Todor s’adressant à l’assistance rassemblée devant le Grand Union.
«Si on m’offre d’être le porte-parole pour les années à venir, je vais accepter.»
Derrière le personnage de Todor Bouchonneau dit Des Bouchons il y a René Caron qui a accepté d’emblée l’offre de Gaétan St-Arnaud venu le rencontrer chez lui à Montréal pour lui proposer d’être le porte-parole des Fêtes Victoriennes.
«Alors qu’il était enfant Gaétan St-Arnaud regardait Les Belles Histoires qui se passent à l’époque victorienne. Cette série a marqué le Québec. C’est très valorisant de rencontrer des jeunes de 15 ans qui connaissent Les Belles Histoires avec les reprises à la télé. C’est extraordinaire que ça suscite de l’intérêt après 50 ans, même si la technologie a beaucoup évolué.»
Il considère que cet intérêt tient à la qualité des textes et à la richesse des personnages.
«J’ai aimé ce personnage de Todor. Monsieur Grignon a écrit des textes dans un excellent français avec des paroles fortes, de beaux rôles qui accrochent avec une intrigue qui prône des valeurs. Il avait un grand sens de l’humour. Il a exploité le fait que Todor changeait les mots par un autre ressemblant mais dont le sens était totalement différent. Il a fait partie de la dernière génération d’auteurs qui ont écrit des rôles pour les personnes âgées. Aujourd’hui, quand on a un rôle pour une personne âgée, on vieillit un jeune avec une perruque. Dans chacun des épisodes il y avait un message moral. On y a décrit les méfaits des sept péchés capitaux. Aujourd’hui il n’y a plus de morale, plus de modèles positifs.»
C’est avec nostalgie qu’il a mentionné que des 35 comédiens du téléroman, il n’en reste que cinq ou six. Sa belle grosse Georgianna a été l’une des premières à quitter ce monde. «Elle avait très peu d’expérience, un peu de théâtre amateur seulement.»
Président du jury du Concours de la Grande Menterie victorienne, il a bien apprécié son expérience. Il considère que cette première édition est très prometteuse et a tout ce qu’il faut pour devenir une grande attraction.
«Les Fêtes Victoriennes rejoignent les gens d’âge moyen et les plus âgés mais il faut susciter l’intérêt des jeunes. Il faut les rejoindre pour leur rappeler nos brides d’histoire qui sont valables et négligées. Nos ancêtres ont fait preuve de courage et d’héroïsme. Aujourd’hui tout est tellement facile. Il faut reconnaître ce qui est méritoire dans le passé et l’imiter. Le fait de jouer des scènes humoristiques basées sur des faits historiques est un bon début pour intéresser les jeunes.»
L’homme derrière Todor
Très actif, René Caron a repris le personnage de Todor lors d’événements à la Maison historique Saint-Gabriel, emplacement où a oeuvré Marguerite-Bourgeoys, à Montréal.
«Je ne fais pas vraiment de promotion pour offrir mes services. Monsieur Lemieux, président des Fêtes Victoriennes, est convaincu que l’apport de Todor peut contribuer au succès de l’événement. Si on m’offre d’être le porte-parole dans les années à venir, je vais accepter.»
Il considère que la concurrence est féroce tellement il y a des festivals partout.
«Les Fêtes Victoriennes peuvent prendre une plus grande ampleur locale, régionale et même provinciale avec un bon marketing. Cette année nous avons fait de la publicité à la radio et à la télé. Il y a beaucoup de gens des Bois-Francs installés ailleurs pour qui ce serait une belle occasion de revenir. Ça pourrait aussi être l’occasion de retrouvailles de grandes familles originaires de la région. Ma sœur a épousé un Houle de Victoriaville, il y en a beaucoup de Houle ici. Le plus grand mérite de cet événement est que c’est fait par des bénévoles qui fonctionnent avec presque pas de budget. Les autorités locales devraient collaborer encore plus car l’événement est appelé à un bel avenir. Les nouveautés ont connu un grand succès. Gaétan St-Arnaud est avide d’histoire et il va trouver des idées nouvelles qui vont enrichir la programmation.»
La violence chez les jeunes
René Caron est porteur d’une autre cause: la banalisation de la violence dans les loisirs des jeunes que ce soit à la télé, au cinéma ou dans les jeux vidéos.
«Il y a un jeu vidéo où on gagne des points en tuant des gens et quand on tue une femme enceinte, les points doublent. Et il y a des parents qui achètent ça à leurs enfants! C’est immoral et dégradant.»
Cette situation le préoccupe depuis 48 ans et il parcourt le Québec pour promouvoir le respect et la non-violence pour le mouvement TROP (Travail de réflexion pour des ondes pacifiques à la télévision) dont le conseil d’administration est formé de membres de Clubs Optimistes, de Chevaliers de Colomb et de membres de la CSQ.
Entre les animations dans les écoles et les prestations de Todor, René Caron, qui aura 81 ans en décembre, se porte à merveille.