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De Marcel Ouimet à René Lévesque Les correspondants de guerre canadiens-français durant la deuxième guerre mondiale

Article mis en ligne le 27 septembre 2007 à 15:25
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De Marcel Ouimet à René Lévesque

Les correspondants de guerre canadiens-français durant la deuxième guerre mondiale
La Deuxième Guerre mondiale fut et reste la guerre la plus meurtrière de l’histoire, avec un nombre très élevé de pertes humaines. Au cœur de l’action, des correspondants de guerre canadiens et leurs confrères alliés couraient constamment le risque d’être blessés ou tués sur le champ de bataille. En couvrant les opérations militaires sur les différents fronts, les correspondants ont payé un lourd tribut à l’exercice de leur métier et, pourtant, leurs noms ne sont pas connus du grand public. Sur près de 120 journalistes canadiens qui ont grandement contribué à façonner leur profession, une dizaine de correspondants canadiens-français, principalement du réseau français de Radio-Canada, ont laissé des reportages et des dépêches qui ont aujourd’hui une valeur patrimoniale.

En avril 1940, c’est Gérard Arthur, envoyé par le réseau français de Radio-Canada sur la ligne Maginot, qui pose les premiers jalons du reportage de guerre francophone. Mais Marcel Ouimet a été le fer de lance du réseau français grâce à ses nombreux reportages au style vivant, avec le crépitement des mitrailleuses en bruit de fond. Il couvre le débarquement sur les plages de Normandie avec les hommes du Régiment de la Chaudière le matin du 6 juin 1944, et son reportage ce jour-là constitue, lui aussi, un moment historique dans le domaine journalistique. Cet ouvrage relate également les premiers pas professionnels de René Lévesque, alors correspondant de guerre à Londres où il fait partie de ces journalistes qui, pour annoncer les actions clandestines au maquis français, débitent ces fameux messages codés : « Un ami viendra ce soir » ou « Les carottes sont cuites » !

Pour reconstituer l’histoire des correspondants de guerre, Aimé-Jules Bizimana a consulté non seulement les archives officielles et les archives familiales, mais aussi les journaux et les magazines de l’époque. Consacré exclusivement à l’univers de la radio et à ses artistes, le magazine Radiomonde a ainsi été une source de premier plan. La couverture de la guerre entraînant au passage l’essor de l’information de Radio-Canada, ce livre se trouve aussi à retracer l’évolution du service des nouvelles de CBF et de ses techniques. Les archives militaires ont également fourni au chercheur des renseignements précieux sur le travail des correspondants de guerre et sur l’organisation des services de relations publiques de l’armée canadienne en campagne.

Un chapitre est consacré au contrôle de l’information, car, en temps de crise nationale, les rédacteurs en chef devaient, d’une part, empêcher la divulgation de renseignements susceptibles de servir à l’ennemi, et, d’autre part, s’assurer que les nouvelles défavorables ne soient pas transmises dans les bulletins d’information pour éviter le découragement des soldats et de la population.

Dans ce magnifique essai, abondamment illustré de photos de l’époque, on découvre la vie quotidienne de ces journalistes pas comme les autres, leurs conditions de travail éprouvantes et les risques énormes qu’ils prenaient pour que les Canadiens soient malgré tout informés jour après jour.



Ancien journaliste, Aimé-Jules Bizimana est chercheur au Groupe de recherche interdisciplinaire sur la communication, l’information et la société (GRICIS) et chercheur associé à la Chaire Hector-Fabre d’histoire du Québec à l’Université du Québec à Montréal.

Ses recherches portent sur les pratiques journalistiques et les enjeux de la communication en temps de guerre.
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