«Vous n’avez pas saisi l’occasion...»
Nous constatons avec satisfaction que, par votre lettre aux catholiques du Québec, vous avez fait un effort louable pour tendre la main aux gens d’ici. Vous leur avez fait assez confiance pour leur lancer un «cri du coeur», comme vous avez qualifié votre initiative dans une entrevue, le 22 novembre, à Rome.
Mais nous voulons aussi vous exprimer, avec respect, un regret. Dans sa lettre aux Colossiens, l'apôtre Paul fait deux recommandations : «Trouvez la juste attitude envers les non-chrétiens. Saisissez l'occasion.» (Col 3,5). Or, dans votre lettre aux catholiques du Québec, vous n’avez, malheureusement, ni trouvé la juste attitude envers les Québécois ni saisi l'occasion.
Vous n’avez pas saisi l'occasion de la Commission Bouchard-Taylor pour dire exactement ce que vous souhaitiez : l’enseignement religieux à l'école, oui, mais pas pour autant par l'école.
Quant à demander pardon pour tout le mal fait par les catholiques et certaines autorités épiscopales, c'était prématuré en novembre. Il aurait été plus pertinent d’attendre le carême et le Congrès eucharistique international.
Votre lettre du 21 novembre est donc arrivée trop tard et trop tôt. Dans les deux cas, Mgr Ouellet, vous n'avez pas saisi l'occasion. C’est comme si votre lettre avait été écrite dans l’éternité. Mais une lettre hors du temps n’est-elle pas une lettre hors de propos?
Vous n’avez pas trouvé non plus la juste attitude envers les Québécois, malgré votre courageuse confession. Vous vouliez vous approcher d’eux, mais eux ont reculé. Pourquoi? Ce n’est pas d’abord à cause des contradictions entre vos demandes de pardon et les pratiques de l’Église concernant, notamment, les femmes, les homosexuels et les personnes divorcées-remariées.
C’est la suffisance de vos propos qui a fait problème. Votre lettre donne l’impression d’un homme qui ne s’est jamais trompé. Une impression confirmée par votre réaction, le 22 novembre, à Rome, à la tempête que vous avez soulevée.
Si vous avez été peiné des réactions négatives, vous n’avez pas paru en être désolé. Au contraire, vous avez dit que votre initiative porterait à la longue de bons fruits.
Monsieur le Cardinal, nous souhaitons que votre prochaine lettre, pour laquelle nous prions, prenne pleinement en compte celle de l’apôtre Paul aux Colossiens.
Robert Hotte
Yvon Leclerc
Gérard Marier
Jean Marineau
Mariette Milot,
Marc Poirier
Jean Sabri
Forum André-Naud, Nicolet-Trois-Rivières