La tuberculose : une maladie qui fait partie de notre histoire
L’année 2008 soulignera les 100 ans du combat que mène l’Association pulmonaire contre la tuberculose. C’est en effet en 1908, alors que la maladie fait des ravages parmi les plus démunis, que la première campagne des Timbres de Noël est lancée. Les fonds ainsi amassés contribuent à la construction des sanatoriums où sont soignés les tuberculeux.
Du début du siècle jusqu’aux années 40, la tuberculose, cette maladie que l’on appelle aussi peste blanche, est considérée comme une maladie mortelle et l’on compte plus de 7 000 cas par année au Canada. Maladie de la pauvreté, elle se répand dans les milieux populaires posant de graves problèmes de santé publique.
Bien que mieux contrôlée par l’arrivée d’antibiotiques et de conditions de vie plus salubres, il reste qu’en 1968, 1 738 personnes atteintes de tuberculose ont été traitées au Québec.
Malgré tout, ce sont encore les gens vivant dans les quartiers les plus démunis qui en sont le plus affectés. Ainsi, cette année-là, on a dénombré 124 cas par 100 000 personnes dans le quartier Saint-Jacques à Montréal tandis, qu’à la ville de Westmount, le ratio n’était que de 4/100 000. Les mauvaises conditions de salubrité favorisent encore l’éclosion de la maladie.
Encore aujourd’hui, on dénombre environ 2 000 cas par année au Canada. Près de 400 personnes en sont touchées au Québec dont environ 150 à Montréal.
Malheureusement, les Autochtones et les immigrants réunis, représentent la majorité des cas diagnostiqués au pays. À l’échelle mondiale, on estime que près du tiers de la population est infecté par le virus.
Le Canada a joué un rôle clé dans la lutte contre la tuberculose et est devenu un modèle international pour le contrôle du bacille de Koch, la bactérie responsable de cette maladie.
C’est grâce à cette lutte, à la découverte de nouveaux médicaments, aux mesures prises par les départements de santé publique, à l’éducation et à l’amélioration des conditions de vie de la population que le pays affiche actuellement l’un des plus faibles taux de tuberculose dans le monde.
Mais qu’en était-il de ces conditions de vie pour les milliers de tuberculeux qui ont dû se résigner à passer des semaines, voire des mois dans un sanatorium?
Quels impacts a eu la tuberculose sur le quotidien des familles affligées? Jusqu’à quel point leur avenir en a-t-il été perturbé?
Quelles traces indélébiles la tuberculose a-t-elle laissées dans le cœur des Québécois?
Et alors que nous la considérions comme vaincue dans les pays industrialisés, elle resurgit au début des années 1990 sous une forme encore plus virulente. Comment vit-on la tuberculose de nos jours?
Commémoration
Ce sont pour toutes ces raisons que la tuberculose, cette grande tueuse du passé, fait malheureusement partie de notre histoire. C’est pourquoi l’Association pulmonaire tient à commémorer les 100 ans des Timbres de Noël et de la lutte contre la tuberculose en rendant publique l’histoire de ces familles, de ces individus qui ont vu, ou voient encore, leur vie basculée par la maladie, par l’isolement, par la perte des êtres chers.
Toute personne qui a vécu, de près ou de loin, les ravages de cette terrible maladie, est invitée à communiquer avec l’Association pulmonaire. Que vous ayez été tuberculeux, parents, amis, personnel soignant, bénévoles, tous vos témoignages sont les bienvenus. C’est avec respect que nous dévoilerons les souvenirs qui ont marqué vos vies.