…s’arrête? Je, de NATHALIE STEPHENS
Avec … s’arrête? Je, Nathalie Stephens signe son quatorzième titre et poursuit la réflexion amorcée dans Je Nathanaël.
Dans son dialogue avec Nathanaël, cet autre en elle, l’auteure déplore un futur improbable où tout est incertitude et questionnement. Elle cherche à dire l’indicible, jusqu’au plus intime, mais se heurte toujours à une impossibilité :
« Nos langues sont des ponts rompus. »
« On s’est légué une bien sinistre géographie. »
« Toutes les phrases possibles sont incomplètes. »
« Tous les chemins sont des chemins perdus. »
Mais, en même temps, « Toute distance est franchissable à pied » et Nathalie Stephens nous invite à la parcourir : « La folie n’était pas une folie d’incrédulité mais de traçage. »
Ponctués de nombreuses ellipses et de non-dits, les textes qui composent … s’arrête? Je tracent de périlleuses trajectoires, de ville en ville, vers l’autre, en nous-mêmes et au cœur de l’écriture.
Stephens manie habilement la structure de ses phrases pour obtenir l’écriture la plus concise possible. Une fois de plus, elle a soigneusement pesé ses ruptures de rythme, ses interruptions, sa ponctuation et les cadences qu’elle a décidées pour nous.
Nathalie Stephens (Nathanaël) écrit l'entre-genre en anglais et en français. Elle est l'auteure de plusieurs ouvrages inclassables, dont notamment The Sorrow and The Fast Of It (Nightboat, 2007), Touch to Affliction (Coach House, 2006) et L'injure (l’Hexagone, 2004) et a été finaliste du prix Alain-Grandbois et du prix Trillium. Je Nathanaël (l’Hexagone, 2003) a été publié en « auto-traduction » par BookThug en 2006. Des ouvrages de Nathalie Stephens sont également publiés en basque et en slovène; Je Nathanaël et L’injure existent en traduction bulgare (Paradox Publishing, 2007). Chez Nota Bene, est paru un essai de correspondance intitulé L’absence au lieu (Claude Cahun et le livre inouvert).