Benoît Gervais manipule encore plusieurs dossiers «papier», une pratique qui sera peut-être révolue d'ici peu.
Fini les pattes de mouche!
Les dossiers des patients des GMF centricois de plus en plus informatisés
S'il existe actuellement un groupe de médecine familiale (GMF) à Montmagny devenu «sans papier», où tous les dossiers des patients sont montés par ordinateur, il n'en demeure pas moins que la région 17 figure à titre de précurseure dans l'informatisation des pratiques médicales. L'implantation du logiciel Omnimed promet un gain de temps et de sécurité.
Devant les plaintes répétées des médecins en raison de la lenteur du logiciel Medi-result, qui transmet les résultats de laboratoire, le Département régional de médecine générale (DRMG) avait reçu, en 2004, le mandat d'étudier différents systèmes de gestion d'information médicale existants sur le marché.
C'est alors que le choix s'est arrêté sur le logiciel Omnimed afin qu'il soit implanté dans tous les GMF de la région intéressés à l'utiliser.
Une dizaine de cliniques médicales au Centre-du-Québec ont à ce jour emboité le pas, soit deux à Drummondville, une à Saint-Léonard-d'Aston, trois dans la région de Victoriaville et deux aux environs de Nicolet-Bécancour. La Mauricie s'apprête aussi à suivre la tendance.
Avec ce logiciel, non seulement ces médecins peuvent recevoir les résultats de laboratoire rapidement, mais les données peuvent être présentées sous forme de graphiques, démontrant l'évolution de l'état de santé du patient.
De plus, les omnipraticiens peuvent avoir accès aux antécédents médicaux de leurs patients et faire des prescriptions électroniques, réputées pour être difficiles à lire pour le commun des mortels.
Une fois imprimées, les prescriptions comportent moins de risques d'erreur. «Ça permet de gérer plus d'informations de façon plus sécuritaire», a estimé Benoît Gervais, chef du DRMG.
Selon lui, il est clair que la médecine de famille efficace passe par des bureaux bien organisés. «L'information y est très importante», est-il convaincu.
Par exemple, s'il est appelé à remplacer un collègue, il peut rapidement obtenir le portrait du patient. Dans la même veine, en vertu d'ententes entre GMF, par exemple à Drummondville, la clinique de Saint-Nicéphore est appelée à prêter main-forte en traitant des patients venant d'autres GMF durant des périodes critiques.
«Omnimed devient une suite logique dans l'organisation du réseau. Ça devient un outil partageable», a noté M. Gervais. Attention, cependant, l'autorisation du patient est préalable.
Plus efficace = plus de patients
Grâce aux gains de temps que permet le logiciel, en évitant notamment des appels téléphoniques, des manipulations et des déplacements, M. Gervais avance que ce virage technologique se traduira par une possibilité de traiter davantage de patients.
Le chef du DRMG reconnaît toutefois qu'il a fallu faire preuve de patience avant que le logiciel soit fonctionnel. «C'est relativement jeune. Il faut s'habituer, s'acclimater. Présentement, ça marche très bien», a-t-il exprimé.
Des GMF préfèrent actuellement bouder son utilisation pour différentes raisons. «On ne veut pas forcer personne», a-t-il assuré.
Quelques régions sont aussi en mode informatisation, à l'exemple de Laval et du Bas-Saint-Laurent. Omnimed n'est pas non plus la seule référence. «Nous avons opté pour ce logiciel parce qu'en 2004, il nous semblait le plus approprié», a-t-il spécifié.
À noter que l'Agence de la santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec a apporté son soutien à la mise en place du logiciel et d'interfaces.
Cette nouvelle façon de gérer l'information s'inscrit aussi dans la vague de «Dossier santé Québec», le projet d'informatisation majeur en santé au Québec, dont l'implantation est prévue en 2010.
Pratiquement partout où un patient utilisera sa carte d'assurance-maladie, les professionnels de la santé auront accès, sous certaines réserves, à l'information médicamenteuse, de laboratoire, de radiologie, etc. de son dossier.
«Ça va pouvoir éviter à un patient de passer plusieurs fois le même test», a indiqué M. Gervais, qui représentera également la région au Réseau de soutien et de validation par les pairs (RSVP) dans le présent projet.