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Une deuxième carrière qui demande du souffle

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Article mis en ligne le 8 octobre 2007 à 9:28
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Une deuxième carrière qui demande du souffle
Mario Carrier et ses «larmes d’ange»
Une deuxième carrière qui demande du souffle
Mario Carrier, artiste d’Inverness, exerce maintenant la profession de souffleur de verre à plein temps.
Après avoir vérifié la solidité de son intérêt en suivant une formation de fins de semaine à l’école Espace Verre de Montréal, Mario Carrier a décidé de vendre ses parts de la compagnie de production de canneberges à ses associés pour se consacrer exclusivement à cet art.

«Après 12 ans à beaucoup travailler dans la compagnie, j’ai constaté que j’avais le goût de faire autre chose, de relever un nouveau défi. Depuis toujours, je suis touché, impressionné et fasciné par la transparence et la noblesse du verre.»

Il a construit son atelier en annexe de sa maison d’Inverness. Le deuxième étage de son atelier sera aménagé en salle de montre au cours des prochaines semaines. Il y crée des œuvres uniques, car il est impossible pour un souffleur de reproduire deux pièces absolument identiques, et offre des ateliers aux adeptes de cet art.

«Je travaille avec une variété de techniques et tous les médiums afin de trouver des superpositions de couleurs applicables au verre. En plus du verre soufflé, je travaille également la pâte de verre, le thermoformage, le verre coulé et le vitrail pour fabriquer des objets décoratifs ou utilitaires. De la rigidité à la fluidité, de la transparence à l’opacité des couleurs en passant par les formes… les possibilités du verre sont infinies. Une œuvre peut être produite en vingt minutes et d’autres peuvent exiger plusieurs semaines de travail. Je travaille beaucoup sur commande à partir de la forme, de la couleur et de la dimension souhaitée par le client.»

Il a confectionné des vases à fruits, des pièces de lustres et des «larmes d’ange» qui apportent la santé à ceux qui les suspendent à une fenêtre. Il fabrique également des œuvres en tandem avec sa conjointe, la peintre et sculpteure Marie-Claude Demers. L’union du bronze et du verre donne des pièces uniques d’une grande pureté esthétique.

Sa jeune carrière va bien, il prévoit être en mesure d’en vivre d’ici un an. Il crée tout au long de l’année, mais la grosse saison débute à la fin de l’été avec les expositions : Prévost, Rawdon, Nicolet, Baie-du-Fèvre et le Salon des Artisans de Québec qui se tiendra à la mi-décembre.

Il a d’ailleurs été récompensé pour la qualité de son travail en étant le récipiendaire du «Prix Persévérance Monique Guay», du nom de la députée de l’endroit, dans le cadre de l'événement «L'En Verre du décor» qui avait lieu dans les Laurentides.
Inverness, un lieu propice à la création
L’artiste, natif de Sorel mais qui a habité un peu partout au Québec, est venu s’installer à Inverness pour être à proximité de son travail dans l’industrie de la canneberge. Même s’il a opté pour une autre carrière, il ne prévoit pas déménager pour autant.
«Il y a une belle qualité de vie ici. C’est tranquille et il y a moins de compétition. Je vais vendre dans les villes afin de rejoindre la clientèle. Le gros réseau est évidemment Montréal et Québec, mais il y a des circuits intéressants à développer entre les deux. Il faut cependant accepter de beaucoup voyager pour se faire connaître.»

La décision de devenir souffleur de verre ne se prend pas à la légère. Il faut un équipement spécialisé composé de trois pièces maîtresses : un four mère qui chauffe au-delà de 2 200 degrés F pour liquéfier le verre jusqu’à ce qu’il ait la texture du miel; la canne à souffler avec laquelle le souffleur va cueillir la boule de verre en fusion sur laquelle il applique la couleur et qu’il arrondit avec des outils pour ensuite passer à l’étape du soufflage; l’air introduit dans la canne, puis emprisonné en bouchant l’extrémité, dilate le la boule de verre et permet de lui donner des formes; un autre four, le glory hole, permet de maintenir le verre à 2 500 degrés F, température idéale pour le travailler. Pour être manipulée sans risque de bris, la pièce doit être maintenue à plus de 1 000 degrés. Une fois terminée, la pièce prendra une quinzaine d’heures à refroidir complètement.

Les personnes intéressées à visiter l’atelier de Mario Carrier peuvent prendre rendez-vous au 418 453-3351.

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