Les Québécois sont heureux…malgré tout!
Les Québécois se disent très (26%) ou plutôt (62%) heureux malgré le fait qu’ils ne sont pas en aussi bonne santé qu’ils le devraient, que leurs revenus ne sont pas aussi élevés qu’ils le désireraient et que leurs gouvernements ne répondent pas aux besoins de la société aussi bien qu’ils le souhaiteraient.
Voilà ce qui ressort d’un sondage mené à l’hiver 2007 sur l’état de bien-être de la population du Québec par la firme Léger Marketing pour le compte des Productions Virage et de l’Institut du Nouveau Monde (INM).
Les résultats de ce sondage, réalisé par Internet auprès de plus de 2 000 personnes de 16 ans et plus, font l’objet d’un dossier spécial publié en primeur dans l’édition 2008 de L’Annuaire du Québec, qui vient de paraître aux Éditions Fides.
«Bien sûr, le bonheur est une notion très relative, commente le directeur général de l’INM, Michel Venne. Ce sondage est l’un des éléments d’un projet de recherche, le Projet Bonheur, que nous menons pour découvrir les conditions qu’une société doit produire pour favoriser le bonheur des individus et vérifier jusqu’à quel point la société québécoise réunit ces conditions.
Nous l’avons structuré de manière à vérifier auprès des répondants quelles sont, selon eux, les conditions du bonheur individuel et quelles sont les conditions du bonheur collectif. Nous avons ensuite testé leur niveau de confiance en l’avenir et envers leur communauté», explique-t-il.
Selon les répondants, quatre éléments sont plus importants que les autres pour déterminer le bonheur : la santé, la famille et l’amour (une vie de couple réussie), la sécurité financière et le travail. La notion de sécurité ressort largement comme déterminante du sentiment de bien-être pour un individu.
Le sondage révèle, entre autres, que l’on retrouve une proportion plus élevée de gens heureux parmi les personnes de 55 ans et plus, chez ceux qui ont des enfants, ceux dont le revenu dépasse les 60 000 $ par année et ceux qui résident dans la région... Centre-du-Québec!
«Notre intention n’est pas de jouer le jeu des palmarès, souligne M. Venne. Partout dans le monde, les indicateurs de qualité de vie deviennent des outils pertinents de politiques publiques qui sont de plus en plus utilisés.
Le niveau de satisfaction varie évidement selon la société où vivent les individus. C’est d’ailleurs dans les pays caractérisés par de hauts niveaux de confiance envers autrui et envers les gouvernements que la satisfaction est la plus élevée.»
Dans un livre à paraître en 2008, l’Institut du Nouveau Monde proposera une analyse plus fine des résultats du sondage, en les comparant notamment à ceux d’autres enquêtes menées ailleurs dans le monde et tentera d’évaluer le niveau de réussite de la société québécoise à réunir les conditions qui font le bonheur des gens.
Une quinzaine de spécialistes de l’étude des indicateurs de qualité de vie expliqueront quels sont les principaux déterminants sociaux du bonheur ou, comme le disent les chercheurs, du bien-être de la population.