Les passions de Guy Samson
Bien assis devant un café, Guy Samson a près de lui deux objets qui représentent bien ses passions : un livre et un appareil photographique. Justement, le dernier livre qu'il a écrit, en 2005, vient tout juste d'être publié aux Presses internationales Polytechnique.
Il s'agit d'une biographie autorisée de l'ingénieur Bernard Lamarre et pour l'auteur, c'est le 28e livre qu'il a écrit. «J'ai eu un téléphone lundi, m'annonçant qu'il était publié», explique-t-il. Après toutes ses années, il doutait que le livre ne se retrouve jamais sur les tablettes.
«Quand j'ai écrit ce livre, au printemps 2005, j'étais en burn-out. J'avais écrit 25 de mes 27 livres en 5 ans», souligne-t-il. C'est donc dans un état d'esprit tout particulier qu'il a accepté ce contrat de biographie avec ce grand bâtisseur québécois. «L'éditeur voulait faire une série de livres sur les ingénieurs du Québec et Bernard Lamarre représentait un bon point de départ», raconte Guy Samson. Le nom de Bernard Lamarre est associé à plusieurs constructions impressionnantes comme le Stade olympique, la place Bonaventure, le complexe Desjardins, l'autoroute Ville-Marie, le 1 000 de la Gauchetière, le pont-tunnet Louis-Hippolyte-Lafontaine, les barrages de la Baie James.
Pour faire son travail, l'auteur n'a bénéficié que de deux entrevues de trois heures chacune, seul avec son sujet. S'est ajouté à cela une troisième rencontrer cette fois en compagnie de l'éditrice. «J'aurais pu passer 50 heures avec lui. À mesure que tu connais le personnage et l'apprécies, il y a d'autres choses à explorer», a-t-il remarqué.
Tout de même, c'est à partir du résultat des trois entrevues ainsi qu'avec les recherches qu'il a effectuées que Guy Samson a livré la marchandise. «Le grand défi de ce livre aura été la logistique pour rencontre M. Lamarre, puisque je venais de déménager à Victoriaville. Il a aussi été difficile d'obtenir de l'information sur M. Lamarre puisqu'il y a des parties de sa vie où il ne voulait pas s'aventurer», se souvient-il.
Cette biographie est le 17e titre qui porte le véritable nom de l'auteur, puisque pour tous les autres livres, c'est sous différents pseudonymes que Guy Samson a écrit. Si au début il utilise le pseudonyme de Philippe E. Dantès, c'est qu'il a écrit sur les fantasmes. Après trois ans et une vingtaine de titres, on lui a suggéré d'utiliser d'autres pseudonymes puisqu'il était très prolifique.
Il est alors devenu Sybil Martin, Agatha Miller, Charles McNeil et Henri Miller avant de redevenir Guy Samson. «On m'avait même suggéré d'utiliser des pseudonymes à consonance anglo-saxonne parce que c'était plus vendeur», note-t-il.
Il lui a fallu quelque temps pour se rendre compte que l'utilisation d'autant de pseudonymes ne faisait que diluer sa renommée puisque les lecteurs ne savaient pas que les 6 auteurs n'étaient en fait qu'une seule et même personne.
La photographie
À la suite de son épuisement professionnel, l'auteur est demeuré deux années sans écrire. «J'ai recommencé il y a un an, à retravailler un roman commencé il y a plusieurs années. En fait, il s'agit de deux romans. Le premier sera une auto-biographie d'Henri Miller, cet auteur à l'antithèse de Guy Samson et le second un thriller qui porte pour le moment le titre: Comment j'ai assassiné Henri Miller», raconte-t-il. Cette écriture lui permettra de se réapproprier ce qu'il a créé.
C'est davantage vers le roman qu'il a le goût de se diriger puisqu'à part les trois romans signés Henri Miller, Guy Samson n'a fait que de l'écriture journalistique. «J'aime les jeux de mots, inventer des mots et c'est quelque chose que j'ai laissé en plan. Je veux donc aller vers l'imaginaire», souhaite-t-il.
En attendant son prochain roman, Guy Samson se fait photographe. Récipiendaire d'une bourse du Conseil des arts et lettres du Québec, il photographie les endroits représentatifs dans les 5 MRC du Centre-du-Québec. Ces photos seront ensuite transformées en peintugraphies qui feront partie d'une exposition itinérante qui visitera les 5 MRC au printemps 2008. «Par cette exposition, je veux que les gens redécouvrent les attraits de leur région. Qu'ils revisitent des lieux dont ils ont peut-être oublié l'existence», espère-t-il.
Guy Samson et ses deux passions : l'écriture et la photographie