Beaucoup de jeunes solidaires manquaient à l’appel, samedi au Cégep de Victoriaville, alors que Solidarité Nord-Sud tenait son premier Festival Jeunes Solidaires pour la région, dans le cadre des 11e Journées de la solidarité internationale. Comme les absents ont toujours tort, les quelques jeunes filles présentes ont eu bien raison de se déplacer, car elles ont pu profiter d’un atelier de danse «Gumboots» et participer à des échanges de qualité autour du thème de l’exploitation minière et forestière.
«Seulement 15 des 40 participants inscrits sont venus participer à la journée. Mais on a eu la qualité!», a lancé en riant l’assistante à la mission éducative, Maude Lauzière-Dumas. Cette dernière avait sillonnée les routes de la région pour remettre une cinquantaine de trousses sur la thématique auprès des Établissements Verts Bruntland et d’autres écoles secondaires. Tous les jeunes sur son passage, ont semblé très touchés par la cause. «Quand les étudiants se lèvent et me disent qu’il existe des inégalités et qu’il faut en parler, je vois qu’on a réussi à faire bouger les choses. Ça, c’est ma paye!»
Les jeunes filles, toutes de niveau secondaire, étaient en pleine séance de «Gumboots», la danse des mineurs originaire d’Afrique du Sud. «Nous trouvions que c’était une façon dynamique et originale de sensibiliser les jeunes au thème de l’exploitation des travailleurs dans l’industrie minière.» Cette danse a été inventée par les mineurs qui, suite aux nombreuses blessures infligées alors qu’ils travaillaient pieds nus, ont finalement reçu des bottes de caoutchouc de la part des employeurs.La danse se rythme sur le modèle question-réponse : un ouvrier part le bal en frappant un ou plusieurs coups et les autres répondent.
Avant l’atelier de danse, les participantes ont visionné un documentaire intitulé «Le prix de l’or». Il y a eu beaucoup d’échanges, par la suite. «Les filles ont été particulièrement frappées par l’impact négatif qu’avait l’exploitation d’une mine d’or sur son environnement, mais surtout sur le taux de natalité dans les villages environnants», remarque Mme Lauzière-Dumas.
Le documentaire, tourné dans les mines de Sadiola au Mali, n’est pas sans rappeler celui réalisé par Alexandra Sicotte-Lévesque, «Quand le Silence est d'or ». Ce dernier porte principalement sur l'incidence néfaste des compagnies minières canadiennes au Ghana, également en Afrique. «60% des compagnies minières qui exploitent présentement sont enregistrées comme étant canadiennes. Les mauvaises conditions qui y sont de plus en plus mises à jour contribue à ternir l’image du Canada à l’étranger. Il est temps de faire pression sur le gouvernement afin qu’il réagisse», conclut la représentante de Solidarité Nord-Sud des Bois-Francs.
En fin de journée, le groupe a créé une mosaïque partant du thème discuté, qui viendra se joindre aux autres pièces réalisées à travers le Québec, le 18 novembre prochain à Montréal.
Il est trop tôt pour décider si la formule adoptée cette année est à revoir, car plusieurs facteurs peuvent entrer en ligne de compte. Dans l’ensemble, l’organisme est satisfait des discussions engendrées durant l’événement. Pour les absents et pour tous ceux qui ressentent le besoin d’agir, deux moyens sont présentement à votre portée : participer à la campagne citoyenne de reboisement en Haïti
www.ondortcommeunebuche.com) ou vous procurer la carte postale de Développement et Paix (disponible chez Solidarité Nord-Sud) destinée au premier ministre Harper, afin qu’il crée un poste d’ombudsman indépendant pour le secteur de l’exploitation minière canadienne à l’étranger.