens disent se laver les mains après être allé à la toilette publique. Cependant, seulement 77% d’entre eux le font réellement.
Une autre recherche réalisée en 2006 par la Soap and Detergent Association démontre que 68% de la population se lave les mains d’une manière efficace.
Ces faits nous indiquent que près du quart de la population ne se lave pas les mains après avoir été à la toilette publique. De plus, parmi les personnes qui se lavent les mains, une personne sur trois ne se les lave pas correctement.
Les personnes âgées de plus de 60 ans, les enfants de moins de deux ans et les personnes atteintes de maladies chroniques sont considérés comme étant plus vulnérables à développer des complications à la suite d’un virus comme celui de la grippe.
Pourtant, on a encore tendance à banaliser la grippe, qui est souvent confondue avec le rhume. Alors que le rhume se caractérise davantage par l’écoulement nasal et les éternuements, la grippe peut causer de la forte fièvre, de la toux, de la fatigue intense, des maux de tête, des douleurs musculaires et perturber nos activités quotidiennes.
La grippe est beaucoup plus sérieuse que le rhume. Chaque année au Québec, la grippe affecte de 300 000 à 500 000 personnes. Entre 10 000 et 50 000 d’entre elles sont hospitalisées. 1 000 à 1 500 personnes vont décéder des complications de cette maladie.
La Direction de santé publique tient donc à rappeler à la population, l’importance de ne pas visiter ou côtoyer les personnes plus vulnérables quand on est malade (grippe, gastro-entérite et même le rhume).
Cette vigilance est de mise pendant la période des fêtes et encore plus dans les résidences pour personnes âgées et les hôpitaux, où la majorité des personnes sont plus faibles.
La vaccination est le meilleur moyen de prévenir la grippe. Depuis des années, la Direction de santé publique offre gratuitement et recommande aux personnes âgées, aux malades chroniques et aux enfants âgés de moins de deux ans de se faire vacciner. Les membres de la maisonnée peuvent également recevoir gratuitement le vaccin.
Le vaccin prévient la grippe chez environ 70 à 90 % des enfants et des adultes en bonne santé. Chez les personnes âgées ou les personnes ayant une maladie chronique, le vaccin diminue de façon importante les risques de complications (p. ex. : pneumonie), d’hospitalisation et de décès. Le vaccin est efficace contre l'influenza, mais il ne protège pas contre le rhume ou d’autres infections respiratoires.
Chaque personne peut contribuer à réduire la transmission des infections
La transmission des infections pourrait être réduite de beaucoup si chacun appliquait les mesures préventives pour éviter d’être malade et de transmettre ses microbes à d’autres personnes, particulièrement aux personnes âgées, aux malades chroniques et aux jeunes enfants. La pratique des bons gestes contribuerait à diminuer la surcharge saisonnière occasionnée au système de santé et à réduire le risque d'infections nosocomiales :
N’éternuez pas ou ne toussez pas dans vos mains, mais plutôt dans le pli de votre coude ou dans le creux de l’épaule ;
On ne le répétera jamais assez, lavez-vous les mains régulièrement ;
Évitez de visiter les personnes âgées, les malades chroniques et les enfants de moins de deux ans quand vous êtes malades. Leur système immunitaire est amoindri, ils risquent de développer de graves complications ;
Faites-vous vacciner contre la grippe, c’est le meilleur moyen de prévention. Les personnes âgées, les malades chroniques, les enfants âgés de moins de deux ans et les membres de leur maisonnée peuvent recevoir gratuitement le vaccin.
Si vous êtes malade, contactez une infirmière du service Info-Santé 811. Si toutefois vous devez vous rendre chez votre médecin ou dans un centre de santé et de services sociaux, soyez attentif aux consignes relatives à la prévention des infections (lavage de mains avec du savon et de l’eau ou avec le gel antiseptique, port du masque et section réservée au besoin).
Si vous avez la gastro-entérite, ne cuisinez pas (et ce jusqu’à 48 heures après les derniers symptômes). Vous éviterez ainsi de contaminer les aliments et surtout, ceux qui les consommeront.