Les membres de la société d’histoire devant la cheminée: Jean-Paul Gagnon, Micheline Champoux, Benoît Cloutier et Guy Dickner. Sandra Vigneault était absente au moment de la photo.
Les meubles de la Maison Cormier reprennent leur place… pour deux jours
Les journées de la culture ont été une excellente occasion pour ouvrir la maison Cormier, maintenant la propriété du Ministère de la santé, au public et d’y exposer plusieurs pièces de son mobilier d’origine. Autour de 250 personnes en ont profité.
Les Sœurs de la Charité de Québec tenaient à ce que ces meubles reviennent à Plessisville. Ils les ont offert à la Société d’Histoire qui a accepté de les exposer pour les journées de la culture et qui verra à ce qu’ils profitent à la communauté. Cet ameublement compte plusieurs fauteuils de salon, un miroir ouvragé et une horloge.
Plusieurs personnes ont exprimé le désir que ces meubles reviennent en permanence dans cette maison admirablement conservée et que des activités culturelles s’y tiennent. Les papiers peints, les boiseries, les grilles devant les radiateurs et les lustres datent de 1885. On souhaiterait évidemment réunir ces trésors patrimoniaux et les mettre en valeur si le CLSC venait à quitter l’édifice.
Don à la Société d’Histoire de Plessisville
Benoît Cloutier, président de la Société d’Histoire de Plessisville, s’est dit très heureux que les religieuses aient offert ces meubles à son organisme. «Ça nous donne une belle visibilité. Quand nous aurons nos nouveaux locaux plus spacieux, nous allons tenter de recréer le décor et l’atmosphère qu’ils dégagent ici pour les mettre en valeur. Ces meubles ont besoin de restauration. Ce sont des meubles de musée qu’on doit admirer et non utiliser car, avec l’âge, ils sont fragiles.»
Monsieur Cloutier a profité de l’occasion pour inviter les gens qui possèdent des photos et autres objets anciens, dont ils veulent se départir, à penser à les offrir à la Société d’Histoire. «Nous avons maintenant un numériseur qui nous permet de reproduire les photos et les documents et de rendre les originaux à leurs propriétaires. C’est important de ne pas perdre ces documents qui authentifient les faits. Il faut des preuves écrites, autrement bien des vérités deviennent des légendes et non de l’histoire. Si des gens intéressés à l’histoire et au patrimoine veulent se joindre à nous, nous serions très heureux de les accueillir.»
Les Cormier
Charles Cormier et son fils Napoléon Charles ont été des figures de proue de Plessisville. Marchands et politiciens, ils ont également contribué à mettre sur pied la fonderie et la compagnie d’électricité. Leur maison a d’ailleurs été la première à avoir l’électricité.
En 1918, la veuve de Charles Cormier a vendu sa maison 10 000 $, alors qu’elle en valait 20 000 $, au marchand Louis Gosselin à la condition qu’elle devienne un hôpital pour les malades et les personnes âgées et que la direction soit confiée à des religieuses. Madame Cormier exigeait également garder deux pièces à sa disposition pour le reste de sa vie, ce qui fut fait.
À la mort de Monsieur Gosselin, en 1940, les religieuses sont devenues propriétaires des biens immobiliers et mobiliers. L’édifice comportait un hôpital avec service de chirurgie et une maison de convalescence. En 1926, un agrandissement de cinq étages permit d’y greffer un nouvel hospice, un sanatorium pour 30 tuberculeux et de porter le nombre de lits de l’hôpital à 100. On agrandit de nouveau en 1932, lorsque le nombre de tuberculeux passa à 231 puis encore en 1940. Quatre ans plus tard, 16 médecins pratiquaient à l’hôpital. La venue de l’assurance-hospitalisation, en 1961, entraîna la création d’un conseil d’administration et d’une corporation et la fermeture du centre d’accueil. Les dames âgées ont été déménagées dans la Maison Cormier. La nouvelle corporation est devenue le Centre hospitalier de Plessisville Inc. qui fut fermé par le ministère en 1972 pour être remplacé par un CLSC. Les religieuses ont quitté en 1973. L’édifice a été démoli en 1978 et la Maison Cormier abrite les bureaux du CLSC.
Quelques statistiques intéressantes : c’est en 1951 qu’il y eut le plus de religieuses en service à l’hôpital de Plessisville, soit 20. Le nombre de personnes âgées hébergées à l’hôpital a culminé en 1931 avec 45 et 3 773 malades ont été traités durant l’année 1969.