Todor Bouchonneau, président du jury, Lucie Bisson, récipiendaire du Coup de Cœur du jury et Yves Payette grand gagnant du Concours de la Grande Menterie victorienne.
Le défilé victorien et les discours ont attiré une foule sans précédent
Les concepteurs et les organisateurs des Fêtes Victoriennes avaient toutes les raisons de se réjouir en voyant la foule considérable assister aux activités de samedi. Le Concours de la Grande Menterie victorienne a également connu une première plus que prometteuse.
Plusieurs centaines de personnes éparpillées sur le boulevard Bois-Francs et la rue Notre-Dame ont pu admirer les atours des belles dames, les élégants messieurs auxquels se sont mêlés les enfants et les gens du peuple.
Ils se sont ensuite massés devant le Grand Union afin d’écouter les discours des notables. Plusieurs se sont pris au jeu en criant des remarques aux orateurs.
Paul Tourigny, homme d’affaires prospère et maire de Victoriaville, a vanté les mérites de sa ville en matière d’hygiène et de prospérité non sans «salir» sa voisine Arthabaskaville. Le maire d’Arthabaskaville, Georges Gendreault, qui était parmi les spectateurs, ne s’est pas gêné pour répliquer.
Wilfrid Laurier est ensuite venu exhorter ses concitoyens de se laver pour limiter les effets des épidémies qui tuent un enfant sur trois avant ses cinq ans. «Le savon sauvera le Canada français!», a-t-il déclaré en conclusion.
Monseigneur Gravel est ensuite venu tempérer cette nouvelle frénésie de la propreté. «Éviter les frottements prolongés qui peuvent générer des pensées impures pouvant mener à la jouissance. Soignez votre corps dans sa totalité avec le secours de la prière pour éloigner la tentation. J’ai recommandé à votre curé d’assister au discours de cette femme de Montréal qui viendra vous parler des nouveaux préceptes d’hygiène. Tant qu’aux hommes qui iront au bal, gardez les yeux hauts afin de ne pas tomber dans la concupiscence!»
Vous mentirez tant!
Cinq menteurs ont relevé le défi et participé au Concours de la Grande Menterie victorienne.
Isabelle Crépeau de Deux-Montagnes a raconté sa rencontre avec Toulouse Lautrec qui a fait son portrait et l’a entraînée au Moulin Rouge où elle a rencontré les artistes du temps. Mais ce beau voyage dans les vieux pays n’était qu’un songe…
Raymond Laroche de Chesterville, dans un vocabulaire imagé et juteux, a raconté l’une des légendes de son village natal: l’aubergiste «catholique à gros grains et de monture facile» dont la dépouille a été refusée autant par le Diable que le Bon Dieu…
Michel Leblond de Trois-Pistoles voulait raconter le voyage de ses ancêtres partis en Californie pour trouver de l’or puis son récit a dévié sur la découverte de ses véritables origines. Son véritable ancêtre Arthur O’Connor, un Irlandais, aurait tenté de tuer la reine Victoria en 1872! Il est reparti soulagé d’obtenir le pardon de l’auditoire.
Lucie Bisson de Vaudreuil a fait rire l’assistance et été très applaudie en racontant, avec emphase, son calvaire d’épouse de ronfleur. Elle a fait la démonstration d’un article miraculeux qui a sauvé son mariage puis… a offert d’en vendre. Sa performance lui a valu le Coup de Cœur du jury présidé par Todor Bouchonneau dit Des Bouchons en personne!
C’est finalement Yves Payette de Notre-Dame-de-Lourdes qui a remporté la bourse de 200 $ en racontant ses mésaventures alors qu’il s’était perdu dans une tempête de neige et fut attaqué par une meute de loups en allant voir sa belle Philomène. Il a présenté un grand numéro d’acteur et de conteur avec un récit plein de détails savoureux avec une conclusion percutante.
Todor Bouchonneau, en annonçant les gagnants, a mentionné que les cinq compétiteurs, dont c’était une première pour certains, avaient tous été très bons. Le maintien, les effets, le contenu, le débit, la couleur, l’aplomb et la voix ont été évalués et le jury a été unanime dans son verdit, autant pour le gagnant que pour le coup de cœur.